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Melons: Les États-Unis et les Pays-Bas sont parmi les plus gros importateurs

Les critères de l’export du melon marocain

Les clés pour réussir l’exportation du melon.

La production du melon a connu un développement considérable au Maroc. La surface totale de la culture du melon est estimée à 10.000 ha, destinés à l’export mais également au marché national. Le Charentais, le Galia, le Jaune Canari et le Piel de « Sapo » sont les principales variétés produites essentiellement sur les régions de Marrakech, Agadir et Dakhla.

Le Maroc a fortement focalisé ses exportations de melon sur le continent européen. Avec environ 56.000 tonnes exportées chaque année, le Maroc est classé 12e exportateur mondial de melon, et exporte essentiellement la variété charentaise.

L’évolution de l’export du melon marocain vers les marchés européens est liée à la qualité gustative de la culture. Les exportations du melon dépendent généralement de deux principales variables qui sont difficilement maîtrisables: les conditions climatiques et les conditions du marché. Les problèmes techniques de production tels que le choix variétal et la fertilisation peuvent affecter la qualité des fruits. Ainsi, la détermination du stade optimal de la récolte demeure l’une des difficultés majeures de la production du melon.

Les conditions climatiques dans la culture du melon

La situation géographique du Maroc renseigne sur des opportunités énormes en exportation du melon vers les marchés européens. Cette culture a des exigences climatiques en chaleur et lumière. Certaines variétés sont indifférentes à la longueur du jour, mais les jours longs conviennent toujours à la culture. La culture du melon exige une température de 22 – 25 °C pour le développement racinaire. En période de production, la culture exige 20 – 25 °C le jour et 17 – 20 °C la nuit. La campagne de 2015 a connu une baisse de production en melon charentais, les exportations ont fléchi de manière considérable, à cause d’un printemps difficile et de conditions climatiques très dures. Les exigences en sol ne sont pas très importantes, il est recommandé d’éviter les sols pauvres, trop lourds ou compacts. Un sol trop froid provoque la fonte des jeunes plantules.

Les différentes variétés de melon

Un melon de bonne qualité commerciale doit avoir une forme régulière et une teneur en sucre satisfaisante. Le choix de la variété à cultiver occupe une importance majeure, il dépend du marché de destination et de certains paramètres végétaux telles que la couleur du fruit, la résistance de la variété aux problèmes phytosanitaires et sa conservation durant le transport. Au Maroc, il existe quatre types de melon principalement produits pour le marché national et international : le type Souihla ou Galia, le type Jaune Canari, le type Charentais et un sous-groupe de fruits lisses.

Le type Charentais représente 90 % de la production marocaine du melon. Une surface de 1 800 ha est réservée au charentais vert dont 1 300 ha est localisée à Marrakech, 300 ha à Dakhla et 200 ha à Agadir et Guelmim. Le charentais jaune se cultive sur une surface de 250 ha entre Kénitra et Marrakech. Ce type de melon demande une conduite technique plus exigeante. Il est caractérisé également par des prix plus élevés par rapport à d’autres variétés.

Le type Galia présente des avantages comme la précocité et le prix, mais son principal inconvénient est sa sensibilité aux maladies et au froid. Une surface de 3 000 ha de Galia est localisée principalement, dans les régions de Marrakech, Chichaoua, Kelâa et le reste sous abris à Agadir. A noter enfin que 90 % des cultures sont en plein champ.

Par rapport au type de jaune canari hybride, les variétés sont réparties entre 6 000 à 8 000 ha entre Agadir et le Nord. La qualité de cette variété répond aux attentes des producteurs en termes de résistance et de rendement, ce type est destiné à 99 % pour le marché local. Le Piel de Sapo est cultivé sur près de 250 ha dont 50 ha à Dakhla. Les gros calibres (2kg) sont exclusivement destinés pour le marché espagnol tandis que les petits sont écoulés sur les marchés allemands et anglais. Le rendement moyen est de l’ordre de 25-30 T/ha pour le Charentais, 30-40 T/ha pour la Galia et 20-25 T/ha pour le jaune canari.

Les techniques culturales du melon

La mise en place de techniques performantes de conduite a permis un développement de la production du melon. Le progrès génétique offre une gamme de variété diversifiée. Le semis a lieu en pépinière, à partir de novembre-décembre (pour les primeurs) et février mars (pour la culture de saison). Pour l’arrière-saison, le melon n’est pas aussi performant et ne donne pas de rendements satisfaisants. Il est recommandé d’effectuer une fertilisation raisonnée afin de garantir la qualité des fruits. Une mauvaise alimentation du melon en eau et en éléments nutritifs risque ainsi de déséquilibrer la plante qui répond par une décoloration des fleurs, un avortement de ses fruits, ou une anomalie de maturation des fruits.

La récolte est le point le plus délicat d’une culture de melon. Le stade de récolte est difficile à repérer ; il est conseillé de procéder à la coupe manuellement et à la dégustation des fruits à partir du 120e jour après semis pour être certain du bon stade de récolte avant de généraliser la cueillette. Les symptômes de la maturité sont l’apparition d’une zone jaunâtre et sèche autour du pédoncule, l’émission d’une odeur caractéristique de maturation des fruits et le changement de la couleur pour certaines variétés. Le rendement et la qualité des fruits peuvent être affectés par un défaut de pollinisation. Dans ce cadre, il est indispensable d’introduire des insectes pollinisateurs en début de la. La conservation du melon se conserve pendant 3 à 4 jours à une température de 6-8°C.

La culture du melon est confrontée à des maladies phytosanitaires surtout des maladies fongiques telles que la fusariose, l’oïdium et de la bactériose. Dans ce cadre, les professionnels visent développer des variétés résistantes et tolérantes afin de répondre aux besoins des producteurs exportateurs. L’une des solutions utilisées pour lutter contre la fusariose est l’application du greffage, en contre partir, son coût risque de diminuer fortement la rentabilité de la culture.

Les conditions du marché 

Les potentialités de développement de l’export du melon sont importantes. La France reste le plus grand marché pour le charentais marocain avec plus de 80 % du volume exporté, l’Espagne fait partie des gros importateurs de melon marocain. Le développement des infrastructures routières et portuaires et la présence historique sur le marché UE facilitent la tâche aux exportateurs marocains. Dans ce cadre, le marché européen n’impose aucune restriction sur l’export des melons.

Une grande difficulté du secteur est liée à la commercialisation des melons. Le Maroc est classé 12e exportateur mondial de melon, surtout le type charentais, qui est considéré le leader des variétés exportées. Ces variétés enregistrent une croissance régulière des superficies et permettent de réaliser des prix intéressants. Les autres types de melon arrivent sur le marché local durant la période de mai au juillet entrainant une baisse des prix suite fortes chaleurs qui affectent la qualité, la coloration et le goût. Plusieurs tentatives ont été faites afin de développer de nouveaux marchés du Golf ou Canada. À ce titre, une ligne directe Tanger-Jeddah a été mise en place afin d’améliorer l’accès au marché des pays du Golfe pour les exportateurs marocains du melon.

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