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La Mauritanie souhaite s’inspirer du Maroc pour l’assurance agricole

Pour le chantier de l’assurance agricole, la Mauritanie souhaite avoir sa place.

Selon différents projets pilotes déjà mis en oeuvre, le concept de l’assurance agricole indicielle gagne du terrain dans le Maghreb et en Afrique de l’Ouest. On connaît déjà les projets divers pour le Maroc (PMV), le Mali (coton, maïs), le Burkina Faso (coton maïs) et le Sénégal (arachide et maïs)… Désormais la Mauritanie souhaite s’inscrire à cette tendance.  Le  choix des  autorités de Nouakchott devrait s’opérer entre deux formules : une entité  à capitaux publics ou une société d’économie mixte.

Généralités du système de l’assurance agricole

Selon les avis concordants de plusieurs spécialistes, ce système d’assurance agricole offre un outil de développement. Il ne repose pas sur des indemnisations liées sur des évaluations directes mais plutôt basées sur des indices climatiques et rendement agrégés, cela permet donc moins de coûts.

Secteur agricole en Mauritanie

Le secteur agricole en Mauritanie souffre déjà de très peu de financements. Le secteur est fortement vulnérable aux expositions des invasions aviaires, canards sauvages, oiseaux granivores, inondations et rongeurs. Ainsi, ces menaces pèsent sur tous les efforts de modernisation, de diversification mis en place par les pouvoirs publics pour la filière.

Sur la base de ces différents éléments, le gouvernement est résolu à mettre en place un système de couverture des risques des opérateurs à travers l’assurance agricole, et à ce sujet, pour son objectif, Mohamed Lemine Ould Naty, directeur du contrôle des assurances au Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat explique qu’il faut « une formule susceptible de couvrir les pertes d’exploitation enregistrées au niveau des cultures irriguées en cas de sinistre, une couverture systématique et proportionnelle aux dégâts subis par chaque assuré ».

Le secteur agricole représente 14,8 % du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays et il occupe 62 % des activités de la population rurale en Mauritanie. Ce secteur est le premier pourvoyeur d’emplois avec 60 % des actifs potentiels. La Mauritanie dispose de 513.000 hectares de terres dont 135.000 hectares dans l’irrigué (sur le fleuve Sénégal). Le système de production par l’irrigué se fait suivant 2 méthodes : irrigué en maîtrise totale de l’eau ou la culture des terres après la décrue naturelle (Walo).

Envisager le système d’assurance agricole en Mauritanie

Une réunion de toutes les compagnies du pays a eu lieu le 11 août 2015 sous l’initiative de Mme Naha Mint Mouknass, Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’artisanat, dont le département exerce la tutelle sur le secteur des assurances. Le but de cette réunion était de recueillir les avis par rapport à la réalisation du projet de l’assurance agricole et aussi de pouvoir dégager une  perspective  de participation au capital de cette future compagnie. Entre prudence et avis mitigés, les compagnies d’assurance sont partagées.

13 compagnies privées ont consigné leurs  diverses réactions dans un document qui relate les avis mitigés qui correspondent aux différentes stratégies et objectifs, capacités techniques et financières de chaque compagnie d’assurance. D’un point de vue général, la majorité des opérateurs du secteur restent toutefois unanimes pour reconnaître l’opportunité et la pertinence de ce projet.

En effet, selon eux, divers avantages et effets pourraient survenir comme comme la sécurisation des investissements,  l’amélioration de la productivité et ainsi l’accroissement de la production, l’augmentation des revenus des populations et ainsi la réduction de la pauvreté, le développement d’un nouveau concept et d’un nouveau produit pour l’assurance, la réduction de la vulnérabilité des agriculteurs ou encore la promotion de la croissance économique dans les régions .

Les assureurs Mauritaniens relèvent quant à eux l’expérience réussie du Sénégal et de celles d’autres pays de la sous région dans le domaine de l’assurance agricole, des avis qui confortent ainsi certaines compagnies dans leur volonté de répondre favorablement à ce projet tout en tenant compte aussi de la spécificité du contexte mauritanien.

La spécificité du contexte mauritanien

En effet, ce contexte est doté de plusieurs faiblesses qui concernent : l’inexistence d’une réglementation en la matière, l’insuffisance du contrôle de l’Etat, l’absence d’une culture de l’assurance, la faiblesse des revus et du niveau de vie des populations cibles, ou enfin l’inexistence d’un personnel qualifié et professionnel.

Ainsi et pour faire face à cette situation, certaines compagnies d’assurances préconisent : «une étude de faisabilité plus approfondie pour établir la pérennité et la rentabilité du projet, l’identification des risques assurables, la mise en place d’une tarification des mécanismes d’indemnisation, le choix du mode de gestion de la couverture-soit directement par les assureurs, ou en partenariat avec l’Etat.  En  cas de  gestion publique l’Etat prend  directement en charge  la couverture. Dans le  système semi public les modalités d’intervention et de participation de l’Etat, ainsi que des autres intervenants, seraient préalablement définies. Alors qu’à travers  l’option d’une gestion privée chaque société pourrait intervenir directement en fonction de ses capacités propres».

L’expérience des voisins et notamment du Maroc

Les autorités mauritaniennes ont dépêché une délégation au Maroc, pays  disposant  d’un système d’assurances agricoles depuis plusieurs années, composée de Mr Mohamed Lemine Ould Naty, Directeur du contrôle des assurances au Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’artisanat et  Dossou Sidi Mohamed, chargé de mission au Ministère de l’Agriculture qui ont pu ainsi s’inspirer des expériences connues. Ils ont visité l’Agence pour le Développement Agricole et ils ont pu ainsi constater des avancées majeures réalisées dans ce domaine.

Ainsi, pour Mr Naty, l’approche adoptée par le Plan Maroc Vert (PMV) a fortement pesée dans le projet de rendre opérationnel le concept de l’assurance agricole comme un maillon très important dans  le développement du secteur.

Au Maroc, la  Mutuelle Agricole Marocaine de l’Assurance (MAMDA) garantit les risques agricoles.
Au Sénégal, un autre pays frontalier de la Mauritanie, existe également la CNAAS, créée en juillet 2008 qui est une compagnie d’assurance spécialisée dans la couverture des risques agricoles,  dont le capital est détenu par l’Etat, les compagnies d’assurances et de réassurances et des privés nationaux.

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