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Oranges le Maroc deuxième fournisseur Espagne
Oranges - Ph : DR

L’Égypte va-t-il remplacer le Maroc en tant qu’exportateur majeur agrumicole ?

Le déclin significatif des exportations d’oranges du Maroc n’est plus à démontrer. Plusieurs facteurs contribuent à cette crise majeure dans le secteur agrumicole marocain. Tout d’abord, les changements climatiques et la pénurie d’eau ont eu un impact dévastateur, avec des températures record en août nuisant aux rendements et réduisant la production ainsi que la superficie de récolte. Cette tendance n’est pas exclusive au Maroc, car d’autres grands producteurs mondiaux, tels que l’Espagne, l’Italie et les États-Unis, font également face à des conditions météorologiques extrêmes.

Pendant que le Maroc fait face aux effets du climat, la concurrence mondiale s’intensifie. Des acteurs tels que l’Égypte et l’Afrique du Sud enregistrent des niveaux record d’exportations, avec les oranges égyptiennes gagnant du terrain sur les marchés autrefois dominés par les produits marocains. La concurrence égyptienne, prévue il y a une décennie, est devenue une réalité, inversant les courbes et reléguant le Maroc au statut de non-dominant sur le marché.

La géographie des exportations marocaines se rétrécit, passant de 54 pays en 2022 à seulement 44 en 2023. Les principaux importateurs, tels que les Pays-Bas, les États-Unis, le Canada, la Mauritanie et la Russie, ont tous enregistré une diminution des livraisons. De plus, les agriculteurs locaux se tournent vers des cultures plus rentables, abandonnant la culture des oranges.

La saison agrumicole marocaine actuelle est marquée par des défis majeurs, notamment des volumes réduits et des calibres trop petits, attribués aux fortes chaleurs et au manque persistant d’eau. Malgré cela, l’Organisation mondiale des agrumes (OMD) prévoit une reprise soutenue de la production d’agrumes dans l’hémisphère Nord, soulignant des conditions climatiques changeantes plus favorables et une demande toujours importante. Cependant, des avertissements persistent concernant les défis climatiques, géopolitiques et économiques.

La question se pose alors de savoir si la production marocaine dans le secteur agrumicole connaîtra un rebond ou si l’âge d’or de cette industrie est révolu. Le déclin des exportations d’oranges au Maroc est présenté comme non seulement un défi local, mais aussi une dynamique mondiale, soulignant l’urgence d’adaptation aux changements climatiques et la nécessité de repenser les stratégies agricoles à l’échelle mondiale.

Quelles perspectives pour l’Egypte, prochain acteur majeur ?

Mahmoud Esawy, responsable des exportations chez Al Wessam Company for Agri Crops, partage son point de vue sur la compétitivité des prix des agrumes égyptiens sur Freshplaza. Selon Esawy, l’Égypte a une position avantageuse en termes de volume et de qualité des agrumes. Il mentionne une abondance de volumes de très bonne qualité, couvrant diverses variétés telles que mandarines, Murcott, citron, orange Navel, orange Valencia et orange Baladi. Cependant, il souligne que malgré cette position avantageuse, les exportateurs égyptiens ne bénéficient pas encore d’une totale liberté en termes de fixation des prix.

Esawy explique que l’objectif est de maintenir des prix compétitifs tout en suivant l’augmentation des coûts de production. Les coûts liés à l’emballage et aux intrants agricoles ont augmenté en Égypte, aggravés par la hausse du taux de change du dollar. Les exportateurs font de leur mieux pour maîtriser les coûts de production et s’engagent à ne pas augmenter les prix de manière inappropriée. L’augmentation des prix est principalement axée sur l’amélioration de la qualité des fruits pour satisfaire les besoins des clients, notamment dans le segment premium.

Le professionnel anticipe une concurrence non seulement avec la Grèce et la Turquie mais également entre les exportateurs égyptiens. Il est optimiste quant à des prix adéquats pour des produits de meilleure qualité et de meilleures dimensions par rapport à la saison précédente. Il estime une augmentation d’environ 10 à 15 % en début de saison par rapport à la même période de l’année précédente, et s’attend à une campagne réussie si la demande reste stable tout au long de la saison.

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