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Les maladies cryptogamiques de la betterave sucrière
Les maladies cryptogamiques de la betterave sucrière - photo:DR

Les maladies cryptogamiques de la betterave sucrière

Tout ce qu’il faut savoir sur les maladies cryptogamiques de la betterave sucrière.

La superficie emblavée par la betterave sucrière au Maroc est d’environ 60 000 ha, produisant 3 millions de tonnes des racines. Il existe des dizaines de maladies cryptogamiques qui infectent cette culture, mais dans le cadre de ce dossier technique, nous nous contentons d’aborder celles qui peuvent engendrer des dégâts d’importance économique.

Dans le cas des attaques graves par la cercosporiose, se produisent des pertes pouvant atteindre 30% de sucre/ha

La Cercosporiose de la betterave à sucre.

Le symptôme caractéristique de la cercosporiose, Cercospora beticola,  est l’apparition sur le limbe des feuilles matures de petites taches rondes, marrons claires, quelques fois entourées d’un anneau marron sombre ou rouge. Les différentes réactions des variétés conditionnent la taille et la couleur de la tâche.

Dans le cas des attaques graves par la cercosporiose, se produisent des pertes pouvant atteindre 30% de sucre/ha. Dans le cas des attaques légères, les pertes sont autour de 10%.

Dans la lutte contre cette maladie cryptogamique, procédez à l’application d’un fongicide systémique approprié à partir de la première tâche observée. Le traitement doit être répété. La rotation est recommandée également comme technique culturale de lutte contre la cercosporiose.

Oïdium : Les pertes peuvent atteindre 30%.

Pour contrôler l’Oïdium, le moment d’application des fongicides, aussi bien les produits systémiques que le soufre, est critique.

L’Oïdium (Erysiphe betae) de la betterave est un parasite strict. Il se maintient en vie sur des feuilles de betteraves vivantes. Ce champignon cause des pertes de rendement variables selon les années. La température de développement optimale du mycélium est de 20°C et l’alternance de périodes humides et sèches favorise la formation des conidies. Il existe une considérable variabilité génétique en ce qui concerne la sensibilité des variétés. Les pertes en sucre/ha peuvent atteindre jusqu’à 30%. Dans le cas d’une pression modérée de la maladie, se produisent des pertes de l’ordre de 10% de sucre / ha.

Pour contrôler l’Oïdium, le moment d’application des fongicides, aussi bien les produits systémiques que le soufre, est critique. Il faut les appliquer dés apparition des premiers symptômes. Dans le cas de la persistance de la maladie, il faut répéter le traitement en respectant l’intervalle indiqué.

 Ramulariose : Un optimum de développement à 17°C.

La ramulariose (Ramularia beticola) est une maladie du feuillage de la betterave. Elle peut se développer à des températures assez basses avec un optimum à 17°C. Les taches apparaissent après deux semaines de multiplication du champignon dans la feuille. Les spores de Ramularia beticola résistent à l’hiver et restent un certain temps en vie sur les déchets de la culture.

La Ramulariose peut causer jusqu’à 10 % de perte de potentiel en sucre et baisse de rendement en racines.

Taches brunâtres plus ou moins étendues avec bordures plus sombres, localisées généralement sur les bords du limbe. Apparition de ponctuations blanches (conidiophores). Les tâches peuvent s’agrandir, confluer et provoquer le brunissement et le dessèchement total des feuilles touchées.

La Ramulariose peut causer jusqu’à 10 % de perte de potentiel en sucre et baisse de rendement en racines.

Rhizoctonia violacea : Aérez le sol et procédez à une rotation.

C’est une maladie responsable du flétrissement des feuilles. Au niveau de la racine apparaissent des taches superficielles de couleur violette et plus ou moins étendues. Dans le cas d’attaque grave, la racine est pourrie totalement. Rhizoctonia violacea est  un champignon du sol, morphologiquement similaire à Rhizoctonia solani, mais sa croissance est beaucoup plus lente et le mycélium mûr prend une couleur violacée spécifique. Il Se conserve dans le sol sous forme de sclérose et en conditions favorables, Il récupère sa croissance.

Il est favorisé par une mauvaise structure du sol : température élevée du sol, sol riche en calcium et/ou en humus ou à PH élevé.

Ce champignon ne produit pas des dégâts importants dans la culture, sauf dans des cas exceptionnels. Il est donc conseillé d’adopter une rotation adéquate, une aération du sol et des contrôles de mauvaises herbes des cultures antérieures.

En cas d’attaque par la pourriture blanche, une rotation adéquate est recommandée en évitant des cultures sensibles comme le tournesol, la carotte et la tomate.

Pourriture blanche : Attention à l’humidité du sol.

La maladie, causée par Sclerotium rolfsii, provoque un flétrissement, d’abord temporel, et ensuite permanent. Elle produit également la pourriture des racines qui se couvrent d’un grossier mycélium cotonneux sur lequel apparaissent de nombreuses scléroses sphériques. Ces dernières sont, au début, blanches puis marron claires et ensuite sombres à la maturité. Les scléroses sont les organes de résistance du champignon : elles vivent dans le sol et servent comme source d’inoculum. Elles sont disséminées par les engins de culture et  l’eau d’irrigation. La maladie est favorisée par l’humidité élevée du sol et par les températures élevées.

Sclerotium rolfsii peut produire des pertes qui peuvent atteindre jusqu’à 80 % de perte dans des parcelles fortement attaquées.

En cas d’attaque par la pourriture blanche, une rotation adéquate est recommandée en évitant des cultures sensibles comme le tournesol, la carotte et la tomate.

N’oubliez pas le concept de la lutte intégrée !

Avant toute utilisation de produit chimique, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement, conformément aux principes de la protection intégrée.

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