Transition agroécologique : six nouvelles conventions pour accompagner les petites exploitations marocaines

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Transition agroécologique : six nouvelles conventions pour accompagner les petites exploitations marocaines © MAP

Six conventions de partenariat ont été signées à Rabat entre l’Agence pour le Développement Agricole et des consortiums d’ONG, dans le cadre du programme IHYAE consacré à la revitalisation des territoires ruraux. Cette initiative, soutenue par l’Union européenne et l’Agence Française de Développement, vise à renforcer la résilience de petites exploitations confrontées à la dégradation des ressources naturelles et aux effets du changement climatique.

La cérémonie, qui s’est déroulée en présence de représentants européens et français, marque le lancement officiel d’un programme doté de quatre millions d’euros sous forme de don, mobilisés pour trois ans. L’objectif est ambitieux puisqu’il prévoit la conversion de huit mille hectares aux pratiques agroécologiques et l’amélioration des performances économiques de deux mille sept cents exploitations familiales. L’accompagnement porte aussi sur la commercialisation des produits issus de l’agroécologie ainsi que sur l’adoption effective de ces techniques par les agriculteurs des régions de Fès-Meknès, de l’Oriental et de Souss-Massa.

La démarche est inédite. Pour la première fois, un appel à projets national associe aussi largement des ONG marocaines et étrangères autour d’un accompagnement structuré des petites exploitations. Cette orientation territoriale, coordonnée par l’ADA, reflète la volonté du ministère de l’Agriculture de promouvoir des solutions adaptées aux réalités locales et de capitaliser sur les compétences issues de la société civile.

Le directeur général de l’ADA, El Mahdi Arrifi, a insisté sur la portée stratégique de ces conventions. Il a souligné qu’il ne s’agit pas d’un acte administratif, mais d’une étape structurante qui traduit une vision commune entre les institutions publiques, les bailleurs et les ONG. Les projets retenus, a-t-il expliqué, se distinguent par leur cohérence, leur ancrage territorial et leur capacité à produire un impact durable dans les zones ciblées. Il a rappelé que la participation des jeunes ruraux et des femmes constitue un levier essentiel pour la réussite de la transition agroécologique, en particulier à travers les formations, les démonstrations et les actions de terrain prévues dans le cadre d’IHYAE.

L’alignement avec la stratégie Génération Green est au cœur du dispositif. Le directeur général de l’ADA a précisé que toutes les actions engagées dans le cadre de cette stratégie accordent une place prioritaire aux jeunes et aux femmes, avec des indicateurs spécifiques obligatoires à respecter pour garantir leur intégration économique.

Du côté des partenaires, l’appui est clairement affirmé. Timothée Ourbak, responsable du pôle nature de l’AFD à Rabat, a salué la convergence des priorités entre l’Union européenne, l’ADA et les ONG, tout en mettant en avant la dimension solidaire de cette initiative. Il a rappelé que l’AFD défend aujourd’hui une vision d’« agriculture de solidarité » pour soutenir les territoires ruraux. Selon lui, le modèle partenarial proposé par le programme IHYAE, articulé autour de la coordination entre les différents acteurs, constitue un vecteur essentiel pour la réussite de la transition agroécologique.

Même tonalité du côté de l’Union européenne. Pour Virginie Coustet, chargée de programme à la délégation de l’UE, l’engagement européen reste ferme pour accompagner la mise en œuvre de Génération Green et soutenir des modes de production capables d’assurer des revenus stables aux communautés rurales les plus vulnérables. Elle a annoncé qu’un nouvel appel à projets consacré à l’entrepreneuriat rural et agricole sera lancé prochainement, renforçant la dynamique actuelle.

La coordinatrice nationale du programme IHYAE, Fatima-Zahra El-Miri, a mis en avant l’importance de cette approche territoriale intégrée pour répondre aux défis structurels auxquels font face les petites exploitations. Elle a souligné la complémentarité entre les acteurs impliqués et la nécessité de mutualiser les ressources financières et techniques afin de maximiser l’impact des projets sur le terrain.

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Dans les régions concernées, la pression sur les ressources devient de plus en plus visible. La dégradation des sols, la perte de biodiversité, les difficultés liées à la gestion de l’eau, mais aussi l’exode rural et la pénurie de main-d’œuvre agricole fragilisent fortement les systèmes de production. La transition agroécologique portée par ce programme vise à apporter des réponses durables à ces enjeux, en privilégiant des techniques permettant d’améliorer la fertilité des sols, de préserver la ressource hydrique et de renforcer la résilience des exploitations.

Avec ces six conventions, le Maroc confirme son ambition de faire de l’agroécologie un pilier de son développement rural. La convergence entre les politiques publiques, les partenaires internationaux et les organisations de terrain ouvre une nouvelle perspective pour des milliers de petits agriculteurs engagés dans la transition vers un modèle plus durable et plus résilient.

Avec MAP

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