Le G7 indique avoir mobilisé 2,5 milliards de dollars depuis le début de la crise au Moyen-Orient pour répondre aux perturbations affectant les marchés des engrais et renforcer la résilience des systèmes alimentaires. Présenté le 15 octobre 2026 à Bangkok, ce bilan financier s’inscrit dans le plan d’action adopté en juin dernier, avec une attention particulière portée aux pays africains.
Le financement des approvisionnements en engrais demeure un sujet de préoccupation pour les grandes économies. À l’occasion d’une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G7, organisée le 15 octobre à Bangkok en marge des réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, les participants ont dressé un état des lieux des mesures engagées pour amortir les conséquences économiques de la crise au Moyen-Orient.
Selon le communiqué n°1127 du ministère français de l’Économie, les pays du G7 ont mobilisé 2,5 milliards de dollars depuis le début de la crise, presque intégralement sous forme de dons. Ces financements s’inscrivent dans la mise en œuvre du plan d’action international sur les engrais et la résilience des systèmes alimentaires, avec une priorité accordée à la prévention de nouvelles crises, notamment en Afrique.
Un dispositif destiné à préserver l’accès aux engrais
Le plan d’action adopté en juin 2026 par le G7 et plusieurs pays partenaires répond aux perturbations des chaînes d’approvisionnement en énergie et en intrants agricoles.
Son diagnostic distingue deux problématiques : la disponibilité physique des engrais et la capacité financière des agriculteurs à les acheter. Selon les gouvernements signataires, les difficultés d’accessibilité économique et de liquidité constituent un enjeu central, au-delà des seules contraintes matérielles d’approvisionnement.
Le dispositif repose sur le maintien des échanges commerciaux et des corridors logistiques, le soutien à la trésorerie des exploitations les plus exposées et la mobilisation des instruments des institutions financières internationales.
À plus long terme, il prévoit également de renforcer le suivi des marchés, d’encourager la gestion intégrée de la fertilité des sols et de soutenir le développement de capacités de production locales et régionales d’engrais.
Quelles implications pour le marché africain des engrais ?
Pour les entreprises de l’agrofourniture présentes en Afrique, ce dispositif constitue un signal à suivre en matière de financement des marchés agricoles.
Les mécanismes internationaux pourraient contribuer à soutenir la demande solvable en intrants dans les pays bénéficiaires, notamment lorsque les producteurs rencontrent des difficultés de trésorerie ou que les États disposent de capacités budgétaires limitées.
Toutefois, les 2,5 milliards de dollars annoncés ne correspondent pas nécessairement à des achats d’engrais. Le communiqué ne fournit ni ventilation détaillée par pays, ni répartition par instrument financier, ni volume d’engrais financé.
Pour le Maroc, qui dispose d’une industrie phosphatière et d’acteurs engagés sur les marchés africains de la fertilisation, l’évolution de ces dispositifs mérite une attention particulière. Leur incidence éventuelle sur les débouchés commerciaux dépendra néanmoins des pays bénéficiaires, des modalités d’attribution et des projets effectivement financés.
Des financements déjà mobilisés, et non une nouvelle enveloppe
La précision est importante : le montant de 2,5 milliards de dollars correspond au cumul des financements mobilisés depuis le début de la crise au Moyen-Orient. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle enveloppe intégralement débloquée à l’occasion de la réunion de Bangkok.
Pour les opérateurs du marché des engrais, les prochaines informations déterminantes concerneront la répartition géographique des fonds, les institutions chargées de leur mise en œuvre et les éventuels dispositifs permettant de faciliter les achats d’intrants agricoles.
