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ONU prévoit de restaurer 1 milliard de terres agricoles inexploitées
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Des vers de terre envahissants menacent les écosystèmes : une étude inquiétante

Une étude récente, publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution, met en lumière une menace croissante pour les écosystèmes nord-américains : l’invasion de plus de 70 espèces de vers de terre importées. Réalisée par des chercheurs de l’Université de Stanford et de l’Université de la Sorbonne, cette recherche souligne le risque largement sous-estimé que représentent ces vers pour la biodiversité indigène.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : d’après des milliers d’enregistrements et de données recueillis sur plusieurs décennies, les chercheurs ont constaté que 97 % des sols étudiés en Amérique du Nord abritent des espèces exotiques de vers de terre, avec une concentration plus élevée dans les régions nordiques.

Environ 23 % des 308 espèces de vers de terre du continent sont des espèces envahissantes, dont 12 des 13 espèces les plus répandues. En comparaison, seulement 2 % des insectes et arachnides, 6 % des espèces de mammifères et 8 % des espèces de poissons aux États-Unis sont exotiques. Les vers de terre importés sont également trois fois plus nombreux que les espèces indigènes au Canada.

Jérôme Mathieu, professeur agrégé d’écologie à la Sorbonne et auteur principal de l’étude, met en garde contre la négligence de ce phénomène, soulignant que les activités humaines favorisent le développement des espèces exotiques, mettant en péril les vers de terre indigènes.

Bien que les vers de terre soient généralement considérés comme bénéfiques pour les sols, favorisant leur rajeunissement, leur oxygénation et leur fertilisation, les espèces exotiques peuvent avoir des effets dévastateurs sur les écosystèmes locaux. Ils modifient la qualité de l’habitat en consommant davantage de litière de feuilles aériennes que les espèces indigènes, ce qui nuit aux plantes, amphibiens et insectes autochtones.

L’impact sur les forêts de feuillus du nord des États-Unis et du Canada est particulièrement préoccupant, les vers exotiques stressant les arbres et modifiant le microhabitat du sol. Cela entraîne des répercussions sur le réseau trophique, favorisant la propagation de plantes envahissantes et altérant les propriétés du sol telles que les nutriments, le pH et la texture.

Les chercheurs appellent à une vigilance accrue, recommandant l’utilisation de vers indigènes pour le compostage et les appâts de pêche, ainsi qu’une détection précoce des espèces envahissantes. Avec la capacité des vers exotiques à se reproduire sans fécondation par un mâle et l’influence du réchauffement climatique sur leur expansion vers le nord, les experts estiment que cette menace pourrait n’être que la partie visible de l’iceberg.

John Warren Reynolds, co-auteur de l’étude du Laboratoire d’oligochétologie et du Musée du Nouveau-Brunswick, conclut en soulignant que de nombreux autres organismes du sol pourraient avoir été introduits sans que l’on en sache suffisamment sur leurs impacts, faisant de cette étude un avertissement crucial pour la préservation des écosystèmes nord-américains.

Source : Geo
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