Souss‑Massa se prépare à un été brûlant

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Souss‑Massa se prépare à un été brûlant © DR

Une vague de chaleur persistante s’annonce dans la région de Souss‑Massa.

Dès la fin juin, les thermomètres ont grimpé jusqu’à 45 °C dans certains secteurs du Souss‑Massa, ravivant le souvenir de l’été 2023, marqué par un épisode de chaleur extrême culminant à 50,4 °C pendant trois jours d’affilée. Les conséquences avaient été sévères : cultures en souffrance, retard dans la campagne semencière, et une pénurie de graines qui avait retardé le lancement de la prochaine saison  .

À Agadir, où sont implantées de nombreuses fermes maraîchères, les producteurs de poivrons font preuve de vigilance. Obeida Mansour, à la tête d’Universal Peppers, rapporte que les variations de température sont actuellement sous contrôle, grâce au calendrier de plantation bien positionné : la saison précédente s’achevait fin juin, et la nouvelle campagne ne redémarrait qu’au début de juillet, permettant ainsi aux plants d’éviter les pics de chaleur. Cependant, l’attention se tourne déjà vers le mois d’août, période critique pour les récoltes à venir  .

Selon M. Mansour, les solutions agronomiques sont limitées : l’utilisation de serres dites « canariennes » — installation des protections et abaissement des volets — permet de limiter les effets de la chaleur, à condition que les températures ne franchissent pas des seuils extrêmes. En 2023, ces seuils ont été dépassés, avec des répercussions dramatiques : la chaleur intense avait brûlé les jeunes pousses et provoqué un retard d’un mois, en raison notamment d’une pénurie de semences  .

Malgré ces menaces climatiques, les agriculteurs de poivrons avaient réussi à tirer parti d’une forte demande européenne l’an dernier, avec des prix de vente satisfaisants, même si les rendements en avaient souffert. Pour la saison à venir, Universal Peppers introduit de nouvelles variétés : des mini-poivrons « snacking » et des poivrons classiques particulièrement appréciés sur le marché européen, en complément de leur production habituelle de kapi .

Enjeux et perspectives pour la filière

L’enjeu majeur pour les producteurs de la région repose sur leur capacité à anticiper et à atténuer l’effet des vagues de chaleur prévues entre le 10 et le 28 août, période critique correspondant à la récolte hivernale. L’anticipation, la planification des cycles de plantation, ainsi que la maîtrise des outils de protection (serres, ombrières, voiles) constituent les principaux leviers pour limiter l’impact des températures extrêmes.

Plus largement, selon les spécialistes, ce changement climatique radical oblige les filières agricoles à repenser profondément leurs calendriers culturaux, leurs itinéraires techniques et leurs choix de variétés. Les cultures résistantes à la chaleur, l’amélioration de la couverture végétale, et l’irrigation de précision deviennent des priorités stratégiques pour préserver à la fois la qualité et la rentabilité des productions à l’export.

À l’aube d’un été qui s’annonce caniculaire, Soust‑Massa se trouve à nouveau en première ligne. Entre alarmes météo et réponses techniques, la filière maraîchère de la région démontre une résilience notable, mais doit renforcer ses stratégies d’adaptation. Obeida Mansour, comme beaucoup de valenciennes, espère que l’expérience de 2023 aura servi d’électrochoc : « le risque climatique est aujourd’hui permanent», rappelle-t‑il, ajoutant que l’irrigation, la protection des cultures et le choix des dates de semis sont désormais des enjeux de survie pour la filière.

Freshplaza

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