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L'agriculture marocaine - Ph :DR
L'agriculture marocaine - Ph :DR

L’agriculture marocaine en 2022

L’agriculture marocaine en 2022, quelles tendances ?

Alors que la campagne agricole 2021-2022 a été lancée depuis la Région Rabat- Salé-Kénitra, tous les voyants sont au vert pour l’agriculture marocaine.

La semaine dernière un communiqué du ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, annonçait le lancement de la campagne agricole par Monsieur le Ministre Mohammed Sadiki le 12 novembre 2021 à Ain Sbit – Province de Khémisset.

En 2022, intensification du semis direct pour lutter contre la sécheresse.

L’occasion également à travers ce coup d’envoi, de lancer une opération de programme national de semis direct de 50 000 hectares programmés au titre de l’actuelle campagne agricole 2021-2022. Ce programme démontre une fois de plus l’orientation choisie par l’agriculture marocaine vers une agriculture durable et éco-efficiente conformément à la stratégie Génération Green 2020-2030.

L’agriculture marocaine a pour objectif de promouvoir le semis direct, avec comme finalité l’atteinte d’1 million d’hectares de céréales en semis direct d’ici 2030.

Avec 30 000 hectares cultivés en semis direct aujourd’hui en 2021, l’objectif est ambitieux à horizon 2030, mais c’est une nécessité en réponse aux déficits hydriques réguliers et structurelles causés par la sécheresse et ipso facto le réchauffement climatique.

En effet selon l’ONU, le Maroc est considéré en stress hydrique avec seulement 500 mètres cubes d’eau douce par habitant et par an, alors qu’en 1960, le pays comptait 2 500 mètres cubes par habitant et par an.

Une situation alarmante que de nombreux pays ont conscientisé, mais sur lesquels peu de pays s’engagent résolument.

Bonne nouvelle toutefois, et on le voit ici, le Maroc prend des décisions pour lutter contre ces problématiques mondiales en adoptant des mesures fortes permettant de lutter contre le réchauffement climatique. D’ailleurs le Royaume se classe parmi les pays les plus efficaces dans les mesures prises, selon différents classements internationaux, au niveau de la Suède, de la Norvège ou de la Lituanie.

Le semis direct des céréales étant une des décisions les plus favorables à la lutte contre la sécheresse, ayant démontré son efficacité dans les zones arides et semi-arides. En effet le semis direct qui ne nécessite aucun travail préparatoire du sol avant le semis permet de maintenir la fertilité du sol et la conservation de l’humidité tout en augmentant de 30% en moyenne les rendements.

L’ agriculture marocaine devient de plus en plus biologique.

Ici encore, objectif ambitieux. Le ministère de l’agriculture prévoit d’atteindre les 100 000 hectares de superficies cultivées en agriculture biologique à l’horizon 2030. Ce qui représenterait tout de même plus de 900 000 tonnes de production par an dont un tiers serait destiné au marché local et deux tiers à l’export.

Une volonté ambitieuse qui serait clairement en adéquation avec l’ère du temps puisque l’agriculture marocaine se rendrait conforme aux besoins des consommateurs de plus en plus tournés vers le « bien manger » tout particulièrement après la Covid-19 et la sensibilisation au système immunitaires et aux vitamines précieux que l’on retrouve dans les fruits et légumes de notre agriculture au Maroc.

L’agriculture biologique au Maroc comprend une diversité importante. Les espèces fruitières comme l’olivier, l’agrumiculture ou l’arboriculture sont importantes. Au titre de la campagne 2017/2018, la superficie cultivée atteignait 3.568 ha dont par exemple 500 ha pour l’avocatier, 870 ha pour l’amandier, 550 ha pour le câprier et 210 ha pour le fraisier, 80 ha pour l’abricotier, 72 ha pour le grenadier et 40 ha pour le vignoble. La superficie restante demeure représentée par les autres espèces telles que le palmier dattier, le figuier, le prunier et autres.

Pour les espèces maraichères, l’agriculture biologique concerne les tomates, poivrons, melons, aubergines, carottes, courgettes, haricots…

La répartition de la superficie par espèce montre une prédominance des arbres fruitiers avec près de 38% de la superficie globale suivie par les cultures maraichères et l’olivier avec respectivement 18% et 14%.

Là encore, le Maroc est sur la bonne voie de l’objectif à 900 000 tonnes de production d’ici 2030, puisque ce sont déjà plus de 130 000 tonnes qui sont à l’heure actuelle exportées notamment vers les pays de l’Union Européenne.

Des incitations pour booster l’agriculture marocaine

Plusieurs mesures incitatives sont mobilisées par le ministère de l’agriculture afin de soutenir les agriculteurs dans leurs différents projets. C’est à cet effet que le ministère s’emploie à assurer la disponibilité des intrants agricoles et l’accompagnement des agriculteurs à travers les incitations suivantes :

  • Semences : 1,6 millions de quintaux de semences certifiées de céréales à des prix subventionnés
  • Engrais : approvisionnement du marché à hauteur de 490 000 tonnes d’engrais de fonds, tout en assurant la rationalisation de l’utilisation des engrais sur la base des cartes de fertilité des sols établies sur 7,8 millions d’hectares.
  • Irrigation : poursuite du Programme National d’Economie d’Eau d’irrigation (PNEEI) à travers l’équipement de 45.000 hectares d’exploitations agricoles en système d’irrigation localisée et poursuite de l’achèvement de la modernisation des réseaux d’irrigation collectifs sur une superficie de 107.000 hectares et sa poursuite sur une superficie de 48.000 hectares.

A noter que d’autres incitations sont prévues telles que l’encouragement à l’investissement, les assurances ou le financement.

Des incitations pour booster l’agriculture marocaine

En conclusion, nous pouvons observer les orientations prises par le Royaume pour une agriculture marocaine plus résiliente et durable malgré un contexte irrémédiablement difficile (sécheresse, Covid-19…).

La période 2020-2030 est cruciale pour l’agriculture marocaine qui doit conjuguer productivité et pérennité alors qu’à l’international trop peu de pays sont aussi actifs que le Maroc, sur des enjeux planétaires qui deviennent urgent.

Sources : MAPM, MAP, AgriMaroc.ma

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