Vers une souveraineté alimentaire africaine : la transition vers les biofertilisants s’accélère

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Vers une souveraineté alimentaire africaine : la transition vers les biofertilisants s’accélère © DR

Face à la dépendance croissante aux engrais chimiques importés, l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA) appelle à un tournant stratégique. Dans une note politique publiée en septembre 2025, l’organisation exhorte les gouvernements africains à initier une transition continentale vers les biofertilisants et biostimulants, présentés comme des leviers clés pour restaurer la fertilité des sols et renforcer la souveraineté alimentaire du continent.

Cette initiative intervient dans un contexte de crise structurelle. Depuis 2021, les prix des engrais synthétiques ont explosé, atteignant parfois une hausse de 300 %. Parallèlement, plus de 75 % des sols africains sont considérés comme dégradés, mettant en péril la productivité agricole et la sécurité alimentaire. Pour AFSA, cette double vulnérabilité économique et écologique impose une réponse systémique.

Contrairement aux engrais chimiques, les biofertilisants et biostimulants offrent une approche régénérative. Ils stimulent la vie microbienne des sols, améliorent la résilience des cultures face à la sécheresse, réduisent la dépendance aux intrants chimiques et favorisent l’émergence d’entreprises locales, souvent portées par des jeunes et des femmes. En somme, ils incarnent une solution « made in Africa » à la crise des fertilisants.

La note politique propose plusieurs recommandations concrètes. Elle invite les États africains à annoncer des plans nationaux de transition, visant à remplacer 50 % des engrais chimiques d’ici 2030. Elle suggère également de réorienter les subventions agricoles vers la production locale de biofertilisants, comme le budget de 40 milliards de francs CFA alloué par le Sénégal. Le développement d’infrastructures pour le compostage, la production d’inoculants microbiens et la formation communautaire est également jugé prioritaire.

Enfin, AFSA insiste sur la nécessité d’harmoniser les normes à l’échelle régionale, notamment via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), afin de faciliter le commerce des biointrants et leur reconnaissance mutuelle entre pays.

Au-delà des aspects techniques, cette transition est présentée comme un changement de paradigme. Il ne s’agit pas seulement de substituer un produit à un autre, mais de repenser en profondeur la relation entre agriculture, sol, économie et souveraineté. En plaçant les biofertilisants au cœur de ses stratégies, l’Afrique pourrait non seulement restaurer ses sols, mais aussi créer des emplois verts, réduire sa dépendance extérieure et bâtir une agriculture plus résiliente.

Le Forum ministériel prévu ce mois-ci au Sénégal sera l’occasion de porter ce débat au plus haut niveau politique. Pour AFSA, l’enjeu est clair : il faut « mener la transition » et non la subir. Le choix des biofertilisants pourrait bien devenir un marqueur de leadership agricole pour les décennies à venir.

Note politique de l’AFSA sur les biofertilisants – FAO

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