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Maroc : les investissements pour le climat dépassent 111 MMDH
Secheresse - Ph : DR

Sécheresse : L’austérité pour sauver la campagne agricole ?

Pour Omar Kettani, le Royaume peut encore éviter les conséquences du déficit pluviométrique en optant pour l’austérité.

Face à la terrible épreuve de sécheresse que traverse le Maroc et qui menace la campagne agricole 2022, l’économiste Omar Kettani s’est confié à Hespress et préconise une mesure d’austérité. Pour l’économiste, le Royaume doit encore attendre quelques semaines avant de considérer l’année agricole comme étant perdue. 

Le professeur d’économie à l’Université de Mohamed V de Rabat et membre de l’Association marocaine d’études et de recherches en économie islamique (Asmeci), Omar Kettani estime qu’avec une production de 30 Mq, on peut considérer que l’année 2022 est perdue pour le secteur agricole. La situation de crise actuelle ainsi que le déficit pluviométrique ne laissent aucun doute sur la question, la production des céréales ne dépassera pas les 35 Mq, soit le tiers des prévisions pour avoir une bonne année.

L’économiste établit un pronostic autour de 1.5 à 2.5 % pour la croissance économique. Dans le cas où il y aurait des pluies tardives, les prévisions actuelles pourraient passer de 35 à 45 millions de quintaux, ce qui reste inférieur aux pronostics du gouvernement qui a effectué ses calculs, prévisions et sa programmation sur une campagne de 80 millions de quintaux. Autant dire qu’on est bien loin d’une année de production normale.

Concernant l’impact qu’a eu cette sécheresse sur le gouvernement en matière de mesure d’austérité, Omar Kettani estime que le programme exceptionnel tel qu’élaboré s’éloigne du schéma habituel d’une politique d’austérité. Pour l’universitaire, il faut arrêter de vouloir faire croire que tout va bien. Selon lui, l’heure est à l’urgence et il est plus que temps d’instaurer une politique dont les mesures touchent à tous les aspects superflus des dépenses publiques.

En l’état actuel des choses, Omar Kettani est convaincu que le Maroc doit s’attendre à perdre environ la moitié de la croissance économique supplémentaire, soit les 1.5 % correspondants à 1 800 milliards de centimes. C’est inévitable avec la sécheresse.

La question est de savoir si une politique d’austérité permettrait de récupérer une partie de ce montant. A cela, l’universitaire prône une réduction des salaires des hauts fonctionnaires, une diminution des avantages qui leur sont octroyés et pourquoi pas une diminution du parc des voitures publiques.

L’économiste dénonce le silence du gouvernement qui préfère espérer les pluies au lieu de prendre des mesures de restrictions. Pour lui, la discussion devrait tourner autour de l’allègement, voire la suppression de certains postes de dépenses publiques.

Omar Kettani rapporte également un calcul erroné de l’inflation au Maroc qui s’élevait à 1.4 % en 2021. Il fait remarquer que cette inflation que le gouvernement estime importée et donc contrôlable se calcule sur les fruits et les légumes et non pas sur les logements. Surtout lorsqu’on considère la hausse des prix de logement provoquée par la spéculation et la dominance de trois sociétés qui ne se privent pas de rendre la vie chère au niveau du logement.

Face à cette situation troublante de crise agricole, SM, le Roi Mohammed VI à recu dans sa résidence de Bouznika, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch et le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki.

Cette entrevue s’inscrit dans le cadre de la Haute sollicitude royale envers  le monde rural et toutes les composantes du secteur agricole, notamment à une période où la saison agricole s’annonce mauvaise faute de précipitations.

Cette audience à été l’occasion pour le Souverain d’engager le gouvernement dans la prise de toutes les mesures d’urgence nécessaires pour endiguer les effets du déficit pluviométrique sur le secteur de l’agriculture, dans l’espoir qu’un miracle se produise et que la pluie vienne à tomber.

Le Roi a donné ses hautes instructions afin que de le Fonds Hassan II pour le développement économique et social contribue à hauteur de 3 milliards de dirhams à ce programme exceptionnel dont l’enveloppe financière globale est estimée à 10 MMDH.

A savoir que le programme s’articule autour de 3 axes principaux : la protection du patrimoine végétal et animal, l’assurance agricole et enfin l’allégement des charges financières pour les agriculteurs et professionnels ainsi que le financement de toute opération d’approvisionnement du marché national en blé et fourrage, outre le financement des investissements réalisés dans le but d’innover dans le domaine de l’irrigation.

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