Fès-Meknès : chaleur et déficit d’irrigation fragilisent la production d’oignons

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Fès-Meknès : chaleur et déficit d’irrigation fragilisent la production d’oignons © DR
Oignons

À quelques semaines du démarrage attendu de la récolte, des producteurs d’oignons de la région Fès-Meknès signalent une dégradation du potentiel de rendement sous l’effet combiné des fortes chaleurs et de la raréfaction de l’eau d’irrigation. Les difficultés concerneraient plusieurs bassins de production, notamment Kiko, El Hajeb, Sefrou, Bouderbala, El M’haya, Aïn Leuh et Agouraï, ainsi que la zone de Guercif dans l’Oriental.

Selon des témoignages recueillis par Hespress, les températures élevées enregistrées en juillet et au début du mois d’août auraient affecté une partie des parcelles avant la récolte prévue en septembre. Moha Archoun, représentant des agriculteurs de Kiko, attribue la baisse observée dans plusieurs exploitations à la chaleur et à l’insuffisance des disponibilités en eau. Il estime que l’exposition prolongée de la culture à des températures supérieures à 32 °C pénalise son développement.

À Outat El Haj, dans la province de Boulemane, l’agriculteur Lotfi Tandit fait également état de dommages sur des cultures encore en place. Au-delà de la baisse potentielle du rendement, les professionnels redoutent une détérioration de l’aptitude à la conservation. Une partie des bulbes touchés pourrait difficilement supporter les opérations de séchage et de stockage, obligeant les exploitants à accélérer leur commercialisation afin de limiter les pertes.

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Les producteurs interrogés ne prévoient toutefois pas, à ce stade, de rupture majeure d’approvisionnement du marché national. Les stocks constitués à partir des récoltes printanières pourraient contribuer à amortir la diminution de l’offre issue des parcelles actuellement exposées au stress thermique et hydrique.

La pression climatique intervient dans un contexte économique jugé défavorable par les agriculteurs. Le prix à la production avoisinerait actuellement 2 dirhams le kilogramme, un niveau qu’ils considèrent insuffisant pour couvrir les charges culturales et les pertes enregistrées. Selon eux, un prix compris entre 4 et 5 dirhams serait nécessaire pour préserver la rentabilité des exploitations. Ces estimations demeurent néanmoins des appréciations professionnelles et ne constituent pas encore un bilan officiel de la campagne.

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