La campagne oléicole 2025-2026 au Maroc, marquée par des rendements exceptionnellement élevés après plusieurs années de sécheresse, se heurte à des difficultés inédites. Alors que la récolte s’achève habituellement fin janvier, de nombreuses oliveraies restent en pleine cueillette début février, une situation jugée préoccupante par les professionnels du secteur.
Selon la Fédération interprofessionnelle marocaine de l’olive, ce retard s’explique principalement par les fortes précipitations enregistrées depuis le mois de décembre, qui ont entraîné des interruptions répétées des travaux de récolte dans plusieurs bassins oléicoles. « Les pluies ont fortement perturbé le rythme de la cueillette, rendant l’accès aux vergers difficile et ralentissant considérablement l’avancement de la campagne », a indiqué le président de la FIMO dans une déclaration relayée par Hespress.
À cette contrainte climatique s’ajoute une pénurie aiguë de main-d’œuvre saisonnière. Les volumes importants à récolter cette année dépassent les capacités habituelles du marché du travail agricole. Cette tension a provoqué une hausse significative des coûts de cueillette, avec des rémunérations journalières atteignant jusqu’à 200 dirhams dans plusieurs régions productrices comme Kalaat Sraghna, Taounate ou Ouezzane, selon des sources professionnelles citées par la presse nationale.
Au-delà des aspects économiques, ce prolongement de la récolte suscite de vives inquiétudes sur le plan agronomique. Le maintien prolongé des fruits sur l’arbre compromet la phase de repos biologique indispensable à l’olivier avant l’induction florale du printemps. Plusieurs agronomes alertent sur le risque d’un épuisement physiologique des arbres, susceptible d’affecter négativement la floraison d’avril et, par conséquent, la production de la campagne 2026-2027. Cette situation pourrait accentuer le phénomène d’alternance, déjà bien connu dans l’olivier, avec une baisse marquée des rendements l’an prochain.
Dans un contexte où l’oléiculture joue un rôle structurant pour de nombreuses exploitations familiales et pour l’économie rurale, l’enjeu des prochaines semaines sera d’achever la récolte dans les meilleurs délais afin de préserver la durabilité du verger national. Les professionnels appellent à une meilleure anticipation des pics de production et à une réflexion sur la mécanisation adaptée aux conditions marocaines.
AgriMaroc.ma Agriculture Maroc
