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Pourquoi les fruits et légumes “moches” n’arrivent pas à s’imposer?

Les fruits et légumes moches ne séduisent pas les consommateurs français, pourquoi?

Les grandes surfaces tentent de vendre des fruits et légumes “moches”. L’objectif : Éviter le gaspillage en vendant moins chers les fruits et légumes disgracieux. Mais les clients ne sont pas séduits par ces fruits et légumes aux formes disgracieuses.

Les fruits et légumes représentent une partie conséquente du gaspillage alimentaire, notamment en France, qui est estimé à plus du tiers de la production totale. L’existence de récoltes partiellement non commercialisées lorsque les aléas de production (conditions climatiques) rentre en compte, rendent l’offre supérieure à la demande.

Si l’esthétique de dix fruits et légumes fait encore aujourd’hui l’objet d’une réglementation européenne, les critères fixés par les centrales d’achats des groupes de distribution (représentent plus de 60% du marché alimentaire français) sont généralement plus stricts et plus étendus.

Des pommes tâchées ou des concombres tordus, peu attrayants ou difficiles à transporter (mais parfaitement comestibles), sont ainsi souvent déclassés en catégorie 2 ou 3. Et quand ils ne sont pas utilisés en restauration ou dans l’industrie agroalimentaire – en compote de pommes par exemple – ces fruits et légumes sont utilisés dans l’alimentation animale, compostés, ou tout simplement laissés en champ. Dans ce dernier cas, les ressources utilisées pour leur production sont perdues, de même que les revenus des agriculteurs en difficulté. Plus d’une personne sur dix peine à accéder à des produits frais. Dans ce contexte, vendre en grande surface des produits “moches” à prix réduits semble être une bonne idée à la fois pour les producteurs, les consommateurs et la planète.

La mise en rayon des “moches”

Certaines opérations marketing et publicitaires ont été lancés afin de changer la perception des consommateurs à l’encontre de l’achat de fruits et légumes “moches”.

Pourquoi les fruits et légumes "moches" n'arrivent pas à s'imposer?Pour un groupe tel qu’Intermarché, l’opération consistait à mettre en vente des fruits et légumes de seconde catégorie à des prix moins élevés (de 30 à 50% moins chers). Il s’agit principalement d’une opération de sensibilisation.

Mais pourquoi les “moches” peinent-ils à s’installer pour de bon dans les rayons ?

Pour les enseignes de distribution, il semble délicat d’industrialiser et d’intégrer dans des processus standardisés des flux aléatoires de produits en grands volumes. Placer des produits aux marges faibles dans l’espace limité et coûteux des rayons risquerait de “cannibaliser” les ventes existantes.

De leur côté, des organisations agricoles professionnelles ont fait valoir leurs craintes au sujet des produits “moches” qui, dans un marché européen concurrentiel, risquent de déstabiliser l’offre et la demande, de faire baisser les prix et les critères de qualité, abaissant du même coup les revenus des agriculteurs. Victimes de leur succès, des cultivateurs de légumes biscornus au Canada ont même dû faire passer de “belles” carottes pour des moches, réduisant considérablement leurs marges de profit.

La standardisation remise en question

La mise en vente de produits au rabais se contente de faire porter aux citoyens-consommateurs la responsabilité du gaspillage. Il ne s’agit pas non plus de vendre des légumes bio ou de diversifier l’offre.

La “sensibilisation” au gaspillage progresse et la mobilisation pour les “moches” porte ses fruits.

Enfin, l’homogénéisation et la standardisation du système agroalimentaire est peu à peu remise en question par des alternatives comme la vente directe qui, pour des consommateurs de plus en plus nombreux et à un prix de plus en plus abordable, permettent de renouer le lien avec les agriculteurs et leurs produits moches, beaux, et surtout bons.

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