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Les maladies du tournesol

Guide des maladies du tournesol.

Le tournesol est la principale culture oléagineuse au Maroc. De plus, le secteur des oléagineux est stratégique pour le royaume depuis la libéralisation de la filière, initiée en Mai 1996. Toutefois, de principaux problèmes se posent à la culture du tournesol (sol, semis, ravageurs, date d’apport d’engrais, etc…). Dans ce qui suit, nous détaillerons les principales maladies qui touchent la culture du tournesol.

Les maladies du tournesol sont assez nombreuses et peuvent se montrer assez redoutables pour les récoltes. Certaines d’entre elles sont apparues très récemment et sont impossibles à combattre par fongicide.

La sclerotinia

Cette maldie est certainement la plus redoutable des maladies du tournesol. Elle est causée par sclerotina sclerotiorum, un champignon qui attaque principalement les cultures de colza et de tournesol. Ce champignon est capable de se conserver pendant plusieurs années (6 à 10 ans) dans le sol, sous forme de sclérotes. Pour les tournesols, jusqu’à 50 % du rendement de la récolte peut être perdu.

Elle peut attaquer toutes les parties de la plante. Elle se caractérise par l’apparition d’une pourriture, puis de dépôts blancs, jusqu’au flétrissement. Ces symptômes, aisément reconnaissables, sont observables en parcourant la parcelle :

  • L’attaque du collet du tournesol est due à l’invasion du champignon par la racine. Elle provoque une tache de pourriture humide, puis une accumulation progressive de dépôts blanchâtres, entraînant le flétrissement, et l’apparition de nouveaux sclérotes.
  • Lorsque la Sclerotinia touche le bouton du tournesol, les jeunes feuilles l’entourant, au stade 6-8 feuilles, ont d’abord été contaminées. Des zones de pourriture sont visibles, plus le bouton est détruit.
  • Concernant les feuilles et les tiges, la zone malade évolue en pourriture de couleur grise se nécrosant, puis en dépôts blancs, entraînant le flétrissement et la cassure de la tige.
  • Les siliques du colza deviennent blanches et se dessèchent.
  • Les attaques du capitule du tournesol sont très destructrices. Au moment de la floraison, le champignon colonise le dos du capitule puis la fleur, qu’il détruit entièrement. On parle d’un aspect de « balai de sorcière », lorsque seules les fibres desséchées subsistent.

L’humidité, des températures douces, favorisent le développement de Sclerotina sclerotiorum. Les attaques du capitule du tournesol ont lieu en particulier pendant des épisodes pluvieux.

La lutte contre la Sclerotina est difficile. Elle est peu efficace sur le plan agronomique, et la lutte phytosanitaire, en prévention, doit être raisonnée.

Les parties du tournesol ne sont pas résistantes de la même façon face à Sclerotina sclerotiorum. Il n’existe pas de produit fongicide approprié pour annihiler les épidémies de Sclérotinia : il est nécessaire d’utiliser des moyens prophylactiques.

L’orobanche

L’orobanche est une petite plante herbacée qui peut atteindre au maximum de sa croissance une hauteur de tige de près de 50 centimètres.

L’orobanche cumana, qui s’attaque aux racines du tournesol et qui vampirise ses ressources en eau et sels minéraux, est constituée d’une tige jaunâtre et de feuilles parfois blanches, parfois bleues, parfois violacées, selon le contexte infectieux.

La plante, qui ne contient pas de chlorophylle, prolifère très rapidement en raison de ses nombreuses graines disséminées largement au gré du vent. Elles restent dans le sol pendant dix ans et peuvent repousser d’autant leur pourvoir de germination.

Généralement, la plante se développe en sous-sol à proximité du tournesol et se branche littéralement sur sa racine pour pomper petit à petit toutes ses ressources.

Son évolution suit un cursus classique inhérent à toute plante : des graines de très petites tailles, qui donnent de jeunes pousses ; s’en suit une période de floraison avant d’atteindre à maturité, la germination.

Nanisme, retard de croissance et absence de floraison touchent alors la culture de tournesol. Littéralement asséché, appauvri, le pied risque une disparition complète.

Une parcelle contaminée peut être ravagée quasiment entièrement.

Ce parasite apprécie le climat tempéré, sans pour autant apprécier les zones à fortes précipitations. Il se développe plus rapidement en cas de stress hydrique du pied de tournesol.

Généralement, cette plante parasite se développe entre mars et avril, à la période de floraison. Avant ce cycle, il est pratiquement impossible de détecter sa présence, les fleurs apparaissant assez tardivement (de la fin de l’hiver à la fin du printemps).

Le phoma 

Le phoma Macdonaldii est un champignon mycélium niché dans les résidus de culture, qui gangrène le tournesol en libérant ses spores durant l’hiver. Il est donc responsable de cette maladie très courante appelée phoma, qui sévit en particulier sur le collet du colza et de ses racines. Il entraine alors un dessèchement de la base et ralenti et appauvri très sérieusement la croissance de la plante. L’ampleur épidémique peut alors condamner près de 50 % la culture.

Le Phoma peut également apparaitre sur les feuilles et les tiges, se manifestant par des tâches noires. Là encore, même si elle sera moins importante que dans le cas d’une attaque des collets, une perte de rendement de la récolte pourra atteindre les 5 quintaux par hectare.

Cette maladie devra être anticipée par des mesures agronomiques adaptées.

Le mildiou

Pendant des décennies, les variétés de colza ont su se protéger des attaques des champignons nuisibles composant les différentes formes de Mildiou. Mais au XXIe siècle, la maladie constitue un problème grave pour le tournesol parce qu’elle a elle-même développé de nouveaux germes qui ne sont plus simplement endiguer par des moyens agronomiques. Aujourd’hui, une attaque grave de Mildiou peut carrément dévaster des champs en entier.

En outre, la période de contamination est assez vaste : une invasion très tôt dans le cycle entraînera une fonte des semis tandis qu’une invasion plus tardive provoquera le nanisme (en partie) de la plante. Il est nécessaire de traiter les semences.

Avec wikiagri

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