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La solarisation: intérêts et limites

La solarisation entre intérêts et limites

La solarisation ou aussi  la pasteurisation du sol est une technique de lutte biologique pratiquée particulièrement dans les parcelles présentant des problèmes de sols ou recevant des cultures difficiles à désherber. Elle se base sur le principe du réchauffement solaire étant à l’origine de la destruction naturelle de nombreux parasites existants dans la couche superficielle durant la période estivale.

Cette méthode de désinfection thermique consiste à élever la température du sol à l’aide d’un film plastique transparent dans les couches superficielles du sol (jusqu’à 30- 40 cm) pendant une durée suffisamment longue (supérieur à 45 jours)  dans le but de  protéger les cultures des attaques de champignons telluriques et de l’envahissement par les mauvaises herbes.

Cette technique est utilisée principalement contre  les espèces suivantes :

  • Olpidium
    olpidium-brassicae
    Olpidium – ph:DR
  • Sclerotinia
  • Rhizoctonia et Pythium sur salade
  • Pythium sur gingembre
  • Sclerotinia et Rhizoctonia sur melon
  • Fusarium solani sur courgette
  • Ralstonia solanacearum sur les solanacées

Les étapes de solarisation

Les étapes de la solarisation sont les suivantes :

On commence par un arrachage des plants des cultures précédentes après la dernière récolte et avant leur  dessèchement complet.

La deuxième étape se base sur le travail du sol,  il doit s’effectuer  sur une profondeur de 25 à 30 cm  pour mieux exposer le sol aux rayons solaires et pour remonter les larves à la surface. Le travail du sol doit ainsi être  pratiqué comme pour un semis ou une plantation afin d’avoir une structure fine et régulière.

La troisième étape comprend l’arrosage, il se fait le plus souvent par aspersion de 50 à 80 mm (selon la texture du sol) de façon à bien saturer le sol en eau en profondeur. Le sol doit, en effet,  rester humide pendant toute la durée de la solarisation.

Finalement, une fois le sol est ressuyé,  un film spécial solarisation doit se poser sur  le sol. Le plastique doit être  bien étanche et en meilleur contact avec le sol afin d’éviter les passages d’air  et empêcher par ailleurs le développement des adventices mais aussi dans le but d’assurer une bonne augmentation de la température dans les couches superficielles. En cas de cultures sous abri, il est conseillé de laisser la serre fermée pendant trois jours pour garantir une montée rapide des températures, puis l’ ouvrir sur les côtés pour éviter une dégradation des installations d’irrigation et des tunnels.

Intérêt de la solarisation

La solarisation est une technique assez répondue en agriculture biologique grâce à ses avantages multiples sur différents types du sol et sur la plante. Parmi les quelles on cite :

La solarisation a révélée sa grande efficacité  dans la destruction de  certains organismes de la microflore fongique et dans  l’élimination de  la plupart des nématodes phytophages situés au niveau de ces couches. Grâce à une grande élévation de la température (40 à 60°C), plusieurs études ont montré que cette technique a une action similaire à  l’utilisation d’un fumigeant chimique. Une expérience a été menée en France en 2000 et vise à étudier l’influence  de la solarisation sur la productivité maraîchère et les propriétés d’un sol sableux sous abris, les résultats ont montré que cette technique (combinée ou non à la fertilisation organique) a révélé sa grande efficacité, à court terme, dans la lutte contre certains pathogènes telluriques comme Sclerotinia spp. En outre, Dans un sol naturellement infesté par les Méloidogynes : Fusarium et Phytophtora, plusieurs études ont montré que  la solarisation peut réduire le taux d’infestation et les dégâts. Ceci se traduit par une amélioration de précocité, une augmentation du rendement et un retard de desséchement des plants.

La solarisation est aussi efficace contre de nombreuses espèces d’adventices, l’effet herbicide de cette technique est assez net. En effet,  elle permet la destruction de la plupart des mauvaises herbes ainsi que la réduction du nombre des graines germants.

Sans oublier ses effet  indirects bénéfiques sur flore utile indigène (trichoderma, aspergillus, bacillus, pseudomonas…) ainsi que son rôle important dans modification de certains échanges sol-plante et dans l’augmentation  de la solubilité nutriments. 

Les limites de la solarisation  

La réussite de la solarisation  est conditionnée à un bon degré d’ensoleillement, elle n’est ainsi applicable que dans les régions les plus ensoleillées. Un programme de rotation doit être préparé à l’avance de manière à libérer les parcelles pour une mise en œuvre de la solarisation au moment convenable et qui s’étend en général de fin juin à début juillet. Il est nécessaire aussi de  prévoir  une bonne période de l’ordre de 5 semaines environ avant la mise en place de la nouvelle culture. En outre, certains auteurs ont aussi montré que la solarisation, appliquée seule, est peu efficace dans certaines situations ou le sol est  fortement contaminé, il est, ainsi,  conseillé de l’intégrer  dans des programmes de lutte préventive en la combinant avec d’autres techniques comme la rotation, le greffage, l’incorporation des engrais vert.

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