Casablanca-Settat prépare une carte agricole face à la pression urbaine

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Casablanca-Settat prépare une carte agricole face à la pression urbaine © DR

La Direction régionale de l’agriculture de Casablanca-Settat veut faire élaborer une carte destinée à qualifier le potentiel des terres et à mieux documenter les arbitrages entre agriculture et urbanisation. Le marché, estimé à 3,06 millions de dirhams, reste toutefois au stade de l’appel d’offres.

Un marché public encore au stade de la consultation

La région Casablanca-Settat pourrait disposer d’un nouvel outil pour suivre son foncier agricole et mieux intégrer la valeur productive des terres dans les décisions d’aménagement. La Direction régionale de l’agriculture a publié, le 5 août 2026, l’appel d’offres n° 06/2026 consacré à l’élaboration d’une carte agricole régionale.

Le montant estimatif du marché atteint 3,06 millions de dirhams. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 22 septembre 2026 à 10 heures pour présenter leurs offres. La procédure concerne les préfectures et provinces de Casablanca, Mohammedia, Médiouna, Nouaceur, Benslimane, Berrechid, Settat, El Jadida et Sidi Bennour.

Cette chronologie est importante : aucun prestataire n’est encore publiquement désigné et l’étude ne peut pas être considérée comme engagée sur le terrain. La durée annoncée de quinze mois ne commencera qu’après l’attribution du marché et le lancement contractuel des prestations.

Trois niveaux pour qualifier le potentiel agricole

D’après les éléments du dossier repris par plusieurs sources concordantes, l’étude doit conduire à la constitution d’un système d’information géographique. Les terres seraient réparties entre des zones à fort potentiel agricole, des espaces à potentiel intermédiaire et des terrains présentant un potentiel plus faible.

Cette classification doit notamment s’appuyer sur les caractéristiques des sols, les conditions climatiques, les équipements hydroagricoles et les informations disponibles sur les systèmes de production. Elle ne devrait donc pas se limiter à représenter les cultures actuellement présentes. L’objectif est d’évaluer l’aptitude agricole des espaces et de produire un référentiel pouvant être actualisé.

Le projet prévoit également une analyse de l’évolution de l’urbanisation entre 2010 et 2025, complétée par une projection à l’horizon 2030. L’imagerie satellitaire et les données géographiques doivent permettre de repérer les dynamiques de changement d’usage des sols.

Plus de 1,26 million d’hectares de surface agricole utile

L’enjeu dépasse largement la périphérie immédiate de Casablanca. Selon les données figurant dans le dossier de consultation et reprises par plusieurs médias, Casablanca-Settat couvre environ 2,04 millions d’hectares, dont 1.263.042 hectares de surface agricole utile.

La superficie irriguée est donnée à 146.436 hectares. La région compterait par ailleurs 186.311 exploitations agricoles, pour une superficie moyenne proche de 6,8 hectares. Settat concentre la plus grande surface agricole utile, devant El Jadida et Sidi Bennour.

Ces données montrent que les décisions relatives à l’extension urbaine, aux infrastructures et aux zones d’activités peuvent concerner des territoires qui jouent un rôle majeur dans les productions céréalières, fourragères, maraîchères, laitières et animales du pays.

Une aide à la décision, pas un classement juridique automatique

La future carte doit notamment servir aux services agricoles lorsqu’ils examinent les schémas directeurs d’aménagement urbain et les plans d’aménagement. Elle pourra signaler le potentiel productif d’une parcelle ou d’un secteur avant une décision de changement d’affectation.

Il convient néanmoins de distinguer cette fonction technique de la protection juridique du foncier. La loi n° 12-90 relative à l’urbanisme et son décret d’application prévoient des procédures spécifiques pour délimiter les zones agricoles et forestières. La production d’une carte, même détaillée, ne suffit donc pas automatiquement à rendre un terrain inconstructible.

Son influence dépendra de son intégration dans les documents d’urbanisme, des décisions des autorités compétentes et des éventuels actes réglementaires adoptés par la suite. La précision des données, leur fréquence d’actualisation et les modalités d’accès au système seront également déterminantes.

Une visibilité attendue pour les professionnels

Pour les agriculteurs, la carte pourrait améliorer la prise en compte des investissements agricoles déjà réalisés, notamment en irrigation, en plantations et en équipements. Pour les conseillers et les investisseurs, elle pourrait faciliter l’identification des zones possédant des aptitudes adaptées à différents projets.

Elle pourra aussi fournir aux commissions chargées de l’aménagement un argumentaire documenté lorsqu’un espace à forte valeur agricole est soumis à une pression urbaine. À ce stade, il reste toutefois impossible de connaître les superficies qui seront classées dans chaque catégorie ou les conséquences précises pour les exploitations. Ces réponses dépendront des résultats de l’étude et de leur traduction ultérieure dans les décisions publiques.

Repère du projetDonnée disponible
Référence du marchéAppel d’offres n° 06/2026
Publication5 août 2026
Montant estimatif3.060.000 DH
Date limite des offres22 septembre 2026
Durée annoncée15 mois après lancement contractuel
Surface agricole utile régionale1.263.042 ha
Surface irriguée146.436 ha
Exploitations agricoles186.311

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