Dans la commune rurale de Guenfouda, province de Jerada, la saison de récolte des figues de barbarie s’ouvre sous le signe de l’optimisme. Malgré les ravages causés ces dernières années par la cochenille, parasite redoutable du cactus, les producteurs saluent une récolte jugée exceptionnelle, fruit d’un travail rigoureux et d’une vigilance constante.
Abderrahmane Tighanimine, exploitant local, témoigne à Le360 de l’effervescence qui anime les vergers : « Nous avons mobilisé 24 ouvriers pour assurer le ramassage et le rythme est bon. La commercialisation a déjà commencé, notamment vers l’Oriental, mais aussi jusqu’à Fès et Casablanca. » Ce regain d’activité contraste avec les années précédentes, marquées par une forte baisse de production due à l’infestation parasitaire.
Les pluies abondantes enregistrées cette année ont également contribué à améliorer la qualité des fruits. « L’eau de pluie reste de loin la meilleure pour améliorer la qualité du fruit, beaucoup plus que l’irrigation régulière », précise Tighanimine, soulignant l’importance des conditions climatiques dans le succès de la campagne.
Du côté des autorités, la lutte contre la cochenille demeure une priorité. Abderrahmane Anaflous, directeur provincial de l’agriculture à Jerada, annonce la mise en terre prochaine de figuiers de barbarie résistants au parasite. « Leur mise en terre débutera dès l’année prochaine, avec l’objectif de réhabiliter plusieurs centaines d’hectares et de valoriser les terres marginales de la province », indique-t-il.
Au-delà de sa résilience face aux conditions climatiques extrêmes, la figue de barbarie s’impose comme un levier de développement rural. Sa faible empreinte hydrique et sa forte valeur ajoutée en font une culture stratégique dans la lutte contre la désertification. Elle génère également des opportunités d’emploi, notamment pour les femmes en milieu rural, et s’inscrit pleinement dans les objectifs du plan “Génération Green”.
Si les prix du fruit restent élevés en raison de la baisse de production, les responsables assurent qu’ils redeviendront accessibles à mesure que les rendements s’amélioreront. « Nous espérons que ce projet devienne une véritable locomotive pour l’économie locale et un modèle de réussite en matière d’agriculture durable », conclut Anaflous.
À Jerada, la figue de barbarie résiste, se réinvente et pourrait bien devenir l’emblème d’une ruralité résiliente et tournée vers l’avenir.

