Dans les plaines de Bouarg et Zaïo, au sein de la province de Nador, la culture de la vigne connaît une expansion remarquable selon un reportage de Le360. Grâce à l’introduction de nouvelles variétés, la récolte s’étend désormais de juin à décembre, permettant aux raisins de la région d’alimenter les marchés nationaux sur une période prolongée et de s’ouvrir à l’exportation. Ceci malgré les défis !
Le stress hydrique constitue le principal. La pénurie d’eau, aggravée par des conditions climatiques de plus en plus imprévisibles, pèse lourdement sur les exploitants. Selon Mimoun Oussar, président de la Chambre d’agriculture de l’Oriental, « tout le secteur agricole souffre du manque d’eau ». Malgré un apport ponctuel en eau de barrage cette année, les volumes restent insuffisants pour répondre aux besoins croissants des cultures. De nombreux producteurs ont été contraints d’investir dans de petites unités de dessalement afin de rendre l’eau des puits utilisable, une solution coûteuse et limitée.
La vigne, particulièrement sensible au déficit hydrique, en subit les conséquences directes. Kamal Drissi, membre de l’Association des producteurs de raisins dans les provinces de Nador et Driouch, témoigne : « L’an dernier, nous avons vécu une année catastrophique. Faute d’eau, certains ont dû récolter prématurément, ce qui a altéré la taille et la qualité des raisins. »
Outre les contraintes liées à l’eau, les coûts de production représentent un autre obstacle majeur. L’installation d’un hectare de vigne nécessite entre 300.000 et 400.000 dirhams, tandis que les frais annuels dépassent souvent les 80.000 dirhams. La hausse des prix des intrants, en grande partie importés, accentue la pression sur les exploitants.
La filière reste par ailleurs peu structurée. Kamal Aberkani, président de l’association des producteurs, souligne la nécessité de fédérer les acteurs pour obtenir de meilleures conditions d’achat, accéder aux programmes de soutien et sécuriser l’accès à l’eau. Il rappelle également que la filière attire de nombreux investisseurs issus de la diaspora, tout en mettant en garde : « Une seule coupure d’irrigation peut être fatale pour la vigne. »
Face à ces défis, les producteurs, la Chambre d’agriculture et les représentants de la filière appellent à une intervention urgente. La construction d’une station de dessalement de l’eau de mer est présentée comme une solution incontournable pour garantir la pérennité de la viticulture dans la région et préserver des milliers d’emplois agricoles.
Sans réponse rapide et adaptée, l’essor de la vigne dans l’Oriental risque de s’essouffler, compromettant l’un des rares succès agricoles de la province.

