Lors de la conférence annuelle du Conseil international des céréales, Emily Rees, présidente-directrice générale de CropLife International, a lancé un appel fort aux décideurs mondiaux : il est temps d’adopter une politique cohérente et fondée sur la science en matière d’édition génomique pour répondre aux défis alimentaires de demain.
Face à l’instabilité géopolitique, aux pressions climatiques et à la croissance démographique, Rees a souligné que l’innovation agricole — notamment les nouvelles techniques de sélection végétale — est essentielle pour garantir la sécurité alimentaire mondiale. Elle a plaidé pour une coopération renforcée entre les acteurs de la chaîne de valeur, des gouvernements aux entreprises agroalimentaires, afin de faciliter l’accès des agriculteurs aux technologies de pointe.
« Nous devons renforcer les systèmes commerciaux multilatéraux et les organismes de référence comme le Codex Alimentarius, afin de garantir que les évaluations sanitaires et phytosanitaires reposent sur des bases scientifiques solides », a-t-elle déclaré.
Parmi les priorités évoquées figurent la résilience des systèmes agricoles, en particulier dans les pays du Sud, et l’optimisation des ressources grâce à l’agriculture de précision et à l’intelligence artificielle. Rees a également insisté sur la nécessité de surmonter les obstacles réglementaires, tels que les approbations asynchrones et la présence à faible seuil de produits génétiquement modifiés dans les échanges internationaux.
CropLife International, qui regroupe les principaux acteurs mondiaux de la recherche en agriculture, milite depuis plusieurs années pour une réglementation harmonisée des nouvelles techniques génomiques. Selon l’organisation, ces technologies peuvent contribuer aux objectifs du Pacte vert européen en favorisant le développement de cultures plus résilientes et durables.
Alors que les débats sur l’édition génomique restent vifs dans plusieurs pays, l’intervention d’Emily Rees marque un tournant stratégique : faire de l’innovation agricole un pilier central des politiques publiques pour nourrir la planète sans compromettre l’environnement.

