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Tomates: Bilan négatif de la campagne de production et d’exportation

L’APEFEL annonce un bilan négatif de la campagne de production et d’exportation de la tomate (2017-2018).

L’Association Marocaine des Producteurs et Producteurs Exportateurs de Fruits et Légumes (APEFEL) informe le grand public sur le bilan négatif de la campagne de production et d’exportation de la tomate (2017-2018).

Une campagne vraiment inhabituelle sur plusieurs niveaux !

Le démarrage pendant l’été 2017 a été caractérisé par des températures très élevées qui ont atteint les 49°C. Par conséquent, les semis au niveau des pépinières et les plantations des serres coïncidant avec cette période ont connu des pertes générales très importantes (échec de greffage, retard des livraisons des plants, chute des premiers bouquets et plusieurs programmes de plantations ont été reportés…). Ainsi, la campagne d’exportation a enregistré un retard d’une dizaine de jours.

Après ce mauvais démarrage à chaud, c’était le tour du froid ! Nos cultures ont vécu un hiver très long et exceptionnel, avec des températures très basses qui ont freiné et réduit naturellement le niveau de production qui n’a pas dépassé les 200 kg/ha au lieu de 800 kg/ha à peu près quand les températures sont clémentes.

Ces mauvaises conditions climatiques exceptionnelles étaient à la source des défauts de qualité des fruits, et cela s’est répercuté négativement sur les prix à l’export qui ont enregistré des niveaux très bas par rapport à une campagne normale. Des cotations de « l’origine Maroc » déjà pénalisées d’une part, par une concurrence rude qui bénéficie de la proximité, et d’autre part par la faible logistique maritime des marchés lointains, notamment la Russie qui a souffert cette année de suspension de quelques lignes, des retards de départ et d’un transit-time allongé dépassant le shelf-life de la tomate.

Des contraintes et difficultés auxquelles s’ajoutent les barrières tarifaires relatives aux conditions et prix d’entrée, et celles non tarifaires instaurées récemment par l’UE : L’ensemble des fruits et légumes marocains destinés à ce marché est soumis depuis janvier 2018 au certificat phytosanitaire avec un contrôle physique de 5% pour le cas de la tomate.

Quant au marché local de gros, depuis le mois de janvier et nos prix de vente sont dérisoires, ne couvrant même pas les charges de production qui ne cessent pas de flamber continuellement. L’opacité et la multiplicité des intermédiaires restent les principales problématiques, et ceci induit un écart énorme, atteignant parfois 200 à 300%, entre le prix des producteurs et celui proposé aux consommateurs finaux. Cette énorme marge pourrait être réinvestie équitablement et rationnellement au profit de l’ensemble des acteurs et maillons de la chaîne de valeur.

 

Lahoucine ADARDOUR, Président de l’APEFEL

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