Accueil / Technique / Cahier Technique / La culture de l’aubergine au Maroc

La culture de l’aubergine au Maroc

La culture de l’aubergine.

L’aubergine est originaire d’Asie (Inde, Birmanie). Elle appartient à la famille des solanacées. C’est une culture très ancienne; elle n’a pas connu de changements depuis 2-3 mille ans : les plantes décrites par les anciens auteurs sont presque les mêmes que celles que nous connaissons de nos jours. 

Plante et importance de la culture au Maroc

L’aubergine (Solanum melongena) est une plante vivace mais qui se comporte comme plante annuelle. Dans les pays tropicaux, c’est une plante vivace, sous forme d’arbuste.  La qualité nutritive du fruit est moyenne; elle est comprise entre celle du poivron et celle de la tomate. Au Maroc, la culture est pratiquée au Souss-Massa, Rabat, Gharb et un peu partout dans le pays.

Exigences au milieu

L’aubergine est relativement exigeante en éclairement, probablement au regard de son origine écologique. Elle est également exigeante en chaleur et s’avère très sensible au vent. En hiver, l’étiolement de la plante peut être maîtrisé par une taille adéquate et par une réduction de l’alimentation en eau et en azote. Cela explique son bon comportement en serre de zone très septentrionale comme en Hollande.

Ses exigences en eau sont importantes et nécessitent un dispositif d’irrigation (consommation estimée à 2,5 litres d’eau/plante à la fructification ; besoins évalués à 6000-7000 m3/ha). Zéro végétatif à 12-13°C (végétation) et 15°C (racines), croissance, production de pollen et fructification optimales entre 15 et 30°C. Une bonne nouaison est assurée en contre saison lorsque sont réunis les facteurs de fertilité florale (bonne production de pollen, utilisation de bourdons) ou existe une aptitude naturelle à la parthénocarpie (fructification sans fécondation). La préférence sera donnée aux sols profonds se réchauffant vite et se ressuyant bien. La plante a un bon comportement aux concentrations salines relativement élevées (2,5 g de NaCl pour 1000).

Variétés, semis et plantation 

Les variétés utilisées au Maroc sont diversifiées mais ne présentent pas de résistance à la plupart des maladies. La plus utilisée est la Black Beauty. La multiplication de l’aubergine se fait exclusivement par plant, même en culture de plein champ (saison ou primeur). Les plants doivent être produits en pépinière afin de réussir la culture. L’entretien de la pépinière est le même que pour le poivron. La graine est petite (200-250 graines/gramme). Le pouvoir germinatif se conserve 5 à 6 ans. Les dates de semis sont les suivantes:

– Culture d’arrière-saison (serre ou plein champ): semis en Juillet.
– Culture de primeur (plein champ): semis en Janvier-Février.
– Culture de saison (plein champ): semis en Mars-Mai.
– Culture sous serres: semis en Octobre-Décembre.

L’installation de la culture est la même que pour le poivron. Les soins culturaux sont également les mêmes (préparation du sol, plantation, fumures, irrigation, fertigation, palissage, tuteurage, ébourgeonnage, traitements phytosanitaires …etc.).

Travail du sol

Le travail du sol consiste en un labour ou bêchage à 20-25 cm suivi de façons superficielles, mais limitées le plus possible. Actuellement, une technique est à l’étude (méthode Wens – Mussler) consistant à travailler le sol avec des outils à dents sur une faible profondeur (10-15 cm), en association avec une planche haute permanente.

Irrigation

En plein champ ou sous abri plastique, il est recommandé d’apporter 50 % de l’ETP jusqu’au début de la floraison, 60 à 70 % au grossissement des premiers fruits puis 80 à 100 % de l’ETP ensuite. En raison de la sensibilité de l’espèce à l’asphyxie, l’irrigation par localisation est recommandée.

Fertilisation et désherbage

La réussite de la fertilisation en AB repose sur le maintien d’une bonne activité biologique du sol (optimisation des 3 facteurs eau-air-température agissant sur les micro-organismes), de l’utilisation d’engrais et amendement de qualité, et sur une gestion des doses basée sur les analyses de terre et d’intrants.

La fumure organique sera apportée juste avant la plantation et incorporé superficiellement. En fonction des analyses de sol, on pourra apporter :
– 15 à 20 t/ha de compost (par exemple à base de fumier de bovin)
– 1 t/ha d’engrais organique complet type 6-3-13, une moitié à minéralisation rapide (à base de guano, fientes de volailles, farine de plume) et l’autre moitié à minéralisation lente (à base de corne ou de tourteau de ricin).

Cette fertilisation suffit pour couvrir les besoins de l’aubergine ; néanmoins, en cas de nécessité, un apport de 20-30 unités/ha d’azote à base de guano ou de vinasse de betterave (avec ce dernier produit, toujours faire suivre d’un arrosage) pourra être effectué.

Il est préférable de repiquer les plants sur paillage plastique, voire sur paillage tressé. Le paillage plastique peut
avoir un effet thermique intéressant, que le paillage tressé n’aura pas. De plus, un peu de désherbage manuel sera nécessaire pour l’entretien des passe-pieds et des trous du plastique.

Ravageurs et maladies 

De nombreux ravageurs de l’aubergine s’attaquent également à la tomate. Néanmoins, l’aubergine y est nettement plus sensible. Parmi ces ravageurs, on trouve : les acariens, les aleurodes, les doryphores, les pucerons et les nématodes.

Afin de surveiller les vols de parasites, des panneaux jaunes englués dans la culture pourraient être installer; ce type de piégeage permet de repérer très tôt les attaques et donc d’agir au bon moment. Avec des panneaux plus grands, et en battant les plantes, on peut également effectuer du piégeage curatif (aleurodes, thrips), mais cela entraîne aussi la destruction d’auxiliaires. Si des lâchers d’auxiliaires sont effectués, il ne faut utiliser aucun insecticide.

Pour éviter les maladies de l’aubergine, il faut toujours aérer correctement les serres (mieux vaut un excès d’aération qu’un manque) et éviter toute fertilisation azotée excessive.

Récolte

Les fruits sont fermement attachés à la plante; il est recommandé d’utiliser un sécateur ou un couteau pour effectuer la récolte. Celle-ci doit être effectuée régulièrement afin de favoriser la fructification sur les ramifications. Le nombre de cueillettes peut atteindre 15-20 fois. Le rendement varie beaucoup en fonction de la variété, de la région de production, du type de la culture et de son entretien. Il peut atteindre 40 T pour la culture de plein champ et 80 -150 T pour la culture sous serre.

Source : maraibo.fr et agrisud.org

Regardez aussi

La rouille jaune du blé

La rouille jaune du blé.  Au début de l’année 2017, l’organisation des Nations Unies pour …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *