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Au Maroc, les droits de douane pèsent lourd sur les importateurs de blé

Les droits de douane pèsent lourd sur les importateurs de blé au Maroc.

Le Maroc est l’un des seuls pays d’Afrique du Nord à avoir libéralisé ses importations de blé, qui restent néanmoins contrôlées par des droits de douane. Point sur le blé français importé au Maroc.

Un tiers de la récolte nationale de blé tendre français est vendu à l’export, principalement sur l’Afrique du Nord. Les pays tiers ont absorbé 11,3 millions de tonnes (Mt) de blé français sur la campagne 2014-2015, soit environ 30 % de la récolte nationale, lit-on dans la presse française. Le débouché est loin d’être anecdotique. « Avec l’élargissement de l’Union, nous observons un rééquilibrage des exportations de blé français, observe Alexandre Bois du cabinet français Agritel.

Les ventes vers l’Union ont baissé tandis que celles vers les pays tiers ont augmenté. Or ce sont celles où la concurrence avec les grands exportateurs est la plus forte. » La France vend majoritairement son blé aux pays du sud du pourtour méditerranéen, Algérie en tête, mais aussi Maroc, Tunisie, et Égypte, des états structurellement importateurs. Elle n’a pas toujours le dernier mot, loin de là : les blés russes, ukrainiens ou roumains ont fait leur place.

À l’inverse de l’Algérie, le Maroc a complètement libéralisé ses importations : les minotiers privés achètent en direct et recherchent encore plus qu’ailleurs le meilleur rapport qualité/prix. La présence de l’état pèse toutefois, car il fixe des droits de douane à l’importation, son objectif étant d’assurer avant toute chose l’écoulement de la récolte nationale. Il impose donc en général des droits de douane dissuasifs durant les premiers mois de la campagne de commercialisation, qui commence dès juin. « Plus encore que la récolte elle-même, c’est le niveau de production annoncé par le gouvernement qui constitue l’indicateur déterminant pour évaluer le rythme des importations du pays », note Alexandre Bois.

Car quel que soit le niveau de la récolte, le pays importe. « Le blé local est trop hétérogène pour que les quelque 150 minotiers industriels puissent l’utiliser seul, poursuit le spécialiste. Ils travaillent en général avec des mélanges comportant 60 à 70 % de blé meunier, 15 à 25 % de blé canadien à haute teneur en protéines et 15 % de blé local. » Les surplus de la récolte marocaine sont utilisés par les 10 000 moulins artisanaux ou stockés en partie par les producteurs lorsque les prix de l’année sont trop bas. Au final, le Maroc importe chaque année en moyenne 2,5 Mt de blé tendre, la fourchette allant de 1 Mt en 2006-2007 à 3,5 Mt en 2007-2008, selon les chiffres de l’Onicl (office public en charge des céréales).

Le jeu des droits de douane pousse les importateurs à concentrer leurs achats le plus souvent sur les quatre premiers mois de l’année. « Ce système a une incidence forte sur la logistique, observe Yann Lebeau, en charge de la zone Maghreb-Afrique chez France export céréales, indique la presse. À un instant donné, on observe une forte concentration de bateaux dans la rade de Casablanca, principal port du pays pour les importations de céréales. Et ils perdent de l’argent car ils ne peuvent pas décharger ! » Dans ce contexte, les importateurs se préoccupent peu de l’origine. Le blé standard français a toute sa place dans les mélanges… à condition qu’il soit au meilleur rapport qualité-prix.

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