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Viande de volaille: Le non-respect des normes sanitaires

Viande de volaille: Le non-respect des normes sanitaires

Non-respect des normes sanitaires dans les abattoirs de volaille.

Le non-respect des normes sanitaires dans l’abattage et la commercialisation de volaille inquiète. En effet, près de 92% des viandes blanches proviendraient d’abattoirs illégaux.

L’Office Nationale de Sécurité Sanitaires des produits Alimentaires (ONSSA) appelle au renforcement des contrôles et sanctions en ce qui concerne le non-respect des normes sanitaires dans l’abattage et la commercialisation des viandes blanches.

Si l’on en croît les chiffres divulgués par l’Office, il existerait seulement 25 abattoirs modernes et aux normes, capables de produire 36 000 tonnes par an. Or, au total 420 000 T sont consommées chaque année au Maroc, ce qui induit que 92% des viandes de volaille proviennent d’abattoirs illégaux dont le nombre s’élève à 15 000.

Dans son dernier rapport concernant les abattoirs de viandes rouges, la Cour des Comptes mentionnait l’insalubrité des abattoirs de viandes rouges dont 45% échappaient aux contrôles sanitaires. Il s’avère que la situation est similaire en ce qui concerne la viande blanche. La majorité des volailles seraient tuées dans les tueries traditionnelles, indique LaVieEco. Tout comme pour la viande rouge, les risques sanitaires sont très élevés lorsque l’abattage ne se fait pas dans les règles imposées. Les abattoirs illégaux présentent des locaux sales, des équipements rustiques, une absence d’hygiène de la part des employés, la cohabitation de poulet vif et de viande fraîche et abats, etc.

Les risques sur la santé du consommateur marocain  sont d’autant plus grands que la quasi-totalité des restaurants collectifs s’approvisionnent sur le marché informel, et ce pour la viande blanche comme pour la viande rouge.

Un risque économique

En plus des risques sanitaires, la filière avicole fait face à des risques économiques. La filière s’est très bien développée au niveau de l’amont. On y trouve des usines de nutrition, des couvoirs et des élevages, tous agréés. La production de viande blanche couvre les besoins nationaux. Toutefois, l’anarchie de l’abattage et de la commercialisation menace tout l’équilibre de la filière.

D’abord, la filière souffre d’un manque à  gagner en raison de la mauvaise organisation de l’aval. Ensuite, l’Etat ne touche aucune recette fiscale de la filière avicole en raison de l’omniprésence du secteur informel. Et puis, en cas d’épidémie, le manque de rigueur sanitaire entraînerait des dommages conséquents sur l’ensemble de la filière. Les autorités seraient contraintes de stopper le secteur dans sa totalité plutôt qu’une région ou ville, comme cela se fait en Europe. Rappelons que la filière avicole génère un chiffre d’affaire de 30 milliards de Dh et assure 360 000 emplois.

Autorité de l’ONSSA

Pour veiller à la bonne application des normes d’hygiènes, il y a nécessité de mettre en application les lois en vigueur. Toutefois, l’ONSSA, qui est chargée des contrôles sanitaires, rencontre de nombreux obstacles. Tout d’abord, notons que l’Office n’est pas en habilitée à contrôler les « tueries traditionnelles » qui n’ont, bien souvent aucune existence juridique : elles ont de simple autorisation de vente et ne sont pas supposées procéder à l’abattage.

En ce qui concerne la restauration collective, l’ONSSA est autorisée à effectuer des contrôles mais ne peut pas procéder à la sanction des établissements. Son autorité se résume à la confiscation des denrées impropres à la consommation.

En avril 2017, un contrat-programme a été signé entre le gouvernement et les différentes fédérations et associations des filières avicole et bovine. Il vise, dans un premier temps, à moderniser quelques 2 300 tueries et 3 300 boucheries grâce à une subvention de 30 000 Dh.

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