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Nouvelle tendance, les légumes dans les villes

L’agriculture urbaine, un agrobusiness au service des villes ?

L’agriculture urbaine, un agrobusiness au service des villes ?

Agriculture et villes, deux termes qui semblent un peu différents voire même opposés ! Pourtant, les agglomérations au départ ont bien été créées sur des endroits où il y avait de l’agriculture destinée à nourrir les populations, mais au fil du temps la notion d’urbanisme a été séparée de celle d’agriculture.

Sur les toits, les façades, ou encore dans les sous-sols et les parkings, cette agriculture, extrêmement diverse, est considérée comme un agrobusiness qui revient en force dans les plus grandes Cités du monde. Elle fait désormais partie du système économique et écologique local des villes et joue un rôle essentiel dans la vie économique, culturelle et sociale.

Son succès peut être largement attribué à l’intérêt que réservent les services de l’agriculture et de la ville dans la fourniture de formations, de terrains et de services de vulgarisation aux nouveaux agriculteurs urbains.

Au Maroc, l’histoire des villes a connu la réussite de plusieurs modèles de ce type d’agriculture et a joué un rôle de relais entre l’urbain et le rural, a confié dans une déclaration à la MAP, Imane Thami Alami, directeur de recherche, chef de la division scientifique à l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), citant, à cet égard, les modèles de la région de Boufekrane et Tiznit qui comportent plusieurs facteurs de réussite qui puissent être capitalisés et disséminés.

L’agriculture urbaine est caractérisée par une concurrence sur l’accessibilité des ressources naturelles et l’usage des espaces entre l’urbain et le rural, a relevé Mme Thami Alami, soulignant que cette interaction nécessite un haut niveau de coordination des actions entre l’ensemble des intervenants dans cette activité. Or, actuellement, cette coordination n’est pas encore mise en pratique.

Par conséquent, des efforts importants restent à réaliser pour parvenir à l’intégration des acteurs, des activités et des espaces de l’agriculture et de l’alimentation urbaines, a-t-elle estimé, faisant savoir que la mise en réseau et la valorisation du savoir local, ainsi que les résultats de recherches scientifiques sont des outils efficaces pour provoquer des interactions constructives entre les différents acteurs de l’agriculture urbaine et favoriser la dissémination des bonnes pratiques.

Aussi, le suivi et le contrôle des risques sanitaires liés à l’utilisation des produits phytosanitaires et des fertilisants peut être évoqué pour le secteur de l’agriculture urbaine, a dit Mme Thami Alami, expliquant que cet aspect offre une opportunité afin d’opter pour l’agriculture biologique et écologique dans les zones urbaines et périurbaines.

Selon elle, ce dernier choix demande une coordination pour instaurer un système de certification, un accompagnement très rapproché des agriculteurs et un effort de commercialisation et d’organisation professionnelle.

Évoquant les limites de cette filière de niche, la responsable a soulevé que les fermes urbaines et les jardins communautaires doivent concurrencer les développements résidentiels et commerciaux pour l’espace et cela s’avère souvent difficile sans le soutien public. De plus, même si la terre est disponible, elle peut ne pas répondre à la qualité exigée en sol et en eau.

L’agriculture dite urbaine peut fournir une source de produits frais et sains pour les familles individuelles, les groupes communautaires et les marchés urbains, a fait savoir l’expert, ajoutant toutefois qu’il est difficile de quantifier à quel point elle contribue à cet approvisionnement.

Une évaluation cartographique de la potentialité de cette agriculture par rapport à l’espace disponible et des pratiques de production intensive peut être une bonne démarche pour la planification de cette activité, a renchéri Mme Thami Alami.

Et de poursuivre: “L’agriculture urbaine a le potentiel de contribuer à la sécurité alimentaire et peut être considérée comme un fournisseur important des produits biologiques avec un accès de proximité aux produits frais et sains. À l’avenir, la capacité des villes à produire au moins une partie de leur propre approvisionnement alimentaire peut prendre plus d’importance et peut renforcer la chaîne d’approvisionnement”.

Défini en 2007 par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture FAO comme étant “la culture de plantes et l’élevage d’animaux à des fins alimentaires et autres utilisations dans et autour des villes et villages, et des activités connexes telles que la production et la livraison d’intrants, la transformation et la commercialisation des produits”, ce secteur d’activité est une des solutions préconisée également par l’ONU pour répondre aux besoins alimentaires des zones urbanisées, notamment dans les villes et les pays pauvres.

MAP

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