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La première cartographie mondiale des vers de terre révèle une biodiversité insoupçonnée dans l’agro-écosystème

Une cartographie mondiale des vers de terre révèle une biodiversité insoupçonnée, menacée par le changement climatique.

Les changements climatiques mondiaux pourraient bouleverser les communautés de vers de terre à travers le monde, mettant en péril les nombreuses fonctions qu’ils remplissent. C’est l’un des résultats de la première cartographie des vers de terre menée à l’échelle mondiale et publiée à la Une de Science le 25 octobre. Ces travaux ont réuni 140 chercheurs internationaux, dont un spécialiste du Cirad, pour compiler le plus grand ensemble de données sur les vers de terre, comprenant près de 7000 sites dans 57 pays.

Les vers de terre représentent une quantité de biomasse phénoménale, plus importante que celle de tous les mammifères vivants réunis ! En creusant des galeries aérant le sol, mangeant les débris organiques et mélangeant les composants du sol, ils participent au bon fonctionnement de nombreux écosystèmes. Ils fournissent ainsi un large éventail de services écosystémiques, tels que la fourniture de nutriments aux plantes, l’amélioration de leur approvisionnement en eau douce, le stockage de carbone ce qui contribue à l’atténuation du changement climatique. Pour ces raisons, les vers de terre sont considérés comme des « ingénieurs de l’écosystème », indispensables à la bonne santé des sols et aux agro-écosystèmes.

Les sols, une biodiversité mondiale à prendre en compte

Bien que ce rôle des vers de terre dans les écosystèmes soit bien connu, on en savait encore peu sur leur répartition à l’échelle mondiale jusqu’à cette étude, qui a réuni la quasi-totalité des spécialistes des vers de terre. Cette étude a notamment révélé que les structures de biodiversité du sol étaient complètement différentes de celles observées chez les organismes vivant au-dessus du sol.

« Contrairement aux espèces vivant au-dessus du sol, cette étude a mis en évidence une diversité locale plus importante des vers de terre sous les latitudes tempérées, révèle Raphaël Marichal, spécialiste des vers de terre au Cirad, qui a contribué à l’étude. Toutefois, les zones tropicales comportent énormément d’espèces endémiques. Ainsi, la diversité est globalement plus importante sous les tropiques, d’autant que de nombreuses espèces de vers de terre tropicaux restent encore à décrire ! » .

Cette étude rappelle aussi l’importance de la prise en compte de la biodiversité du sol pour identifier les véritables points chauds de la biodiversité de la planète.

Humidité et température, les deux facteurs les plus importants pour les vers de terre

Les chercheurs ont également évalué les facteurs environnementaux qui déterminent le nombre d’espèces de vers de terre, ainsi que leur abondance et leur biomasse. Ils ont constaté que les facteurs liés aux précipitations et à la température avaient les effets les plus importants. « Sur la base de ces effets climatiques puissants, nous concluons que le changement climatique pourrait provoquer des changements dans les communautés de vers de terre ainsi que des fonctions et des services fournis par les écosystèmes » , déclare Nico Eisenhauer de l’université de Leipzig, coordinateur de l’étude. « Compte tenu de leur rôle d’ingénieurs des écosystèmes, nous sommes préoccupés par les éventuels effets en cascade sur d’autres organismes tels que les microbes, les insectes du sol et les plantes. »

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