Maïs : les importations marocaines depuis l’Argentine bondissent de 133 %

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Maïs : les importations marocaines depuis l’Argentine bondissent de 133 % © DR

Le Maroc s’impose parmi les principaux moteurs de la poussée des exportations argentines de maïs. Sur les sept premiers mois de 2026, les achats marocains ont atteint 1,55 million de tonnes, soit une hausse de 133 % sur un an. Derrière ce chiffre se dessine une recomposition rapide des approvisionnements céréaliers en Méditerranée, sur fond de difficultés ukrainiennes et de moindre disponibilité brésilienne.

Le Maroc a fortement accéléré ses achats de maïs argentin depuis le début de l’année. Entre janvier et juillet 2026, les volumes expédiés par l’Argentine vers le Royaume ont atteint 1,55 million de tonnes, en hausse de 133 % par rapport à la même période de 2025, selon les données de l’institut statistique argentin INDEC rapportées par Reuters.

Une progression qui place le Maroc en tête des hausses observées parmi les grands acheteurs nord-africains de maïs argentin. Sur la même période, les achats de l’Égypte ont progressé de 48 %, à 2,4 millions de tonnes, tandis que ceux de l’Algérie ont augmenté de 10 %, également à 2,4 millions de tonnes.

À l’échelle de l’Afrique du Nord, les expéditions argentines de maïs ont ainsi progressé de 45 % sur les sept premiers mois de l’année pour atteindre 6,5 millions de tonnes. Une croissance nettement supérieure aux 15 % enregistrés pour l’ensemble des exportations argentines.

L’Argentine profite du recul de l’offre ukrainienne

Cette évolution intervient alors que les circuits traditionnels du commerce mondial du maïs sont fortement perturbés.

L’Ukraine occupait historiquement une place importante dans l’approvisionnement des pays méditerranéens. Mais l’intensification des attaques russes contre les infrastructures d’exportation de la région d’Odessa réduit les capacités d’expédition par les ports de la mer Noire. Une partie des flux ukrainiens doit désormais emprunter des itinéraires alternatifs, notamment via le Danube, lui-même pénalisé par de faibles niveaux d’eau.

Dans ce contexte, l’Argentine dispose d’un avantage important : une récolte particulièrement abondante. La production argentine de maïs pour la campagne 2025/2026 est estimée à 71,7 millions de tonnes, soit près de 20 % de plus que le précédent record enregistré cinq ans auparavant.

« Le maïs argentin est actuellement très compétitif en prix et en volume », explique à Reuters Gustavo Idigoras, président de la chambre argentine des exportateurs de céréales et oléagineux CIARA-CEC.

L’organisation constate justement une demande particulièrement soutenue en provenance d’Afrique du Nord. Selon Gustavo Idigoras, plusieurs pays de la région ont engagé ces derniers mois des discussions visant à approfondir leurs relations commerciales avec les exportateurs argentins.

Le Brésil laisse également davantage de place à l’Argentine

Un autre mouvement favorise les origines argentines : l’évolution du marché brésilien.

Deuxième exportateur mondial de maïs, le Brésil consomme désormais davantage de sa production sur son marché intérieur, notamment pour alimenter une industrie de l’éthanol en pleine expansion. D’après les données de l’USDA citées par Reuters, la consommation brésilienne de maïs a progressé de 7,1 % au cours de la campagne 2025/2026 pour atteindre 98 millions de tonnes.

Les exportations brésiliennes ont parallèlement reculé de près de 20 % par rapport au record de 53 millions de tonnes atteint au cours des trois dernières années.

L’Argentine récupère ainsi une partie de l’espace laissé disponible simultanément par l’Ukraine et le Brésil.

Pour août et septembre 2026, Buenos Aires pourrait exporter près de 10 millions de tonnes de maïs, un niveau record. Habituellement, les exportations argentines sur ces deux mois tournent plutôt autour de 3 millions de tonnes, selon la CIARA-CEC.

Un approvisionnement stratégique pour les filières animales marocaines

Pour le Maroc, cette recomposition géographique des approvisionnements est particulièrement importante. Le maïs importé constitue une matière première majeure pour l’alimentation animale, notamment dans les formulations destinées aux filières avicoles et d’élevage intensif.

Le bond de 133 % des arrivages argentins ne signifie donc pas nécessairement que la consommation marocaine de maïs a progressé dans les mêmes proportions. Il traduit avant tout une modification de l’origine des volumes achetés par le Royaume dans un marché international en pleine recomposition.

La capacité du Maroc à diversifier ses origines d’approvisionnement prend dans ce contexte une importance particulière. La disponibilité du maïs et son prix rendu au Maroc dépendent non seulement des récoltes mondiales, mais également du fret maritime, des taux de change et désormais de plus en plus de la capacité physique des grands pays producteurs à exporter leurs récoltes.

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