Quel bilan pour l’agriculture marocaine en 2024–2025?

Par 4 min de lecture Mis à jour Il y a 10 mois
Quel bilan pour l’agriculture marocaine en 2024–2025? © Pixabay
Clementines

La campagne agricole 2024–2025 se clôture sur un retour à la croissance après une année précédente marquée par des résultats très en-deçà des attentes. Sur le plan céréalier, la récolte est largement améliorée par rapport à 2023–2024 : la production céréalière est estimée à environ 44 millions de quintaux, une hausse sensible qui reflète une meilleure pluviométrie dans certaines zones et des rendements localement supérieurs.

Cette amélioration de la céréaliculture contribue à une reprise globale du secteur. Le ministère a indiqué une croissance prévisionnelle d’environ 5,1 % pour le secteur agricole au titre de la campagne 2024–2025, un retournement notable après le repli enregistré l’année précédente. D’autres bilans publics et analyses médiatiques ont souligné que la progression du secteur tient à la conjonction d’un meilleur état des cultures, d’une mobilisation des instruments d’appui et de pratiques culturales modernisées.

La filière des agrumes figure parmi les points forts de l’exercice. Plusieurs sources indiquent une production nationale en hausse pour 2024–2025, attendue autour de 2,14 millions de tonnes selon des estimations internationales et nationales reprises par la presse, et des perspectives d’exportations robustes — le volume d’export d’agrumes pour la campagne 2024/2025 a été annoncé proche de 597 000 tonnes, soit un bond considérable attendu par rapport aux campagnes récentes. Ce dynamisme traduit la résilience des bassins exportateurs, notamment dans le Souss-Massa, et l’impact des systèmes d’irrigation localement performants.

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La campagne ne s’est pas pour autant déroulée sans contraintes. Le Royaume reste confronté à un contexte hydrique difficile, marqué par une succession d’années sèches qui pèsent sur la durabilité des ressources disponibles et sur les coûts de production pour les agriculteurs. Toutefois il reste à rappeler la fragilité des réserves et l’importance des stratégies d’économie d’eau, à la fois techniques (irrigation goutte-à-goutte, gestion des réserves) et organisationnelles (soutiens ciblés, encouragement aux pratiques de semis direct). Le programme national de semis direct, lancé pour la campagne et portant sur une surface ciblée (260 000 hectares déclarés à l’ouverture de la campagne), illustre cette volonté de préserver sol et eau.

Sur l’élevage et les filières animales, le bilan est contrasté selon les régions et les systèmes d’exploitation. Les aides ciblées et les dispositifs de compensation ont été mobilisés sur plusieurs fronts, mais la fragilité fourragère et la hausse des charges restent des points de vigilance pour les éleveurs, comme l’ont rappelé les rapports parlementaires et communiqués sectoriels. Les acteurs soulignent la nécessité d’accélérer les mesures d’appui structurel pour renforcer la résilience des élevages face aux aléas climatiques.

Enfin, la campagne 2024–2025 met en lumière l’importance des innovations et de l’adaptation : irrigation localisée, mécanisation adaptée, semis direct et accompagnement technique ont joué un rôle déterminant pour limiter les pertes et améliorer les rendements dans les zones où ces pratiques sont déployées. Les enjeux pour 2025–2026 restent fermes : consolider les gains de productivité, généraliser les pratiques économes en eau, sécuriser les filières d’exportation et poursuivre l’appui aux agriculteurs modestes afin d’éviter une recomposition défavorable des surfaces cultivées.

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La campagne 2024–2025 se termine sur une note positive relative pour le Maroc : reprise céréalicole significative, performances notables de la filière agrumes et un retour à la croissance sectorielle.

Mais cette amélioration coexiste avec des vulnérabilités structurelles, principalement hydriques, qui imposent de maintenir et d’intensifier les efforts d’adaptation et d’appui technique pour protéger les revenus des producteurs.

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