Cerises de Sefrou et Imouzzer : une bonne récolte qui ne suffit pas à faire baisser les prix

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Cerises de Sefrou et Imouzzer : une bonne récolte qui ne suffit pas à faire baisser les prix © DR

Alors que la campagne 2026 de la cerise s’annonce globalement favorable dans les bassins historiques de Sefrou et d’Imouzzer, les consommateurs continuent de faire face à des prix élevés sur les marchés. Une situation qui peut sembler paradoxale au regard des volumes produits, mais qui s’explique par plusieurs facteurs structurels affectant la filière.

Les producteurs de la région font état d’une saison satisfaisante grâce à des conditions climatiques propices. Les précipitations hivernales et les températures enregistrées au cours du cycle végétatif ont permis une bonne floraison et un développement correct des fruits. Selon les professionnels locaux, la majorité des vergers affiche cette année des niveaux de production jugés bons à très bons.

Cette dynamique positive n’a toutefois pas concerné l’ensemble des variétés. Certaines cerises précoces ont subi l’impact d’épisodes de brouillard en début de campagne, provoquant localement des pertes pouvant atteindre 40 % selon les producteurs interrogés par Le360.

Malgré cette offre relativement abondante, les prix restent soutenus. La principale explication avancée par les acteurs de la filière concerne l’augmentation continue du coût de la main-d’œuvre agricole. La récolte de la cerise demeure une opération fortement dépendante du travail manuel en raison de la fragilité des fruits et de l’absence de mécanisation adaptée aux vergers traditionnels de montagne.

Selon les témoignages recueillis sur place, le salaire journalier des ouvriers agricoles oscille désormais entre 130 et 160 dirhams par jour. Cette hausse des charges intervient dans un contexte marqué par une raréfaction progressive de la main-d’œuvre rurale, phénomène observé dans plusieurs régions agricoles du Royaume.

Les coûts de récolte, auxquels s’ajoutent les dépenses liées à l’irrigation, à la fertilisation et à l’entretien des vergers, conduisent à un coût de production estimé autour de 10 dirhams par kilogramme. Dans ces conditions, les producteurs commercialisent généralement leur récolte entre 20 et 25 dirhams le kilogramme à la sortie de l’exploitation, avant les marges appliquées par les intermédiaires et les détaillants.

La campagne met également en lumière les écarts de performance entre les différents modèles de production. D’après les données communiquées par les services de conseil agricole de la province, les vergers traditionnels produisent généralement entre 4 et 6 tonnes par hectare, tandis que les exploitations modernisées, bénéficiant d’une meilleure maîtrise de l’irrigation et de la fertilisation, peuvent atteindre jusqu’à 15 tonnes par hectare.

La province de Sefrou consacre près de 560 hectares à la culture du cerisier, avec des variétés reconnues telles que Rainier, Lambert, Cœur de pigeon ou encore Bigarreau Van. Cette diversité permet d’étaler les récoltes sur plusieurs semaines et constitue l’un des principaux atouts de la filière.

Au-delà de la réussite agronomique de cette campagne, la situation actuelle illustre surtout les défis économiques auxquels sont confrontés les producteurs. L’amélioration des rendements et la modernisation des vergers apparaissent de plus en plus comme des leviers indispensables pour préserver la compétitivité d’une culture emblématique du Moyen Atlas, dans un contexte de hausse durable des coûts de production.

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