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Elhjouji: “cheptel bovin, un travail de sélection à mieux valoriser”

Cheptel bovin au Maroc, un travail de sélection à mieux valoriser.

brahim_elhjoujiEn Octobre 2004, le Maroc a repris le processus d’importation de vaches de races pures à partir des marchés étrangers, ceci, après une interdiction qui a duré quatre années, et qui était justifiée par la maladie de la vache folle, maladie qui s’est propagée en Europe en 2000.

A cette époque, « les éleveurs se demandaient quelle était la raison derrière la décision du ministère d’interdire l’importation des vaches primipares et multipares, bien qu’il existait une réelle abondance de l’offre européenne de vaches primipares avec des prix très séduisants », constate Brahim Elhjouji, éleveur de la région du Souss-Massa.

n’exporter que les animaux de deuxième ou troisième choix

Cheptel bovin au Maroc, un travail de sélection à mieux valoriser

En réalité, le ministère avait tout à fait raison, les agriculteurs européens qui exportent leurs vaches vers le Maroc, ont tout intérêt à faire une pré-sélection pour n’exporter que les animaux de deuxième ou troisième choix. Or, ces mêmes éleveurs européens ne peuvent connaître exactement les performances de production laitière des génisses, tant que ces dernières n’ont pas encore vêlées.

En effet, c’est seulement après le vêlage, que le lait peut être analysé pour déterminer le nombre de cellules somatiques et savoir enfin, si la vache en question est prédisposée aux mammites. Et puisque cette maladie est des plus redoutables, seule l’élimination des animaux génétiquement prédisposés aux mammites constitue un réel remède. Cela explique l’abondance des vaches primipares ayant un nombre de cellules somatiques élevé sur le marché européen. Le ministère avait donc besoin de protéger le cheptel bovin national et la décision de suspendre les importations, était des plus sages.

 « L’Etat, à travers sa politique d’importation des génisses a assisté le producteur marocain pour améliorer son cheptel tout en le protégeant des dangers du marché international», précise Elhjouji. Aujourd’hui nous pouvons d’ailleurs affirmer que le Maroc, grâce  aux efforts entrepris dans le domaine de l’amélioration génétique, a pu constituer un cheptel bovin génétiquement aussi sain et moderne que celui d’Europe ou d’Amérique.

le risque d’importer des vaches présentant des caractéristiques inappropriées apparaît de nouveau

En 2007, une nouvelle étape dans l’amélioration génétique du cheptel bovin a été franchie. Les chercheurs internationaux ont pu décrypter le génome entier de la vache, à travers le processus de séquençage, donnant ainsi naissance à de nouveaux horizons, parmi lesquelles le Génotypage. « Le génotypage a permis d’avoir une carte d’identité génétique de chaque vache dès sa naissance », ajoute la même source, « plus la peine d’attendre deux ans pour avoir une idée sur le génotype d’une vache». Aujourd’hui il suffit seulement de prélever un échantillon de la fourrure de l’animal, de l’analyser en laboratoire, pour permettre à l’éleveur de disposer de toutes les informations dont il a besoin en ce qui concerne les caractéristiques génétiques, en l’occurrence la productivité, le comportement ou encore la sensibilité aux mammites. Il peut donc décider très tôt de garder l’animal, ainsi que sa progéniture, ou de l’éliminer du cheptel.

Le cheptel bovin au Maroc, un travail de sélection à mieux valoriserAujourd’hui, pour Brahim Elhjouji, le risque d’importer des vaches présentant des caractéristiques inappropriées apparaît de nouveau. Ce constat établit devrait conduire l’Etat à mettre en place une nouvelle stratégie empêchant l’introduction de bovins dont les gènes renferment des problèmes sanitaires et qualitatifs difficiles à découvrir, ce qui pourrait, selon Elhjouji, compromettre les efforts déployés précédemment par le Maroc, dans l’amélioration génétique du cheptel bovin marocain, surtout avec les subventions mises en place par l’Etat pour soutenir l’importation des génisses.

Brahim Elhjouji conclut son intervention, en affirmant qu’il est temps que l’Etat et les professionnels de la filière laitière, prennent en considération ces données et réagissent face à cette situation, dans un objectif de protéger le cheptel bovin marocain et continuer les travaux de sélection et d’amélioration génétique entrepris.

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