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L’Afrique peut nourrir le Monde!

L’Afrique peut nourrir le Monde

Cette semaine, Kinshasa capitale de la République Démocratique du Congo (RCD) a vu plus de 400 personnes assister à la 5ème édition de l’Agribusiness Forum. Principalement des acteurs du secteur agricole africain, mais également des investisseurs européens (suisses, belges, français…), israéliens ainsi que des partenaires financiers.

Nourrir 7 milliards d’individus est un enjeu de taille, et l’agriculture africaine en intéresse plus d’un. En effet le défi est simple, produire plus et vite pour absorber une croissance démographie qui verra en 2050, 9 milliards d’individus à nourrir.

Mais comment relever ce défi alors que l’Europe ralentit économiquement avec un vieillissement démographique sans précédent? que l’Afrique est continuellement perturbée par des dérèglements climatiques qui font fluctuer les production agricoles, l’épuisement des terres fertiles… Il semble pourtant que l’Afrique soit la clé de tous ces maux.

La République Démocratique du Congo peut nourrir 3 milliards de personnes…

Le grenier de l’Afrique comme on le surnomme, dispose d’un potentiel hors norme. Un potentiel inexploité qui intéresse les plus intéressés… Selon une étude de la Banque mondiale, la croissance du secteur agricole est quatre fois plus importante que celles d’autres secteurs. Or plus de 80 millions d’hectares de terres arables non encore exploitées se trouvent ici en République Démocratique du Congo. Ce pays peut nourrir quelque 3 milliards de personnes de la population mondiale et 10 % de ce potentiel peut être réalisé dans les années à venir”.

La République Démocratique du Congo peut nourrir 3 milliards de personnes (ph:Ingeta)
La République Démocratique du Congo peut nourrir 3 milliards de personnes (ph:Ingeta)

Le pays en tout cas est engagé dans un processus de modernisation de son agriculture qui doit lui permettre de nourrir ses 73 millions d’habitants mais également les 250 millions autres que comptent la région.

Et pour atteindre cet objectif, les premiers acteurs du maillon restent les petits producteurs. Ces derniers sont à l’image des 80% des populations du continent, lesquels produisent dans des conditions précaires, manquant d’équipements, de semences, d’infrastructures, de plateformes de commercialisation. Le tableau n’est pas totalement noir puisque des progrès significatifs ont été réalisés ces dernières années, mais beaucoup reste à faire.

A commencer par les femmes et les jeunes

Eugenia Serova, directrice au sein de FAO (organisation des Nations-Unis pour l’alimentation et l’Afrique) en est convaincue: “C’est avec l’inclusivité des petits producteurs dans le milieu rural, des PME, des femmes que l’on pourra créer plus d’opportunités”. Et cette voix n’est pas isolée puisque la Fida, une agence spécialisée des Nations-Unies qui se mobilise pour la réduction de la pauvreté dans le monde rural soutient à travers Rasha Omar:  Notre cible principale, ce sont les petits producteurs, en particulier les femmes et les jeunes. Toute une littérature démontre la corrélation entre l’autonomisation économique des femmes et la lutte contre la pauvreté”. Ce dernier va même plus loin Pour l’autonomisation économique des femmes, ce qui marche : l’alphabétisation, l’accès au conseil agricole, la réduction de la pénibilité du travail, l’accès aux services financiers et tout particulièrement l’accès au foncier. Pour les jeunes, il s’agit de rendre le travail moins pénible, ils ne veulent pas subir que ce leurs parents ont suivi, en ciblant les activités à haute valeur ajoutée qui peuvent être concentrées sur de petites surfaces, comme l’ apiculture, la pisciculture ou le maraîchage.” 

Attention à ne pas se vendre tout de même

L’Afrique a vendu pour 100 milliards de dollars de terres depuis 2000. Et même si l’Afrique est en passe de devenir le continent stratégique pour l’agriculture, avec ses 60% de terres non cultivées, elle fait face à un véritable challenge. Celui de protéger son patrimoine foncier, alors que Chinois, Saoudiens ou autres Qataris achètent à tour de bras des terres agricoles, sans réellement participer au développement local des populations.

Des mesures protectionnistes se multiplient en ce sens, le dernier en date est celui de l’Afrique du Sud qui vient d’annoncer récemment que les étrangers ne pourraient plus acheter de terres dans le pays d’ici cinq ans.

AM

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