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Rose à parfum de Kelaât M'Gouna: progrès et enjeux de la filière

Rose à parfum de Kelaât M’Gouna: Progrès et enjeux de la filière

Progrès et enjeux de la filière de la rose à parfum de Kelaât M’Gouna au Maroc.

La rose à parfum de Kelaât M’Gouna est un produit du terroir marocain à fort potentiel. Elle compte parmi les 5 produits agricoles classés « AOP » au Maroc. Si son activité à beaucoup évolué ces dernières années, la filière peine toujours à briller et est confrontée à de nombreux enjeux.

Un marché juteux

La filière de la rose de Kelaât M’Gouna est dotée d’un fort potentiel. Elle est reconnue aux niveaux national et international pour son eau, son huile essentielle, sa concrète et tous ses produits dérivés.

Utilisée par les plus grands parfumeurs, la rose fait face à une forte demande et des prix grimpants. Actuellement, l’huile essentielle est le produit dérivé le plus couteux avec un prix allant de 5 000 à 7 000 euros le kilo. La concrète se vend jusqu’à 1 600 euros le kilo. L’eau de rose se vend un peu moins cher : 100 à 120 dh sur le marché national. Elle n’en est pas moins rentable puisqu’il s’agit d’un résidu obtenu lors de l’extraction de l’huile essentielle. L’eau de rose permet la valorisation de 100% de la rose, étant un résidu, elle coûte peu voir rien à produire et un seul kilo de rose peu donner jusqu’à 2,5 litres d’eau de rose ! Un autre aspect de la rose à parfum dont la demande est grandissante est le pétale de rose fraîche dont le prix est passé de 9 Dh à 20 Dh le kilo.

Malgré son caractère à priori très rentable, la filière de la rose à parfum rencontre des difficultés à se développer au Maroc. Plusieurs facteurs entre jeu…

La filière de la rose à parfum au Marocvallee-dades-cueillette-roses

La rose à parfum est tout particulièrement cultivée dans la vallée de Dadès. Elle occupe 3 250 km soit 800 ha. A l’origine, les rosiers étaient plantés pour séparer les parcelles agricoles et non dans le but d’être cultivés et valorisés. Ceci explique que les rosiers soient plantés de façon linéaire sous forme de clôtures.

Jalal Charaf, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de la rose (FIMAROSE) précise à l’Economiste : «La rose ne bénéficie donc d’aucune attention particulière, ni pour l’irrigation ni pour l’entretien de la plante. Chose qui n’est peut-être pas aussi négative qu’on peut le croire, puisque ceci a permis à la rose de M’Gouna de rester un produit 100% issu de la culture biologique».

Le premier obstacle dans la valorisation de la filière de la rose est donc d’ordre humain. Remédier à la méconnaissance des bonnes pratiques de la culture et de la valorisation constitue un enjeu primordial au développement de la filière. C’est dans cette optique que des programmes de valorisation ont été mis place.

PMV et contrat-programme

En 2011, dans le cadre du pilier I du Plan Maroc Vert (PMV), le premier programme de valorisation de la filière de la rose de Kelaât M’Gouna a été établi. Sous l’égide de l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole de Ouarzazate (ORMVAO), le projet, budgété à 52,4 millions de dh,  pour une mise en application de 2011 à 2016, vise à augmenter le rendement de l’activité et améliorer les revenus des agriculteurs. C’est ainsi que le secteur qui était estimé à 28 millions de dh enregistre maintenant 68 millions de dh. Le projet a réalisé : l’extension des superficies sur 100 ha (sur 400 ha prévus), la réhabilitation des 800 ha existants, l’aménagement des seguias sur 4,2 km et la construction de la maison de la rose (avancement de 85%).

«Concernant l’équipement, 7 unités de distillation d’une capacité de 7 000 litres ont été mises en place au profit des coopératives et associations locales, et 5 ont été acquises, avec un appui technique de la part de l’Office», explique Salah Aghezzaf, de l’ORMVA de Ouarzazate.

Un contrat-programme sur la période 2012-2020 a également été signé entre FIMAROSE et l’Etat pour un montant de 100 millions de dh dont 83 millions sont portés par l’Etat et 17 millions par la profession. Ce contrat-programme a pour but d’augmenter la superficie de rosiers, la quantité de pétales de roses produite et celle d’eau de rose naturelle. Le développement de la filière joue des rôles socio-économique, touristique et culturel.

Avec: L’Economiste

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