Culture de la tomate au Maroc : plantation, irrigation, fertilisation et protection

Culture de la tomate au Maroc : plantation, irrigation, fertilisation et protection

La culture de la tomate occupe une place stratégique dans le maraîchage marocain, tant pour l’approvisionnement du marché national que pour les exportations. Dans le Souss-Massa, principal bassin de production sous serre, les exploitations doivent concilier rendement, qualité commerciale, gestion de l’eau et maîtrise des risques phytosanitaires. Le choix variétal, l’installation de la culture, la fertigation et la surveillance sanitaire déterminent largement les performances obtenues. Ce guide présente les principales étapes de la conduite agronomique de la tomate au Maroc, en distinguant les systèmes de plein champ, les cultures sous abri et la production hors-sol.

Dossier actualisé le 16 octobre 2026

Où cultive-t-on la tomate au Maroc ?

La tomate (Solanum lycopersicum L.) appartient à la famille des Solanacées. Elle est cultivée au Maroc dans différents systèmes de production, depuis les cultures de saison en plein champ jusqu’aux serres maraîchères orientées vers les marchés d’exportation.

La région du Souss-Massa, particulièrement autour d’Agadir et de Chtouka Aït Baha, constitue un bassin majeur de production de tomates primeurs. Le littoral atlantique, notamment dans les zones d’El Jadida et d’Oualidia, accueille également des productions maraîchères, tandis que d’autres territoires contribuent à l’approvisionnement des marchés selon leurs conditions climatiques et calendriers culturaux.

La conduite technique diffère selon les objectifs. Une exploitation produisant des tomates rondes pour le marché intérieur ne rencontre pas nécessairement les mêmes contraintes qu’une serre destinée à la production de tomates cerises, de tomates grappes ou de segments commerciaux spécialisés.

Cette diversité explique pourquoi aucun calendrier cultural, aucune densité de plantation et aucun programme de fertilisation ne peuvent être généralisés à l’ensemble des exploitations marocaines.

Les exigences climatiques et pédologiques de la tomate

La tomate est une culture de saison chaude, sensible aux températures extrêmes. Son développement dépend notamment de la température, du rayonnement, de l’humidité de l’air et de la disponibilité en eau.

Les températures influencent la croissance végétative, la formation des fleurs, la viabilité du pollen et la nouaison. Une température trop basse peut ralentir le développement, tandis que des épisodes de chaleur excessive peuvent perturber la pollinisation et favoriser la chute des fleurs.

La température optimale dépend du stade de la plante, de la variété et des conditions de production. Les valeurs indicatives ci-dessous servent au raisonnement climatique et ne constituent pas des consignes universelles.

ParamètreRepère agronomique
Température diurneUne plage autour de 20 à 25 °C est généralement favorable à la croissance
Température nocturneDes nuits modérément fraîches, souvent autour de 13 à 18 °C, peuvent être favorables selon le stade
Froid marquéRisque de ralentissement de croissance et de perturbation de la nouaison
Chaleur excessiveRisque de baisse de viabilité du pollen et d’avortement floral
LumièreLe rayonnement disponible influence la photosynthèse et la production
Humidité relativeÀ surveiller pour la pollinisation, la condensation et le développement de certaines maladies

Ces repères doivent être adaptés au cultivar et à la conduite de la serre. Dans le Souss-Massa, la gestion des températures et de la ventilation est particulièrement importante lors des épisodes chauds.

Quel sol convient à la culture de la tomate ?

La tomate se développe favorablement dans un sol profond, suffisamment aéré et bien drainé. La structure du sol est importante pour permettre l’exploration racinaire, la circulation de l’eau et l’oxygénation des racines.

Les sols limoneux ou sablo-limoneux présentant une bonne structure peuvent offrir des conditions favorables. Toutefois, la texture seule ne suffit pas à déterminer l’aptitude d’une parcelle.

Il faut également examiner la salinité, le pH, le drainage, la présence éventuelle de couches compactées et l’historique sanitaire.

Contrairement à une idée parfois répandue, la tomate n’est pas indifférente au pH ou à la salinité. Une salinité excessive peut réduire la croissance et le rendement, tandis que le pH influence notamment la disponibilité des éléments nutritifs.

Avant la plantation, les analyses de sol et d’eau constituent donc une base essentielle pour adapter les interventions.

Comment choisir une variété de tomate adaptée au Maroc ?

Le choix variétal doit répondre simultanément aux conditions agronomiques de l’exploitation et aux exigences du débouché commercial.

Pour les producteurs orientés vers l’exportation, la fermeté, la conservation, l’homogénéité, la présentation des fruits et les critères de qualité imposés par les clients sont déterminants.

Pour le marché intérieur, le choix dépend notamment du type de fruit recherché, de la période de commercialisation, de la qualité gustative et du comportement agronomique de la variété.

Le producteur doit également examiner la vigueur végétative, le comportement en conditions chaudes ou fraîches, la durée du cycle et les résistances génétiques annoncées par le sélectionneur.

Les résistances variétales doivent être examinées attentivement

Les fiches variétales peuvent indiquer différents niveaux de résistance à certains agents pathogènes. Ces mentions doivent être interprétées selon les nomenclatures et les essais propres aux variétés commercialisées.

Une résistance génétique ne signifie pas nécessairement une absence totale d’infection ou de symptômes.

Cette distinction est particulièrement importante face aux viroses et aux maladies du sol. Le choix variétal doit rester associé à des mesures de prévention et de surveillance.

Dans le cas du Tomato brown rugose fruit virus (ToBRFV), les précautions sanitaires restent essentielles, y compris lorsque des variétés présentent des caractères de résistance ou de tolérance annoncés.

Préparer le sol et la serre avant la plantation

La réussite de la culture commence avant l’arrivée des plants.

La préparation du terrain doit tenir compte de la structure du sol et de la présence éventuelle de zones compactées. Le travail mécanique doit être raisonné en fonction des observations de terrain, plutôt qu’appliqué selon une profondeur standard pour toutes les parcelles.

Une analyse préalable permet également d’identifier d’éventuels déséquilibres de fertilité ou problèmes de salinité.

Sous serre, les interventions portent aussi sur le contrôle des équipements de ventilation, l’état des filets de protection, les installations de palissage, la filtration et l’uniformité du système d’irrigation.

L’hygiène des structures doit faire l’objet d’une attention particulière, notamment lorsqu’une culture précédente a été affectée par des maladies transmissibles par contact.

Le nettoyage préalable des surfaces et du matériel facilite l’efficacité des opérations de désinfection adaptées au risque sanitaire identifié.

Rotation culturale et risques telluriques

Les successions répétées de tomates ou d’autres Solanacées peuvent favoriser le maintien de certains agents pathogènes dans le sol.

La rotation avec des cultures non hôtes, lorsqu’elle est techniquement possible, contribue à la gestion de ces risques. Elle ne constitue toutefois pas une garantie contre tous les organismes telluriques.

Les mesures à mettre en œuvre doivent dépendre de l’historique de la parcelle, des résultats d’analyses et des possibilités agronomiques de l’exploitation.

Produire et sélectionner des plants de tomate de qualité

La qualité des plants conditionne la régularité de la reprise et le démarrage de la culture.

Les plants destinés à la transplantation doivent présenter un développement homogène, un système racinaire fonctionnel et un état sanitaire satisfaisant.

La production en plaques alvéolées permet de maîtriser les conditions de croissance, sous réserve d’une bonne gestion du substrat, de l’irrigation, de la température et de l’hygiène.

La durée du passage en pépinière dépend des conditions de production. L’âge du plant, pris isolément, ne suffit pas pour déterminer sa maturité.

Il convient également de vérifier sa vigueur, le développement racinaire, l’absence de symptômes suspects et son aptitude à reprendre rapidement après plantation.

Quel intérêt présente le greffage de la tomate ?

Le greffage consiste à associer une variété cultivée, choisie pour ses caractéristiques commerciales, à un porte-greffe sélectionné pour des qualités particulières.

Selon les associations utilisées, il peut contribuer à améliorer la vigueur racinaire et la gestion de certaines contraintes telluriques.

Le greffage ne supprime cependant pas tous les risques sanitaires et n’exonère pas l’exploitation d’un suivi de la nutrition et de l’irrigation.

L’association porte-greffe et greffon doit être choisie en fonction de la compatibilité, des conditions de culture et des résultats techniques disponibles.

Plantation de la tomate : densité et conduite des plants

La densité de plantation dépend du système de production, de la vigueur variétale, du nombre de tiges conservées, de la durée du cycle et des contraintes climatiques.

Pour comparer des dispositifs de plantation, il est préférable de raisonner en tiges par mètre carré plutôt qu’en nombre de plants uniquement.

Une plante greffée conduite sur deux tiges peut ainsi occuper une place différente dans l’organisation du couvert végétal par rapport à une plante conduite sur une seule tige.

Comment calculer la densité de plantation ?

La densité doit être rapportée à la surface réellement considérée et tenir compte des allées, des espacements et du mode d’implantation.

Prenons un exemple purement géométrique, avec des rangs espacés de 1,5 mètre et des plants distants de 0,4 mètre sur le rang.

La surface théorique par plant est de :

1,5 × 0,4 = 0,60 m²

Soit une densité théorique de :

10 000 ÷ 0,60 = 16 667 plants par hectare.

Ce résultat suppose que toute la superficie est plantée selon cette géométrie. Les allées, zones techniques et espaces non cultivés doivent être déduits lorsqu’ils ne sont pas intégrés à l’espacement retenu.

Il ne s’agit pas d’une densité recommandée pour toutes les tomates sous serre.

Irrigation de la tomate : raisonner les apports selon les besoins réels

La tomate nécessite une alimentation hydrique adaptée à son développement. Les besoins varient selon le climat, le stade végétatif, la charge en fruits, le système racinaire et les conditions du sol ou du substrat.

Un déficit hydrique peut réduire la croissance et perturber le développement des fruits. À l’inverse, les excès d’eau peuvent limiter l’oxygénation racinaire et accentuer certains déséquilibres.

L’objectif est donc d’assurer une disponibilité en eau compatible avec les besoins de la culture, sans imposer un volume fixe pendant toute la campagne.

Calculer l’évapotranspiration de la tomate

L’approche FAO 56 permet d’estimer les besoins en eau à partir de l’évapotranspiration de référence (ETo) et du coefficient cultural (Kc).

ETc = ETo × Kc

Les coefficients suivants constituent des références FAO pour des conditions standard de plein champ.

Stade de la tomateCoefficient Kc FAO indicatif
Stade initial0,60
Mi-saison1,15
Fin de cycle0,70 à 0,90

Source : FAO, Irrigation and Drainage Paper 56, tableau 12. Ces valeurs doivent être adaptées aux conditions réelles et ne sont pas directement transposables à toutes les serres.

Prenons une ETo hypothétique de 5 mm par jour et un Kc de 1,15.

L’évapotranspiration calculée est alors de 5,75 mm par jour, soit 57,5 m³ par hectare.

Ce volume correspond à l’estimation de l’évapotranspiration, et non automatiquement au volume brut à distribuer.

Pour calculer l’irrigation réelle, il faut tenir compte des pluies efficaces, des variations de réserve du sol et de l’efficacité du réseau.

Adapter le pilotage aux serres du Souss-Massa

Sous serre, la demande climatique dépend notamment du rayonnement transmis par la couverture, de la température, de l’humidité et du renouvellement de l’air.

L’utilisation directe de coefficients de plein champ et d’une ETo extérieure peut conduire à une estimation incorrecte.

Les producteurs ont donc intérêt à utiliser des mesures représentatives de l’environnement sous abri, complétées par le contrôle de l’humidité du sol ou du substrat.

La conductivité électrique de l’eau doit également être surveillée, particulièrement lorsque la ressource présente une minéralisation significative.

Fertilisation de la tomate : adapter les apports au sol et au stade de culture

La fertilisation vise à satisfaire les besoins nutritifs tout en évitant les excès, les déséquilibres entre éléments et les pertes par lessivage.

La tomate mobilise plusieurs éléments majeurs, dont l’azote, le phosphore, le potassium, le calcium et le magnésium.

Leur importance relative évolue selon le développement de la plante et la production de fruits.

L’azote intervient dans la croissance végétative. Le potassium joue notamment un rôle dans les fonctions hydriques et physiologiques de la plante, tandis que le calcium participe à la structure des tissus.

Les carences comme les excès peuvent affecter le rendement et la qualité.

Pourquoi il ne faut pas appliquer un programme NPK universel

Deux exploitations cultivant la même variété peuvent présenter des besoins de fertilisation différents.

Les réserves du sol, la qualité de l’eau, le rendement visé, l’exportation des éléments nutritifs et l’efficacité des apports influencent la quantité réellement nécessaire.

Un programme sérieux de fertilisation doit donc s’appuyer sur les analyses disponibles, puis être ajusté selon l’évolution de la culture.

ÉlémentRôle agronomique principalPoint de vigilance
Azote (N)Croissance et fonctionnement végétatifExcès de vigueur et déséquilibres
Phosphore (P)Métabolisme énergétique et développementDisponibilité selon les caractéristiques du sol
Potassium (K)Régulation hydrique et physiologie des fruitsInteractions avec Ca et Mg
Calcium (Ca)Structure cellulaire et développement des tissusTransport vers les fruits et régularité hydrique
Magnésium (Mg)Constituant central de la chlorophylleAntagonismes nutritionnels
OligoélémentsFonctions enzymatiques et métaboliquesDisponibilité influencée par le pH

Fertigation en goutte-à-goutte

La fertigation permet de distribuer les éléments nutritifs par le réseau d’irrigation.

Elle facilite le fractionnement des apports, mais nécessite un contrôle régulier des concentrations, du pH, de la conductivité électrique et du fonctionnement du système d’injection.

En culture hors-sol, la composition de la solution nutritive et le drainage deviennent des paramètres de pilotage particulièrement importants.

Un programme de fertigation doit être spécifique au système de culture et ne saurait être réduit à une recette applicable à tous les producteurs.

Ph : Culture de la tomate sous serre au Maroc, plants palissés en production maraîchère.
Ph DR : Culture de la tomate sous serre au Maroc, plants palissés en production maraîchère.

Palissage, taille et entretien de la tomate sous serre

Sous serre, la gestion du couvert végétal influence l’interception de la lumière, l’aération, l’accessibilité des fruits et la charge de travail.

Le palissage soutient les tiges et facilite les interventions culturales.

L’ébourgeonnage, l’effeuillage et l’écimage sont pratiqués selon la conduite choisie, mais leur intensité dépend de la variété, de la densité, de la vigueur et des objectifs de production.

Un effeuillage excessif peut réduire la surface photosynthétique et exposer les fruits à des conditions défavorables.

Les interventions doivent également intégrer le risque sanitaire lié aux manipulations répétées des plantes. L’hygiène des mains, des outils et des équipements revêt une importance particulière dans les cultures exposées aux virus transmissibles mécaniquement.

Floraison, pollinisation et nouaison de la tomate

La réussite de la nouaison dépend de plusieurs facteurs complémentaires.

La température, l’humidité relative, la vigueur végétative, la nutrition et le fonctionnement du pollen influencent la formation des fruits.

Sous serre, les bourdons pollinisateurs sont utilisés dans certains systèmes pour favoriser la pollinisation.

Leur utilisation nécessite une gestion adaptée aux conditions climatiques de l’abri et aux interventions phytosanitaires, afin de préserver leur activité.

Lorsque la nouaison devient irrégulière, le diagnostic doit examiner l’ensemble des facteurs plutôt que d’attribuer systématiquement le problème à une carence nutritionnelle.

Maladies et ravageurs de la tomate au Maroc

La protection sanitaire constitue l’une des principales difficultés techniques de la culture.

Sous serre comme en plein champ, la tomate peut subir des attaques d’insectes, d’acariens, de champignons, d’oomycètes, de bactéries et de virus.

La nature du risque varie selon les conditions climatiques, les pratiques culturales et la pression locale des organismes nuisibles.

Les principaux problèmes sanitaires à surveiller

Maladie ou ravageurSignes ou dégâts possiblesOrientation de la protection
Tuta absolutaMines foliaires, perforations et dégâts sur fruitsSurveillance, exclusion, gestion intégrée
Aleurodes, dont Bemisia tabaciPrélèvements de sève, miellat et transmission de virusFilets, piégeage, auxiliaires et contrôle des foyers
OïdiumSymptômes foliaires caractéristiques selon l’agent causalGestion climatique, surveillance et protection adaptée
BotrytisNécroses et pourritures sur divers organesHumidité, aération et hygiène
TYLCVJaunissement, enroulement, ralentissement du développementPlants sains, résistance variétale et gestion des aleurodes
ToBRFVMosaïques, déformations et symptômes sur fruitsHygiène renforcée, diagnostic et matériel végétal sain
Maladies racinairesFlétrissement, jaunissement ou dépérissementDiagnostic des racines, du sol et de l’irrigation
Nématodes à gallesGalles racinaires et baisse de vigueurPrévention, diagnostic et gestion du sol

Ces symptômes ne suffisent pas toujours à identifier un organisme responsable. Plusieurs maladies ou désordres abiotiques peuvent produire des manifestations similaires.

Le recours à une analyse en laboratoire peut être indispensable pour confirmer certaines viroses ou maladies telluriques.

Comment raisonner la protection phytosanitaire ?

La gestion intégrée repose sur la prévention, la surveillance, l’identification des organismes nuisibles et l’évaluation des interventions nécessaires.

Les filets de protection, la qualité sanitaire des plants, la gestion des résidus de culture et les auxiliaires peuvent contribuer à réduire la pression sanitaire.

L’application systématique d’insecticides ou de fongicides selon un calendrier fixe, indépendamment de la situation sanitaire, ne constitue pas une recommandation générale appropriée.

Au Maroc, tout emploi de produit phytopharmaceutique doit correspondre à un usage autorisé, en respectant les conditions figurant dans son homologation et sur son étiquette.

L’index phytosanitaire de l’ONSSA permet de rechercher les spécialités enregistrées, notamment selon la culture et l’organisme nuisible. La présence d’une matière active dans la littérature scientifique ne garantit pas son autorisation sur tomate au Maroc.

Les producteurs engagés à l’exportation doivent en outre vérifier les exigences applicables sur les marchés de destination, notamment les limites maximales de résidus et les cahiers des charges contractuels.

Culture de la tomate hors-sol : quels points particuliers ?

La production hors-sol permet de gérer directement une partie importante de l’environnement racinaire à travers le substrat, l’irrigation et la solution nutritive.

Elle ne supprime toutefois pas les exigences de maîtrise climatique, sanitaire et nutritionnelle.

Le choix du substrat doit prendre en considération sa capacité de rétention en eau, sa porosité à l’air, sa stabilité physique et ses caractéristiques chimiques.

La fréquence des irrigations dépend du volume de substrat disponible, de la demande climatique et de l’évolution de la culture.

Le pilotage s’appuie notamment sur les volumes apportés et drainés, la conductivité électrique, le pH et les observations racinaires.

Un taux de drainage universel ne peut pas être recommandé sans connaître la qualité de l’eau, la composition de la solution nutritive et la stratégie de gestion des sels.

Récolte de la tomate : maturité, qualité et conservation

Le moment de récolte dépend de la variété, du marché de destination et des caractéristiques commerciales attendues.

La coloration constitue un indicateur important, mais elle doit être appréciée avec la fermeté, le calibre, l’état sanitaire et la maturité physiologique.

Pour les exportations, les exigences de conditionnement, de traçabilité et de commercialisation imposent une organisation rigoureuse de la récolte et du tri.

La norme CEE-ONU FFV-36 relative aux tomates définit un cadre international de qualité commerciale. Son application doit être appréciée selon les exigences réglementaires et contractuelles du marché concerné.

Les opérations de manipulation doivent limiter les blessures et les contaminations, tandis que les conditions de stockage et de transport doivent être compatibles avec le stade de maturité et le produit commercialisé.

La maîtrise des températures est particulièrement importante, car une conservation inadaptée peut accélérer les pertes de qualité ou provoquer des désordres physiologiques.

Comment améliorer le rendement de la tomate au Maroc ?

L’amélioration du rendement ne dépend pas d’un facteur isolé. Elle repose sur la cohérence de l’ensemble de l’itinéraire technique.

Le choix variétal, la qualité des plants, la disponibilité en eau, la nutrition, le climat de la serre et la protection sanitaire interagissent pendant tout le cycle.

Une augmentation des apports d’engrais ne se traduit pas automatiquement par un gain de production. De même, une irrigation plus abondante peut détériorer l’environnement racinaire lorsqu’elle dépasse les capacités du sol ou du substrat.

La comparaison des performances entre exploitations doit également tenir compte de la durée de récolte, du nombre de tiges, du segment de marché, du système de culture et du pourcentage de fruits commercialisables.

Le rendement agronomique doit ainsi être rapproché du rendement commercial et des charges de production.

Pour les exploitations du Souss-Massa, l’optimisation de l’eau, la maîtrise des conditions climatiques sous serre et la prévention sanitaire occupent une place centrale dans cette recherche de performance.

Questions fréquentes sur la culture de la tomate au Maroc

Quand planter la tomate au Maroc ?

La période de plantation dépend de la région, du système de production, du type de serre et du calendrier de commercialisation. Les programmes de primeurs du Souss-Massa ne doivent pas être transposés directement aux cultures de plein champ d’autres régions.

Quelle densité de plantation choisir pour la tomate sous serre ?

La densité dépend de la variété, de la vigueur, de la conduite en une ou plusieurs tiges et de la configuration de l’abri. Le raisonnement en tiges par mètre carré permet une comparaison plus pertinente des systèmes.

Quelle quantité d’eau faut-il apporter à un hectare de tomate ?

Le besoin dépend de l’évapotranspiration, du stade cultural, du climat et des contributions hydriques disponibles. Une lame d’eau de 1 mm représente 10 m³ par hectare, mais cette conversion ne constitue pas une recommandation de dose.

Quels engrais utiliser pour la tomate ?

Les besoins nutritifs doivent être déterminés à partir des analyses du sol et de l’eau, du système de culture, du stade de développement et des objectifs agronomiques. Aucun engrais ni dosage unique ne convient à toutes les exploitations.

Quelles sont les principales maladies de la tomate ?

Les risques comprennent notamment le mildiou, l’oïdium, la botrytis, certaines fusarioses et plusieurs viroses, dont TYLCV et ToBRFV. Leur importance varie selon les régions et les systèmes de production.

Comment protéger la tomate contre le ToBRFV ?

La stratégie repose notamment sur la qualité sanitaire du matériel végétal, l’hygiène, la limitation des contaminations mécaniques, la surveillance et la confirmation du diagnostic. Aucun traitement phytosanitaire curatif ne permet d’éliminer le virus d’une plante infectée.

Une conduite technique à adapter à chaque exploitation

La culture de la tomate au Maroc ne peut être résumée à un calendrier universel de plantation, d’irrigation ou de fertilisation. Les différences entre plein champ, culture sous serre et production hors-sol nécessitent des approches adaptées.

Dans le Souss-Massa comme dans les autres bassins maraîchers du Royaume, la performance repose sur la capacité à associer données climatiques, analyses agronomiques, observations sanitaires et exigences commerciales.

Pour les producteurs et techniciens, l’enjeu consiste à transformer ces informations en décisions régulières, mesurables et ajustables. C’est cette démarche de pilotage qui permet de rechercher simultanément la productivité, la qualité des fruits et une meilleure maîtrise des ressources.

Sources :

FAO, Crop Evapotranspiration, Irrigation and Drainage Paper 56. Coefficients culturaux et méthodologie de calcul des besoins en eau.
https://www.fao.org/4/X0490E/x0490e0b.htm 
FAO, Crop Water Needs. Exemple méthodologique de calcul de l’évapotranspiration de la tomate.
https://www.fao.org/4/S2022E/s2022e07.htm
ONSSA, Index phytosanitaire officiel. Vérification des spécialités autorisées au Maroc.
https://eservice.onssa.gov.ma/IndPesticide.aspx
ONSSA, Produits phytopharmaceutiques. Cadre marocain d’homologation.
https://www.onssa.gov.ma/intrants-chimiques/produits-phytopharmaceutiques-ppp/
OEPP/EPPO, Tomato brown rugose fruit virus. Fiche scientifique sur le ToBRFV, son impact et les mesures de prévention.
https://doi.org/10.1111/epp.12711
INRAE, Ephytia. Diagnostic et prophylaxie du ToBRFV.
https://ephytia.inra.fr/fr/Contents/view/26498/Tomate-Tomato-brown-rugose-fruit-virus-ToBRFV
CEE-ONU, normes de qualité commerciale des fruits et légumes. Norme FFV-36 relative aux tomates.
https://unece.org/trade/wp7/FFV-Standards

4 commentaires sur « Culture de la tomate au Maroc : plantation, irrigation, fertilisation et protection »

  1. Bonjour je suis fière du professionnalisme du système marocain pour la culture des agrumes. Je suis vraiment intéressé, je suis de la côte d’ivoire, je voudrais reproduire celà dans mon pays. La côte d’ivoire à un climat tempéré et souhaiterais profiter de cette faveur climatique pour sortir toutes l’Afrique de l’autosuffisance alimentaire. Bravo au peuple marocain pour les recherches scientifiques en matière de techniques de culture. Mon visite au maroc m’a laissé une impression de croire qu’on peut sortir du sous développement, l’Afrique à des terres riches et cultivables. Nous pouvons rêver d’un Afrique meilleures…. C’est une question de volonté et de décision politique…

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