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Les pesticides exposent les agriculteurs à la maladie du Parkinson

Le lien entre la maladie de Parkinson et les pesticides officiellement reconnu.

Un décret qui reconnaît la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle et qui établit explicitement un lien de causalité entre cette pathologie et l’usage des pesticides est entré en vigueur.

C’est un pas de plus vers la reconnaissance des maladies professionnelles des agriculteurs. Dans ce domaine où régnait jusqu’ici la loi du silence, la prise de conscience des effets des produits phytosanitaires sur la santé des agriculteurs commence seulement à émerger et à porter ses fruits.

Le décret concernant la reconnaissance de la maladie de Parkinson était donc “très attendu”, note Guillaume Petit, un agriculteur membre de l’association Phyto-victimes, créée en mars 2011.

L’entrée de la maladie de Parkinson dans les tableaux des maladies professionnelles du régime agricole facilitera donc les démarches pour les agriculteurs chez qui cette pathologie aura été diagnostiquée moins d’un an après l’usage de pesticides. “C’est une reconnaissance officielle qui est, déjà, importante sur un plan symbolique, note Guillaume Petit. Mais c’est aussi le moyen, pour l’agriculteur, d’être pris en charge financièrement, en fonction de son taux d’incapacité à poursuivre son travail.”

Jusqu’ici, selon Yves Cosset, médecin du travail national adjoint à la Mutuelle de la santé des agriculteurs (MSA), seuls vingt cas de maladies de Parkinson ont été rapportés aux comités de reconnaissance des maladies professionnelles en dix ans. Dix ont été acceptés, dix refusés. Dans la même période, seuls quatre ou cinq cas de maladies ont été officiellement reconnus comme causés par les pesticides.

Dans les tableaux des maladies professionnelles du régime agricole, on trouve en plus de quelques pathologies liées aux produits phytosanitaires, la maladie de Lyme par exemple, causée par les tiques, le tétanos ou encore les hépatites. On trouve également, depuis 1955, l’arsenic, responsable d’une large gamme d’affections (irritations, intoxications ou cancers) ou encore le benzène, classé comme cancérogène certain, et le pentachlorophénol (PCP), interdit dans les pesticides depuis 2003.

Cependant, il est à noter que “ces tableaux évoluent au fur et à mesure des connaissances de la science. Or, la plupart des pathologies liées aux pesticides apparaissent de manière différée, dix, vingt, voire trente ans après le début de leur usage. Dans la médecine du travail, on a commencé à parler de l’amiante dans les années 1960, et ce produit n’a été mentionné dans ces tableaux qu’en 1998 pour les cancers. Il n’est donc pas exclu que d’autres pathologies émergent et soient reconnues dans les années à venir…” rappelle Yves Cosset.

Avec Le Monde

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