Dossier actualisé le 18 octobre 2026
Le rouge cochenille, ou carmin E120, est un colorant obtenu à partir d’un insecte, Dactylopius coccus. Employé dans l’alimentation et la cosmétique, il ne doit être confondu ni avec le rouge cochenille A, un colorant de synthèse, ni avec Dactylopius opuntiae, le ravageur du figuier de Barbarie au Maroc. Derrière une couleur familière, ces distinctions engagent la qualité des produits, l’information du consommateur et la protection des cultures.
D’où vient le rouge cochenille E120 ?
Le rouge cochenille est d’origine animale. Sa matière première est constituée des corps séchés de femelles de Dactylopius coccus, dont est extrait l’acide carminique, le principe colorant. La définition européenne distingue cet acide du carmin, qui correspond à une laque d’aluminium de l’acide carminique. Le E120 ne désigne donc pas simplement une poudre d’insectes incorporée telle quelle aux aliments, mais un additif obtenu après extraction et transformation.
Cette précision permet de comprendre une ambiguïté fréquente : un ingrédient peut provenir d’une ressource naturelle tout en faisant l’objet d’un procédé industriel. Dans le cas du carmin, l’origine entomologique demeure, même après purification. L’expression « colorant naturel » ne signifie ainsi ni « végétal », ni « sans transformation ».
Quel rapport entre la cochenille et le cactus ?
La production de cochenille à carmin repose sur l’association entre un insecte et sa plante hôte, un cactus du genre Opuntia. Le cactus constitue le support vivant sur lequel l’insecte se développe. Dans son rapport consacré à la situation des cactus et des cochenilles en Afrique du Nord et au Proche-Orient, publié en 2022, la FAO distingue clairement l’élevage de Dactylopius coccus pour le colorant des infestations provoquées par Dactylopius opuntiae.
Pour un lecteur marocain, cette distinction est essentielle. Voir apparaître une coloration rouge lorsqu’une cochenille est écrasée ne suffit pas à identifier une matière première alimentaire. Une infestation agricole et une production de colorant répondant à des spécifications industrielles relèvent de deux situations différentes.
Comment fabrique-t-on le carmin alimentaire ?
La transformation commence par une matière première séchée, puis par l’extraction du pigment. Des travaux publiés dans Food Chemistry en 2012 ont étudié des procédés d’extraction sous pression et par fluide supercritique afin d’améliorer la sélectivité et de réduire les durées d’extraction. Cette publication illustre la dimension technologique de la filière : produire une couleur exploitable suppose de séparer le pigment de la matrice biologique, puis de maîtriser sa préparation.
Il serait donc réducteur de présenter une recette unique fondée sur le broyage, l’ébullition et l’ajout d’ammoniaque. Les procédés diffèrent selon la forme recherchée. Le carmin et l’acide carminique ne sont pas interchangeables dans toutes les formulations, et la qualité d’un lot ne se juge pas seulement à l’intensité de son rouge.
Dans quels produits trouve-t-on du rouge carmin ?
Les applications du pigment concernent l’alimentation, les cosmétiques et certains usages pharmaceutiques. Dans l’agroalimentaire, la DGCCRF française mentionne notamment l’emploi du E120 dans les boissons, les charcuteries et les confiseries. Il s’agit d’exemples d’utilisation, et non d’une présence systématique dans toutes les références de ces familles. Une couleur rose ou rouge ne permet pas, à elle seule, de reconnaître le colorant utilisé.
L’enjeu est aussi celui de l’authenticité des approvisionnements. Une enquête française menée en 2016 avait relevé des teneurs anormalement élevées en acide 4-aminocarminique dans quatre échantillons. Cet épisode historique rappelle l’intérêt de contrôler la composition réelle des préparations commercialisées sous une même dénomination. Il ne décrit pas la situation actuelle de l’ensemble du marché.
E120 et E124 : deux colorants à ne pas confondre
Le « rouge cochenille A » n’est pas un autre nom du carmin E120. Cette appellation correspond au Ponceau 4R, identifié par le code E124. L’EFSA les répertorie séparément. Cette proximité de vocabulaire est une source d’erreurs dans les contenus consacrés aux additifs alimentaires. Pour les fabricants, les distributeurs et les consommateurs, le numéro de l’additif permet de lever l’ambiguïté.
| Repère | E120 | E124 |
|---|---|---|
| Dénomination | Acide carminique, carmin | Ponceau 4R, rouge cochenille A |
| Origine | Insecte Dactylopius coccus | Colorant de synthèse |
| Point de vigilance | Origine animale et risque allergique | Colorant distinct, avec ses propres conditions d’emploi |
Sources : EFSA, répertoire des colorants alimentaires et JRC, identification du Ponceau 4R.
Le E120 présente-t-il un risque pour la santé ?
Dans son avis publié en 2015, l’EFSA n’a pas identifié de raison de réviser la dose journalière admissible précédemment établie, tout en préconisant de l’exprimer en quantité d’acide carminique : 2,5 mg par kilogramme de poids corporel et par jour. Cette valeur est un repère d’évaluation de l’exposition chronique. Elle ne constitue ni une recommandation de consommation, ni une limite d’incorporation universelle dans les aliments.
Le risque allergique appelle une lecture distincte. L’EFSA souligne qu’aucune dose seuil ne peut être établie pour les réactions allergiques et recommande des étapes de purification adaptées pour réduire l’exposition aux composés responsables, notamment protéiques. Le respect d’une dose journalière admissible ne garantit donc pas l’absence de réaction chez une personne sensibilisée. Le caractère naturel du pigment ne dispense pas de cette vigilance.
Pourquoi le lien avec l’hyperactivité doit être corrigé
Attribuer au rouge cochenille E120 les avertissements associés à certains autres colorants entretient la confusion. La DGCCRF rappelle que le message relatif aux effets indésirables possibles sur l’activité et l’attention des enfants concerne notamment les E102, E104, E110, E122, E124 et E129. Le E120 ne figure pas dans cette liste.
Cette distinction ne permet pas de déclarer un additif exempt de tout risque. Elle signifie que l’on ne peut pas transférer au carmin un avertissement réglementaire visant d’autres substances. Pour les professionnels, la même rigueur s’impose dans le dosage : la DGCCRF a constaté, lors de contrôles sur des produits sucrés, des erreurs liées à des pesées insuffisamment précises et à une mauvaise connaissance des catégories d’aliments autorisées.
Étiquetage : rendre l’origine du colorant compréhensible
Une information loyale commence par une composition lisible. En France, la DGCCRF rappelle que la liste des ingrédients des denrées préemballées comprend les additifs et que l’étiquetage ne doit pas induire en erreur sur la composition. Pour identifier le carmin, le consommateur doit donc consulter cette liste plutôt que se fier uniquement à une présentation commerciale évoquant la naturalité.
Pour une entreprise marocaine visant un marché européen, la vérification doit porter sur la formulation et sur l’étiquette du produit fini. Les règles du marché de destination doivent être examinées pour la catégorie concernée. Sur le plan des engagements commerciaux, l’origine animale du carmin doit aussi être prise en compte lorsqu’une gamme est présentée comme végane ou exclusivement végétale.
Quels points vérifier avant d’acheter un colorant E120 ?
Pour un transformateur, l’achat devrait commencer par une fiche technique suffisamment précise pour identifier la préparation proposée. La dénomination commerciale ne remplace pas les informations sur le principe colorant, sa concentration et les conditions d’utilisation. Il est également pertinent de demander un certificat d’analyse du lot et de vérifier la correspondance entre la référence commandée et celle effectivement livrée.
En fabrication, mieux vaut formaliser la recette avec une quantité mesurable, une procédure de pesée et une traçabilité des lots. Une modification de fournisseur ou de concentration devrait conduire à réexaminer le dosage plutôt qu’à reproduire automatiquement la quantité précédente. La validation doit enfin porter sur le produit fini et sur les exigences de son marché. Ces vérifications relèvent d’une démarche de maîtrise de la qualité ; elles ne permettent pas, à elles seules, de conclure à la conformité de toutes les utilisations du E120.
Au Maroc, la cochenille du figuier de Barbarie reste un ravageur
Dans le Royaume, la question agricole concerne avant tout Dactylopius opuntiae. Dans un communiqué daté du 29 juillet 2015, l’ONSSA indiquait que ses services avaient détecté le problème phytosanitaire dans la région concernée dès septembre 2014. Cette chronologie rappelle que l’insecte s’inscrit dans une crise sanitaire des plantations, et non dans l’émergence documentée d’une filière nationale de colorant alimentaire.
Il ne faut donc pas présenter la collecte de cochenilles dans les parcelles infestées comme un débouché immédiatement accessible. Une valorisation éventuelle nécessiterait d’abord une identification de l’espèce, des analyses, une évaluation réglementaire et un acheteur qualifié. Ce sont des conditions à démontrer, pas des perspectives économiques acquises. Pour l’agriculteur, la présence du ravageur reste d’abord un problème de protection de la plantation.
La recherche marocaine apporte une réponse par les variétés résistantes
Les travaux de l’INRA constituent un appui concret à la reconstitution de la filière cactus. Une publication scientifique de Mohamed El Aalaoui et Mohamed Sbaghi, parue en 2023, décrit huit variétés identifiées comme résistantes à Dactylopius opuntiae et inscrites au catalogue officiel marocain. L’étude caractérise leurs différences morphologiques et phénologiques, notamment les raquettes, les fruits et les périodes de développement.
Pour les producteurs, ces différences rappellent que le choix variétal ne se résume pas à la résistance au ravageur. Il doit aussi tenir compte des caractéristiques recherchées pour la production. La distinction entre carmin alimentaire et cochenille nuisible permet ainsi de replacer le débat dans sa réalité marocaine : protéger et reconstruire un patrimoine productif, avec du matériel végétal adapté et un accompagnement technique.
Sources :
règlement européen 2018/1472
FAO, rapport 2022.
Borges et collaborateurs, 2012.
DGCCRF.
EFSA, avis scientifique de 2015.
DGCCRF.
DGCCRF, règles d’étiquetage.
Repère réglementaire : règles européennes applicables aux additifs.
ONSSA, communiqué de 2015.
El Aalaoui et Sbaghi, 2023.


Dear
cochineal export (insects)
Best Regards
Carlos
Perú & China Group Sac
Incorporación Internacional
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E-mail: c***
bonjour
je suis éleveur de Dactylopius coccus en Tunisie.
je cherche un marché extérieur pour l’export
si vous êtes intéresse n’hésitez pas à me contacter sur mon watsap
cordialement
0021629792919
Pourquoi écrire « sournoisement naturel » ?
Le vrai problème est que l’on fait un gros sophisme d’association erronée : naturel = sain, sans danger.
C’est ne peut plus faux !
Les substances les plus dangereuses nous proviennent de la nature et on donc un intérêt pour l’homme (pharmaco surtout) : curare, toxique botulique, etc. La nature, par selection naturelle, produit de la toxicité là où l’homme par synthèse cherche à l’eradiquer pour la consommation.
« Tout est poison, rien n’est poison ; le poison, c’est la dose » (même l’eau!)
Il aurait fallu spécifier que ce n´est pas halal de consommer les insectes.
des millions de personnes consomment des insectes dans le monde car ce sont leurs habitudes alimentaires culturelles !
Je suis à la recherche d’un emploi dans le secteur agricole, ménage, ou autre