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Abdelmalek Sahraoui, PDG algérien à la tête de 17 800 hectares
Abdelmalek Sahraoui, PDG à la tête de 17 800 hectares - (photo: tsa-algerie)

Abdelmalek Sahraoui, PDG algérien à la tête de 17 800 hectares

Abdelmalek Sahraoui, PDG de la Holding Promo Invest dont fait partie le groupe GGI Filaha, est l’un des plus grands exploitants agricoles en Algérie. Issu d’une famille d’agriculteurs, M. Sahraoui est à la tête d’un groupe leader dans l’amont agricole en Algérie avec un total de 17.800 hectares répartis dans les wilayas de Mascara, Saïda, Oran et Adrar. Son groupe produit des raisins de table, des cerises et autres fruits précoces, et l’huile d’olive. Ces produits sont commercialisés sous la marque Slatna. Il produit aussi des semences de pomme de terre, les céréales… Entretien par nos confrères “tsa-algerie” et relayé par AgriMaroc.ma.

L’Algérie peut-elle devenir un pays exportateur de produits agricoles au même titre que ses voisins marocains et tunisiens ?

Avant de viser l’exportation, nous devons d’abord travailler pour répondre à la demande du marché national. Les labels « légumes Algérie » « fruits d’Algérie » ont une renommée internationale dont on doit profiter davantage. Dans notre cas, nous avons une plateforme locale avec une dimension à l’internationale.

Pour l’export, nous allons cibler davantage l’Europe, la Russie, l’Amérique du Nord, le Moyen Orient et l’Extrême Orient, car ce sont des marchés porteurs dans le domaine des primeurs et des produits hors saison. À cela s’ajoute le fort potentiel que représente nos produits du terroir ainsi que les caractéristiques uniques de notre sol et de notre climat. Nous avons un potentiel hydrique impressionnant dans les hauts plateaux et dans le grand Sud à cela s’ajoute des étendues qui n’ont jamais été travaillées donc non infectées par les mauvaises pratiques et les traitements nocifs et les maladies transmissibles . Ces atouts nous permettront de prendre une avancée sur nos voisins tunisiens et marocains.

Parlez-nous du projet de la ferme agricole pilote dans la wilaya d’Adrar et celui de Saïda pour lequel vous avez le soutien technique du groupe américain AGCO ?

Le projet de Mgiden à Timimoune a été lancé le 25 juillet dernier avant même la signature du cahier des charges. Il concerne les cultures fourragères et les grandes cultures avec des prévisions de production de plus de 60 000 tonnes par an, avec l’intégration de l’élevage de 2 000 vaches laitières pour la production du lait cru.

Pour l’arboriculture, on envisage la production de plus de 74 000 tonnes/an tous produits confondus (agrumes, amande, raisin de table précoce). Tandis que pour la semence de pomme de terre on prévoit une production de plus de 35 000 T/an avec un rendement qui doit dépasser les 70 t/hectare pour les deux variétés spunta et condor. Ce projet, en mode concession, s’inscrit dans la démarche des pouvoirs publics en application du programme du président de la République Abdelaziz Bouteflika de relever le défi qui est celui d’atteindre deux millions d’hectares en irrigués à l’horizon 2019.

En plus de la ferme pilote de Timimoune, nous avons également le projet de Saïda qui s’étend sur 2200 hectares qui sera achevé durant le 1er trimestre 2016. Nous comptons étendre ce projet à 10 000 ha pour alimenter notre usine de trituration d’olive qui se trouve en plein champ d’oléiculture avec une capacité de production de 20 000 tonnes/an.

La trituration des premiers lots d’olives a commencé le 27 novembre dernier. Notre partenaire Americain AGCO nous a fourni les techniques de gestion par satellite ainsi que le matériel adéquat à la réussite de nos projets d’investissement. Nous nous félicitions d’avoir réussi à maîtriser ces techniques de pointe avec un personnel exclusivement algérien. Ce sont des techniques de mise en valeur des terres agricoles, de plantation arboricole, de semis direct des céréales, de traitement et de l’irrigation et de la gestion intelligente de nos exploitations.

De quelles manières, les Américains apportent-ils leur soutien sur le projet d’Adrar ?

Il y a eu effectivement un transfert technologique qui va nous permettre de concrétiser nos projets et notamment celui de Timimoune. Ce partenariat consiste à transférer les dernières techniques de gestion intelligente avec l’utilisation de GPS pour l’irrigation avec notre partenaire Americain de AGCO et de Valley irrigation.

Nous avons donc opté pour l’irrigation d’appoint en continue avec des pivots frontaux, qui est la plus récente technologie pour la gestion efficiente de nos ressources hydriques. Il faut protéger ces richesses. La technique utilisée permettra d’éviter l’évaporation et la perméabilité en même temps avec une pluviométrie contrôlée par satellite.

On s’est imposé avec nos partenaires par notre engagement envers eux pour relever ce défi et on va continuer à le faire.

Les États-Unis sont tournés vers l’agriculture intensive, souhaitez-vous importer le même modèle en Algérie ?

Les États-Unis sont dans un modèle d’agriculture hyper-intensive. Cela fait plus de cinq ans que nous nous sommes tournés vers ce type d’agriculture, avant même de travailler avec les Américains. Les rendements sont très élevés. La culture hyper-intensive va nous permettre d’utiliser notamment la mécanisation.

Par exemple, dans le domaine de l’oléiculture, nous développons en ce moment la culture de la variété « Chemlal », qui est d’origine algérienne. Nous travaillons sur la conduite des Chemlal, du greffage jusqu’aux plantations en allant vers la taille et la cueillette. La mécanisation favorise ce type de culture hyper intensive. Le partenariat noué avec les Américains n’est pas un partenariat direct avec une prise de participation. Notre démarche se tourne davantage vers un partage en matière de recherche et de développement, un transfert technologique et des conseils.

On sait qu’il y a une utilisation des OGM aux États-Unis. Est-ce que cela fera partie du savoir-faire transmis par les Américains ?

Non, c’est exclu. On veut exporter vers l’Europe et la Russie donc cela ne fait pas partie de notre démarche de travail.

Existe-t-il d’autres partenariats avec des sociétés étrangères ?

Oui, nous avons des partenariats très avancés avec un groupement italien qui fournit près de 70% des portes greffe à toute l’Europe et la Turquie. Nous avons aussi des partenariats avancés avec les Espagnols dans le domaine de l’arboriculture et l’oléiculture.

Récemment, nous étions en Angleterre pour le développement d’un partenariat dans la production de pommes de terre et de semences. Enfin, il existe aussi un projet de partenariat avec les Australiens pour la production de pommes de terre in vitro et qui permettrait d’ici quatre à cinq ans d’arrêter l’importation de semences de pomme de terre et éviter ainsi à l’Algérie d’avoir des risques de contamination importée.

Des partenariats avec des Français existent aussi, dans le Conseil. En fait, nous considérons que nous n’avons pas besoin de prise de participation, nous sommes contre ce principe. Nous avons donc imposé notre logique de partenariats car nous maîtrisons la technique et la conduite des cultures. Ces partenariats nous permettent d’avancer rapidement. Par exemple, nous pourrons facilement dominer le modèle de travail marocain avec cette dynamique de partenariat. Au Maroc, il n’existe pas de grandes exploitations agricoles, le modèle de gestion économique est différent.

En l’espace de trois ans, nous pourrons déjà placer des produits algériens sur le marché européen car nous avons déjà 20 ans d’expérience, notre groupe a commencé à relever le défi en 1995 avec la politique de reconversion des cultures et maintenant on profite de la stabilité réglementaire grâce aux lois qui régissent le secteur. Ces partenariats vont nous permettre d’accélérer le processus et investir davantage dans des cultures agricoles qu’on maîtrise très bien.

Vous privilégiez le circuit de distribution directe pour la vente de vos produits en Algérie…

Oui. Nous avons créé une société qui va s’occuper de l’action marketing et de la création d’une plateforme logistique pour la distribution en B to C. C’est un « concept frais » que nous avons développé pour avoir une valeur ajoutée et fidéliser le consommateur, afin que le produit frais soit dans le réfrigérateur des consommateurs dans les 48 heures. Pour l’instant, les intermédiaires n’accordent pas d’importance à la qualité du produit et à l’emballage.

Par Zahra Rahmouni

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