Dans le brouillard des négociations européennes, l’Espagne s’est clairement positionnée : elle rejette les réductions envisagées dans la proposition de réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), estimant qu’elles menacent non seulement sa compétitivité agricole mais aussi la capacité des agriculteurs à faire face aux défis climatiques et géopolitiques. Le ministre espagnol Luis Planas, en charge de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, a exprimé ses réserves lors d’une réunion des ministres européens à Bruxelles, le 22 septembre 2025.
Des coupes prévues, un secteur inquiet
La proposition de la Commission européenne pour la période budgétaire 2028-2034 prévoit une réduction d’environ 20 % des fonds alloués à la PAC par rapport à ceux du cycle 2021-2027 nous apprends Hortoinfo. Cela représente un recul d’importance pour les agriculteurs et les secteurs ruraux qui dépendent largement des aides directes et des subventions au développement rural. Planas a critiqué non seulement le montant proposé, qu’il juge « insuffisant » au regard des enjeux actuels — changements climatiques, hausse des coûts, concurrence mondiale — mais aussi le virage institutionnel qu’il implique.
Parmi les points soulevés par l’Espagne figure la fusion des deux fonds historiques de la PAC : les paiements directs aux agriculteurs et les aides au développement rural. Cette consolidation, selon les critiques, pourrait diluer certaines aides ou les rendre moins visibles selon les régions. Planas argue que des lignes budgétaires sans politique concrète derrière ne sauraient compenser la perte potentielle pour ceux qui comptent sur des soutiens ciblés.
Précautions sur les modalités et impact potentiel sur la compétitivité
La perspective de coupes budgétaires intervient à un moment où le secteur agricole espagnol, comme celui de nombreux pays européens, fait face à des obstacles croissants : stress hydrique, hausse des intrants (énergie, engrais), enjeux de durabilité, et exigences renforcées des consommateurs. Planas craint que réduire le budget alloué à la PAC ne compromette la capacité des producteurs à investir, à s’adapter à la réglementation environnementale, ou à soutenir les marchés export.
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Selon des données provisoires, l’Espagne recevrait environ 37,235 milliards d’euros pour son sur-national (allocation nationale minimale) dans le cadre de la réforme proposée, somme jugée trop faible par Madrid.
Le rejet de la proposition européenne ne marque pas la fin du processus : il s’inscrit dans un cadre de négociation qui s’annonce long et potentiellement difficile. L’Espagne souhaite infléchir certaines dimensions du texte : obtenir une allocation plus élevée, préserver certaines aides historiques, garantir une transition respectueuse des besoins des agriculteurs et renforcer les politiques liées à la durabilité et à la compétitivité.
