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Le Moringa, une culture qui s'adapte aux climats arides.
Le Moringa, une culture qui s'adapte aux climats arides.

Le Moringa, une culture qui s’adapte aux climats arides

Le Moringa, une culture qui s’adapte aux climats arides.

Moringa est un arbre peu exigeant en eau et en matières minérales. Ainsi, son introduction dans un environnement riche en biodiversité est bénéfique à la fois pour l’exploitant et pour l’écosystème environnant. Les diverses potentialités reconnues dans le monde pour Moringa pourraient encourager son développement et son exploitation au Maroc.

Moringa oleifera Lam est un petit arbre, parfois même considéré comme un arbuste ; il mesure en moyenne 4 à 5 mètres mais peut atteindre les vingtaines de mètres et son diamètre peut arriver jusqu’à 3 mètres, selon les lieux et les conditions d’entretien. L’arbre croît rapidement et peut se régénérer par lui-même, après une coupe très sévère.

Jeune arbre de Moringa oleifera (A) et arbre mature de Moringa oleifera (B)

Moringa oleifera s’adapte à des milieux différents ; il se plaît en milieu aride ou semi-aride mais il peut se trouver aussi dans les zones très arides comme le Sahara. Il peut se planter par semis, en repiquage, en plein champ, ou par boutures (Millogo-Koné et al., 2008).

Moringa, feuilles
Moringa, feuilles
Feuilles de Moringa oleifera
Feuilles de Moringa oleifera

 

gousses matures de Moringa oleifera
gousses matures de Moringa oleifera

Principales exigences écologiques de Moringa oleifera (Saint Sauveur et Broin, 2010).

  • Climat : Tropical ou subtropical
  • Altitude : 0-2000 mètres
  • Température : 25-35 °C
  • Pluviométrie : 250 mm-2000 mm. Irrigation nécessaire pour la production de feuilles si pluviométrie < 800 mm
  • Type de sol : Limoneux, sableux ou sablo-limoneux
  • pH du sol : Légèrement acide à légèrement alcalin (pH : 5 à 9)

Usages :

Moringa oleifera possède plusieurs utilisations, ces dernières sont illustrées dans ce qui suit selon les compartiments de la plante:

Consommation humaine :

Les jeunes feuilles sont comestibles et sont couramment consommées cuites, comme des épinards, ou préparées en soupe ou en salade. Elles sont exceptionnellement riches en provitamine A, en vitamines du groupe B et C, en minéraux (et en particulier en fer) et en acides aminés méthionine et cystéine, sources de soufre. Egalement, la composition en acides aminés des protéines contenues dans les feuilles est équilibrée pour l’alimentation humaine.  En plus de cela, les jeunes gousses vertes en haricots et les racines des jeunes plantes sont séchées et réduites en poudre pour relever l’assaisonnement.

Feuilles fraîches de Moringa séparées des branches
Feuilles fraîches de Moringa séparées des branches
Poudre de Feuilles de Moringa
Poudre de Feuilles de Moringa

Fourrage pour l’alimentation animale :

Les qualités nutritives du Moringa sont excellentes, ce qui en fait une source de fourrage de très bonne qualité pour les bovins et facilement accessible. En effet, les feuilles sont riches en protéines, en carotène, en fer et en acide ascorbique, et les gousses ont une teneur élevée en lysine.

D’autre part, le Moringa présente le net avantage de produire une grande quantité de matière fraîche à l’unité de surface par rapport à d’autres plantes fourragères. En effet, le Moringa est une source de fourrage particulièrement intéressante tant en termes économiques qu’en termes de productivité, compte tenu des problèmes que connaissent les éleveurs.

Purification de l’eau :

Les graines de Moringa contiennent 30 à 42 % d’huile, et le tourteau obtenu comme sous-produit lors de l’extraction de l’huile est très riche en protéines. Certaines de ces protéines (environ 1 %) sont des polyélectrolytes cationiques actifs.

Les polyélectrolytes cationiques neutralisent les matières colloïdales dans les eaux boueuses ou sales, puisque la majorité de ces matières ont une charge électrique négative. Ainsi, cette protéine peut donc être utilisée comme polypeptide naturel non toxique pour provoquer la sédimentation des particules minérales et organiques dans les processus de purification de l’eau potable, de filtration de l’huile végétale ou de sédimentation des fibres dans la production de jus de fruits.

Utilisation Industrielle :

Les graines contiennent 40% d’huile, celles-ci sont utilisées comme lubrifiant dans la machinerie fine et dans l’industrie des parfums, comme elle a un potentiel pour être utilisé en tant que biocarburant. De même, elles servent à la fabrication de colorants à partir du bois et de la pâte à papier.

Qualités nutritionnelles du Moringa

L’arbre de Moringa est utilisé pour lutter contre la malnutrition, en particulier chez les nourrissons et les mères allaitantes (Fuglie, 2001). En effet, les feuilles séchées de Moringa contiennent : Par gramme, 4 fois plus de protéines que la viande de bœuf, 3 fois plus de potassium que la banane, 2 fois plus de protéine que le lait, 4 fois plus de calcium que le lait, 4 fois plus de vitamines A que les carottes, 7 fois plus de vitamines C que les oranges (Ramachandran 1980 ; Jideani et Diedericks, 2014).

Elles possèdent également les 10 acides aminés essentiels à l’être humain (Ndonget al., 2007) et sont reconnues au plan mondial comme un excellent complément alimentaire (Anwar et al., 2007). De plus, les graines de Moringa contiennent 40% d’huile et le profil de l’acide gras de l’huile démontre qu’elles contiennent 73% d’acide oléique. Par ailleurs, l’huile de Moringa se rapproche donc d’une huile de qualité supérieure, telle que l’huile d’olive (Ayerza, 2011 ; Adejumo, 2013).

Cependant, ces feuilles contiennent des facteurs anti-nutritionnel tels que : les sucres; craffinose et stachyose qui produisent des flatulences chez les mono-gastriques (Foidl et al.,2001) mais aussi les nitrates, l’oxalate, les saponines et les phytates (Reddy et al., 1982).

Culture :

Les quatre étapes suivantes sont essentielles dans la culture du moringa pour s’assurer que les résultats désirés soient obtenus :

  • Choix du site
  • Préparation du terrain
  • Plantation/semis
  • Entretien de la plantation

Choix du site :

  • Choisir un site dont le sol est bien drainé, afin d’éliminer les excès d’eau et de permettre les échanges gazeux entre l’atmosphère et les particules du sol.
  • Eviter les sols argileux qui deviennent collants lorsqu’ils sont humides ou très durs lorsqu’ils sont secs.
  • Eviter les sols infestés de termites si possible. Le site doit pouvoir  recevoir un ensoleillement maximal.

Toutefois, les sites suivants sont à éviter pour la culture du moringa:

  • Dépôts de rejets industriels en raison de l’absorption de métaux lourds indésirables tels que mercure, arsenic, plomb etc.
  • Décharges en raison de l’absorption de métaux lourds indésirables tels que mercure, arsenic, plomb etc.
  • Sites inondables ou gorgés d’eau en raison du mauvais drainage occasionnant le pourrissement des racines (rizières, argile, lits de rivière, etc.)
  • Sols infestés de termites en raison de la destruction des jeunes plants et des arbres adultes
  • Champs pâturés en raison de la destruction des jeunes plants et des arbres adultes

La préparation du sol, les étapes de plantations/semis et l’entretien de la culture de Moringa seront abordés dans un autre dossier sur AgriMaroc.ma.

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