Accueil / Cahier Technique / Tomates: Bien gérer la fertilisation et l’irrigation
newsletter agrimaroc.ma
Tomates: Bien gérer la fertilisation et l’irrigation

Tomates: Bien gérer la fertilisation et l’irrigation

Bien gérer la fertilisation et l’irrigation des tomates.

La tomate est la culture maraîchère la plus importante au Maroc. Elle a généré 4 867 MDh de chiffre d’affaires en 2016 grâce aux exportations. Face aux défis climatiques, hydriques ou encore sanitaires que rencontre cette culture, il est important de veiller au bon déroulement de chaque étape. La fertilisation et l’irrigation sont des facteurs clefs pour le développement des cultures de tomates. Voici quelques indications qui vous guideront pour bien gérer l’irrigation et la fertilisation de vos plants de tomates.

Irrigation

La première chose à ne pas négliger, est la fréquence de l’arrosage. L’irrigation doit se faire en continue pour préserver la vigueur des plantes et la qualité des fruits formés. Une irrigation fréquente est aussi un bon moyen de lutter naturellement contre la pourriture apicale. L’irrigation au goutte-à-goutte est un bon moyen d’avoir un apport en eau fréquent tout en faisant face aux défis liés à la rareté des ressources hydriques au Maroc.

Les 3 phases physiologiques de la tomate nécessitent un apport différent.  De la plantation à la 1e floraison, la phase de croissance est lente, les besoins en eau sont donc peu élevés (25% des besoins globaux en eau).  De la floraison à la maturation, la phase de croissance est rapide, les besoins en eau sont plus élevés (50% des besoins globaux).  En fin de récolte, les besoins en eau se réduisent (25% des besoins globaux). Le sol doit toujours être porté à sa capacité aux champs.

Avec un équipement de type pompe doseuse et bacs, la fertigation peut être optimisée et réalisée facilement et efficacement. En effet, les apports d’eau et d’éléments minéraux suivront une cadence ce qui permettra aux cultures de tomates de bien se développer. De plus, cette technique réduit les pertes de fertilisant par lessivage.

Fertilisation

Les doses de fertilisants à apporter sont déterminées en fonction du rapport d’analyse chimique qui détermine les richesses et carences du sol. Ensuite, ayant pris connaissance des caractéristiques du sol, il est possible d’évaluer à titre prévisionnel les besoins de la culture. Il est possible de les estimer grâce à la formule suivante :

Besoins = rendements x exportations pas unité de rendement

En moyenne, au Maroc, les exportations en kg /tonne de tomates produites sont :

  • Azote (N) = 2,5 kg/T
  • Phosphate (P2O5) = 0,9 kg/T
  • Potasse (P2O) = 5 kg/T
  • Calcium (CaO) = 3 kg/T
  • Magnésium (MgO) = 0,7 kg/T

Les besoins de la plante en éléments nutritifs varient en fonction du stade du cycle cultural. Comme évoqué précédemment, on distingue trois stades :

  • La phase végétative : les besoins en Ca, Mg, N et P sont importants,
  • De la floraison à la maturation, c’est la pleine charge : la plante a des besoins considérables en K,
  • En période de cueillette : il faut veiller à maintenir un bon équilibre entre les différents éléments car le système racinaire de la plante se renouvelle.

Pour bien ajuster la fertilisation en fonction des besoins de la plante, il est fortement recommandé d’exercer un suivi agronomique et d’effectuer fréquemment des contrôles de la conductivité du sol, son pH et son pilotage de l’azote.

La conductivité électrique (CE)

La conductivité doit être ajustée en fonction des conditions climatiques et du stade du cycle cultural des plants de tomates. En général, au Maroc, la valeur recherchée se situe entre 0,5 et 0,8 mS/cm. Varier le taux d’injection de fertilisant dans l’eau d’irrigation permet d’ajuster la conductivité. Au début de la phase végétative, la CE apportée doit mesurer 1,2 à 1,5 mS/cm contre 2,5 à 3 mS/cm à la fin de cette phase. En été, la CE doit être basse alors qu’au contraire, l’hiver elle doit être élevée.

Le pH

Le pH idéal pour les tomates se situe entre 5,8 et 6,2. Il est toutefois difficile d’obtenir une telle valeur avec un sol alcalin sans le dénaturer. Dans ce cas précis, il faut simplement faire un apport de solution au pH d’environ 6 afin de rapprocher au maximum le pH local de la valeur idéale. Le maintien du pH se fait grâce à de l’acide ou, par remplacement partiel, avec de l’azote nitrique (NO3 ) par de l’azote ammoniacal (NH4).

Le pilotage de l’azote

Chaque semaine, la teneur du sol en azote nitrique (NO3) doit être contrôlée. L’apport au sol, si nécessaire, en NO3 doit être corrélé avec l’apport foliaire. Pour tester les besoins de la plante, il faut prélever la première feuille complètement développée en partant de l’apex (qui est la première feuille jeune adulte). Les résultats doivent être comparés aux normes préétablies afin d’apporter le bon dosage d’azote nitrique.

Les symptômes des carences en éléments minéraux

Le suivi agronomique, le contrôle de la croissance et des défauts sur les fruits et feuilles permettent de détecter les carences en éléments minéraux. Les principaux symptômes visibles sont les suivants :

  * Symptômes sur la plante Symptômes sur le fruit
Azote + Végétation excessive,

Mauvaise floraison,

Carence en fer.

Fruit creux,

Retard de maturation.

Feuilles jaunâtres et petites,

Les feuilles âgées tombent.

Fruit de petite taille.
Phosphore + Carence en fer et zinc,

Système racinaire excessif

Acidité faible,

Fruit de mauvaise qualité,

Nécrose apicale.

Folioles courbés vers le bas,

Couleur violacée sur le dessous des feuilles en bas de la plante et sur les tiges.

Défaut de coloration.
Potassium + Décoloration à cause du blocage du magnésium. Goût et couleur intenses.
Feuilles grisâtres puis apparition de tâches,

Inter-nervures décolorées puis nécrose,

Ces symptômes apparaissent d’abord sur les jeunes feuilles adultes.

Défaut de coloration,

Apparition de tâches,

Collet jaune accentué,

Fruit de mauvaise qualité.

Calcium + Tissus rigides. Apparition de points dorés.
Feuilles : petite taille et s’enroulent,

Nécrose marginale,

Apex meurent,

Sensibilité aux maladies vasculaires.

Nécrose apicale.
Magnésium + Risques de carence en calcium.  
Feuilles âgées jaunâtres,

Nécrose et flétrissement des zones carencées.

Nouaison en baisse,

Petits fruits.

*Carence (-) et Abondance (+)

Avec Fruits et Légumes du Maroc et Agriculture du Maghreb.

Regardez aussi

fraise-pourriture-grise-botrytis

Botrytis: La pourriture grise de la fraise

Le Botrytis ou pourriture grise de la fraise. Le Botrytis, communément appelé « pourriture grise » est …

Chargement...