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Insectes: Alimentation du futur pour le bétail ?

Insectes: Alimentation du futur pour le bétail ?

Les insectes seraient-ils l’alimentation du futur pour le bétail ?

Pollution, pénurie d’eau, gaz à effet de serre, etc, sont sujets de nombreux débats actuels. Parmi eux, on trouve également la problématique de la surpopulation prévue dès 2050 et surtout, comment nourrir cette population grandissante ? A cette question, beaucoup de chercheurs répondent « les insectes ». Si l’être humain n’est pas encore prêt à remplacer son steak de bœuf par un duo de grillons, les insectes sont tout de même une solution… pour nourrir le bétail !

Pourquoi changerait-on le mode d’alimentation du bétail ?

Produire la nourriture dédiée aux animaux nécessite des végétaux mais aussi un apport en protéine, souvent comblé par la farine de poisson. Or, produire du poisson  est couteux en temps, en argent et en alimentation. En effet, selon les rapports de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), pour 10 kg de nourriture fournie à un bœuf, il produit 1kg de viande. Pour résumer, la chaîne alimentaire est beaucoup trop longue et coûte beaucoup à notre planète. Il est donc impératif de trouver une source d’alimentation qualitative et moins coûteuse pour rassasier le bétail.

Pourquoi utiliser des insectes ?

Les insectes représentent une alternative idéale. D’abord, ils possèdent de nombreuses qualités nutritionnelles (protéine, calcium, magnésium, etc), mais ils sont aussi très faciles à produire.

Prenons exemple du grillon, insecte phare des nombreuses recherches scientifiques. Chaque femelle pond une centaine d’œufs en quelques jours. En 10 à 13 jours, les œufs éclosent puis 8 à 10 semaines plus tard, les grillons deviennent adultes. Au total, il faut donc entre 9 semaines et demi et 13 semaines au plus pour élever une centaine de grillons. En plus, cet insecte est très peu gourmand en eau et nourriture. Quelques gouttes d’eau suffisent à un élevage entier et l’alimentation est à base de flocon de végétaux (blé, avoine, fruit ou légume). Le grillon consomme presque autant d’aliment qu’il en produit : pour produire 9kg de grillon, il faut 10kg de nourriture (flocon de végétaux). Un autre avantage est la faible production de CO2 : pour un grillon elle est de 0,09g de CO2 pour 1 Kg de masse corporelle contre 7,08g pour un bœuf. De plus, l’élevage de grillon ne nécessite que très peu de place. Contrairement au bétail qui a besoin d’espace, les insectes sont de très petite taille et aiment être confinés.

Des chercheurs africains se penchent sur la question

C’est dans cette optique que des chercheurs d’Afrique de l’est ont élaboré une farine d’insecte à la fois nutritive et peu coûteuse à tous les niveaux.

Une initiative de recherche multi-bailleurs a été lancée au Kenya et en Ouganda afin de développer une alimentation animale à base d’insectes. Le projet, intitulé « intégration d’insectes aux aliments pour la volaille et le poisson en Afrique Sub-saharienne » (INSFEED) est mené par des chercheurs au Centre International de physiologie et d’écologie des insectes.

Si les chercheurs veulent introduire les insectes dans l’alimentation c’est pour de bonnes raisons. En effet, les insectes ont de meilleures qualités nutritionnelles que la farine de poisson actuellement utilisée : ils sont riches en protéines brutes, en acides gras polyinsaturés, vitamines, minéraux, etc.

L’alimentation à base de poisson d’argent représente 60 à 70% du coût de production pour l’élevage de volailles et poissons en Afrique. C’est pourquoi 91% des aviculteurs et 85% des pisciculteurs sont prêts à utiliser de la nourriture à base d’insectes.

Dans le cadre du projet, 75 éleveurs ont été formés à la culture des insectes, notamment la mouche bleue Calliphora qui est très présente en Afrique de l’est. Toutefois, 320 000 T d’insectes seront nécessaire pour remplacer 5% de la farine de poisson, ce qui nécessitera un élevage de masse et donc davantage de formation.

Avec L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et la l’Agriculture (FAO) et Agriculture du Magghreb

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