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Riad Ouahtita: « La viande de lapin est de plus en plus appréciée »

La viande de lapin est de plus en plus appréciée par le consommateur qui fait attention à son alimentation.

La cuniculture au Maroc a connu une croissance modérée ces dernières années grâce au développement de l’élevage et à la forte demande de la population marocaine, qui consomme de plus en plus la viande de lapin, vue sa grande valeur nutritionnelle. Mr Riad Ouahtita, président de la coopérative Al Alan El Filahi et cuniculteur, nous parle plus en détails, dans cette interview exclusive, de l’évolution de l’élevage cunicole au Maroc et des différentes contraintes du secteur.

Agrimaroc.ma : Pouvez-vous nous parler de la filière cunicole au Maroc et de sa situation actuelle ?
Riad Ouahtita: "La viande de lapin est de plus en plus appréciée"Riad Ouahtita :
Au Maroc, l’élevage cunicole connait une évolution modérée ces dernières années en termes de modernisation d’élevage et de consommation de viandes de lapin (0,7 Kg/an/personne). Cette viande est bonne pour la santé en raison de ses qualités nutritionnelles : apports énergétiques très modérés (environ 170 kcal/100g contre plus de 200 kcal/100g pour le bœuf), faible teneur en graisses (10% contre 25% pour la viande bovine) et apport protéique équivalent au bœuf.

Aujourd’hui, la viande de lapin est de plus en plus appréciée par la population qui fait attention à la qualité de son alimentation. Elle peut être cuisinée de plusieurs manières et elle est consommée par toutes les classes sociales au Maroc et en Afrique.

Malheureusement, le secteur cunicole souffre d’un manque d’associations bien structurées pour encadrer et promouvoir la filière. Il existe une seule association nationale des cuniculteurs, créée en 2000, mais elle n’est pas très active en ce qui concerne les projets, formations pour les éleveurs, salons… Des stratégies de développement doivent être mises en œuvre pour assurer une bonne conduite et une traçabilité des élevages ainsi que pour inciter à la consommation de cette viande.

Agrimaroc.ma : Quelles sont les races existantes au Maroc ?
Riad Ouahtita :
Les races qui existent au Maroc sont : Papillon, Géant des Flandres, Néo-zélandais, Agent crème, Californien, etc. Il existe aussi des croisements entre les races locales et les races citées précédemment.

Agrimaroc.ma : Quelles sont vos recommandations pour démarrer un projet d’élevage cunicole ?
Riad Ouahtita :
L’élevage cunicole fait partie des microprojets du domaine agricole au Maroc. Le démarrage d’une production de lapins ne s’improvise pas car la cuniculture demande des planifications technique et économique rigoureuses. Le lapin est un animal très sensible aux conditions climatiques et sanitaires et au régime alimentaire. 50% de la réussite du projet dépend de la bonne hygiène de l’élevage !

Agrimaroc.ma : Quelles sont les maladies existantes au Maroc ?
Riad Ouahtita :
Les maladies des lapins qui existent au Maroc sont :

– Enterotoxemie : C’est une maladie très grave qui cause de nombreux déboires aux éleveurs de lapins. Due à des déséquilibres alimentaires et digestifs, elle entraîne la pullulation de germes qui se mettent à sécréter une toxine très active. L’entérotoxémie provoque une mort très brutale, en 2 à 3 jours. Elle se développe chez des bêtes de tout âge, mais elle est surtout fréquente chez les lapines allaitantes.

– Myxomatose : La myxomatose est un virus très résistant et mortel chez le lapin. Elle se transmet par les puces, les moustiques, mais aussi par contact génital, oculaire, ou via le partage de litière entre plusieurs lapins (le virus reste dans les excréments). La myxomatose ne se transmet ni à l’homme, ni aux autres animaux.

– VHD : La maladie hémorragique virale du lapin (VHD) est une maladie virale fortement mortelle et contagieuse pour le lapin. Aujourd’hui, il existe des vaccins contre le VHD. Toutefois, un nouveau variant de la maladie est apparu en France il y a quelques années : le VHD2. Il s’est propagé rapidement en Europe et menace le cheptel cunicole marocain car les éleveurs du Royaume importent du matériel d’élevage d’occasion depuis l’Europe. Les organismes responsables de l’encadrement du secteur doivent agir afin de faire face à ce nouveau variant du virus. Malheureusement, l’absence d’associations et de représentants du secteur rend ce genre de situation difficile à contrôler : les éleveurs sont ne sont ni guidés ni conseillés.

AgriMaroc.ma : Quel message aimeriez-vous faire passer à travers Agrimaroc.ma ?
Riad Ouahtita :
Je tiens à vous remercier vivement pour votre intérêt à mettre en évidence cette filière qui est en pleine évolution. Malgré un manque de structuration, des efforts ont été observés à travers la modernisation et l’implication des jeunes cuniculteurs qui ont recours à des expériences issues d’autres pays tels que la France,  l’Egypte, l’Espagne, pour développer l’élevage local.

La demande en viandes de lapin évolue de plus en plus chez les consommateurs marocains mais il reste encore un travail de communication à faire pour mettre en avant cette viande. Par exemple, nous ne trouvons pas d’émissions de télé ou d’articles qui mettent en valeur cette viande pour encourager les gens à en consommer. Elle est pourtant si bonne pour la santé ! Il faut aussi développer la valorisation des sous-produits des lapins (cuire, fourrure, etc) et mettre en place des points de vente spécialisés dans la commercialisation de viandes de lapin.

Merci à Monsieur Riad OUAHTITA. Propos recueillis.

* Ce contenu est la propriété d’AgriMaroc.ma. Toute demande de reproduction, partielle ou complète doit être formulée à contact@agrimaroc.ma

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