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Agriculture durable : Comment restaurer biologiquement son sol ?

Agriculture durable : Comment restaurer biologiquement son sol ?

L’agriculteur  durable se doit de connaître son sol, ses caractéristiques, ses qualités et ses carences. Il doit installer ou réinstaller l’équilibre de la vie dans son sol pour garantir une productivité pérenne, cela peut certes prendre du temps mais cela marche.

Favoriser l’équilibre, amender régulièrement le sol en matière organique, éviter le labour profond, couvrir le sol en permanence, laisser les racines dans le sol, ne pas compacter le sol, sont autant de pratiques restauratrices du sol.

Un bon sol, bien végétalisé en surface et aussi en profondeur par un dense tissu racinaire et mycélien, pourra pleinement jouer son rôle de réservoir, de tampon et d’épurateur. Le sol joue un rôle d’éponge qui lui permet de lisser les variations pluviométriques (manques et excès), d’atténuer les risques d’inondation et de sécheresse comme d’en limiter les effets. Un sol couvert par la végétation est plus poreux, mieux pourvu en matière organique, habité par des êtres vivants, en capacité d’emmagasiner plus d’eau.

Pour avoir la quantité de biomasse nécessaire à un amendement durable en matière organique, on considère qu’il faut au moins 10 fois plus de surface de forêt (comestible ou non) que de surface cultivée intensivement, par exemple en maraîchage, sans quoi le taux de matière organique chute inexorablement.

Des actions de prévention, des actions de lutte biologique contre les maladies, les insectes et les ravageurs, des actions de mise en harmonie et en énergie sont celles que mènent les agriculteurs sur leurs champs et leurs vergers. L’agriculture écologique copie le fonctionnement naturel de la planète.

L’attention particulière est portée sur l’usage respectueux et la mise en équilibre des éléments naturels tout en préservant la ressource pour la laisser disponible pour les générations futures.

Cette coopération s’organise autour :

  • De rotations entre familles de végétaux (plantes racines, plantes feuilles, plantes fleurs, plantes fruits), soit une succession des cultures sur la parcelle, année après année,
  • De l’assolement diversifié (association de différentes espèces sur une même parcelle en même temps) qui permet la protection des plantes entre elles contre les maladies et une utilisation optimale des ressources du sol et de la photosynthèse,
  • Des effets d’association ou de répulsion,
  • De la biodiversité naturelle et cultivée, locale adaptée au territoire,
  • De l’importance des plantes nurses ayant des capacités d’interactions positives avec les autres végétaux,
  • Du signe d’information et d’alerte que fournissent les plantes bio-indicatrices,
  • De l’alliance entre matière végétale et animale.

Rotation

On parle de rotation culturale lorsque différentes cultures se suivent dans un certain ordre sur la même parcelle, la même succession de cultures se reproduisant dans le temps en cycles réguliers. On peut ainsi avoir des rotations biennales, triennales, quadriennales, etc …

La rotation des cultures est une façon d’atténuer l’effet de l’appauvrissement du sol. Puisque chaque plante a des besoins spécifiques en éléments, il est possible d’alterner les cultures en fonction de leurs besoins nutritifs. Le sol aura ainsi le temps de se régénérer et de se ressourcer en éléments minéraux et organiques.

Associations et répulsions

Certaines plantes sont complémentaires, d’autres concurrentes. Ces interactions sont dues aux substances dégagées par les plantes, ou à leurs besoins plus ou moins importants en lumière et nutriments.

Plantes nurses

Ce sont des espèces «fondatrices» et «facilitatrices» jouant un rôle essentiel dans les environnements difficiles.
Ces plantes nurses ont comme caractéristiques de favoriser des interactions positives qui bénéficient à au moins un des partenaires sans défavoriser le
second. Ce sont des espèces idéales et pionnières en matière de colonisation d’habitats neufs, de résilience écologique et de renaturation.

Au Maroc, ces plantes nurses sont: caroubier, pistachier de l’Atlas, oléastre, figuier, jujubier, arganier, acacia, etc.

Plantes bio-indicatrices

Ce sont des outils préliminaires de diagnostic agricole. Le sol contient des graines qui germent et d’autres en dormance. Lorsque les conditions du terrain et du climat lui conviennent et correspondent aux besoins de leur patrimoine génétique, ces graines en dormance se lèvent.

De la présence de ces adventices, on peut en déduire les composants du terrain et sa dynamique, mais aussi ce que l’on peut faire pour améliorer sa fertilité.

Parmi ces plantes, certaines indiquent :
-Un excès (engorgement des sols en eau et en matières organiques, tassement et compactage des sols, trop riches en calcaires, en azote, trop de labours, variations hydriques importantes sur des terrains limoneux ou sableux, érosion intense et lessivage de surface des sols laissés à nu, sol à PH élevé,…)
– Une carence (réelle ou induite en potasse, décalcification, manque de couverture végétale)
-Un indicateur de la vie microbienne du sol – Plante indicatrice d’équilibre (air, carbone, nitrates, vie bactérienne ou au contraire anaérobiose des sols).
Exemples : Chiendent, plantain, pissenlit, trèfle, datura,etc.

Compostage et fertilisation naturelle

Le compostage est une opération durant laquelle les déchets organiques sont dégradés en présence d’oxygène (air) et d’humidité (eau) et transformés en humus riche en éléments nutritifs. L’humus a la capacité à retenir l’eau et les nutriments. Différentes formes de compostage existent et ont été testées au Maroc : compostage en tas ou en plateforme, compostage direct, lombricompostage, etc.

La fertilisation naturelle se fait par purins végétaux ou animaux, par infusions et décoctions de plantes comme l’ortie, l’ail, la consoude, la tanaisie, la lavande, le romarin, etc.

Expériences, bonnes pratiques et circuits courts d’agriculture durable au Maroc et Concevoir sa rotation culturale(Chambre d’agriculture d’Isère)

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