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Année de forte sécheresse en Espagne

Année de forte sécheresse en Espagne

Cette année est la plus sécheresse que l’Espagne est connue depuis 5 ans.

L’année 2017 a été avare en précipitation en Espagne, prolongeant une situation de sécheresse que vit la péninsule ibérique depuis déjà quelques années, avec des répercussions aussi bien sur l’économie que sur l’environnement.

En effet, l’absence de pluies pendant une grande partie de l’année se fait sentir aussi bien dans le taux de remplissage des barrages, inférieur à la moyenne des dix dernières années, affectant l’irrigation et la production hydroélectrique, ainsi que dans l’aggravation des incendies de forêts qui ont ravagé de vastes superficies en printemps et en été.

La dernière année hydrologique en Espagne, qui a commencé le 1er octobre 2016 et a pris fin le 30 septembre dernier, a été tout simplement la plus sèche des cinq dernières années, avec un déficit de pluies de près de 13% par rapport à la moyenne, si l’on tient compte d’une période de référence allant de 1981 à 2010.

Entre début octobre 2016 et fin septembre dernier, l’Espagne a enregistré près de 547 litres de précipitations par mètre carré, contre une moyenne normale de 628 litres, confirmant ainsi une tendance à la baisse, puisque l’année hydrologique 2012-2013 avait enregistré 840 litres, qui sont passés à 666 en 2013-2014, à 632 en 2014-2015 et à 612 en 2015-2016, selon les chiffres de l’Agence étatique de météorologie (AEMET).

Malgré les tempêtes qui se sont abattues en décembre et janvier derniers sur le sud-est de la péninsule et les îles Baléares, le cumul des pluies étaient fin janvier inférieur de 18 % aux valeurs normales. Et malgré d’autres épisodes d’intempéries, le déficit hydrologique s’est maintenu et s’est même aggravé après un printemps particulièrement sec et l’été suivant, même s’il a été plus humide que d’habitude.

Cette mauvaise pluviométrie se reflète naturellement sur les barrages, dont les réservoirs ont visiblement baissé de niveau au fil des années, à l’image du réservoir du barrage de Mansilla, dans La Rioja (nord), dont le niveau a tellement baissé l’été dernier qu’il est devenu possible de se balader dans les rues d’un ancien village qui avait été submergé par les eaux en 1960.

Le taux de remplissage des barrages espagnols se situait fin novembre dernier à 36,7% de leur capacité totale, avec un volume d’eau de 20 575 hectomètres cubes (hm3), en baisse de 193 hm3 par rapport à la semaine dernière (-0,3%), selon le ministère de l’Agriculture, de la pêche, de l’alimentation et de l’environnement.

Ce volume d’eau stocké derrière les barrages est inférieur à celui enregistré à la même période de l’année dernière (28.167 hm3) et très en deçà de la moyenne des dix dernières années (30 504 hm3).

Les bassins hydrauliques les plus touchés par la sécheresse sont ceux du fleuve Segura, qui enregistre un taux de remplissage de 13,2%, du fleuve Jucar (24,9%) et du Guadalquivir (31,1%), des bassins qui se trouvent dans une situation inédite depuis la sécheresse de 1991-1995.

Face aux critiques sur les carences de la politique de gestion de l’eau, la ministre Isabel Garcia Tejerina a affirmé, récemment devant le Sénat (chambre haute du parlement), que le gouvernement agit depuis le début de la sécheresse pour minimiser l’impact du manque d’eau sur l’ensemble du territoire espagnol, et qu’il continuera dans ce sens jusqu’à la limite du possible.

La ministre avait affirmé, auparavant, que l’approvisionnement en eau potable est assuré «jusqu’à la fin de l’année», tout en relevant toutefois qu’il faudra, compte tenu des niveaux «très bas» des réserves, «ajuster les quantités d’eau destinées aux activités économiques».

Devant le manque de pluies, «la seule chose que nous pouvons faire est de gérer de la meilleure manière possible ce que nous avons», a-t-elle dit, notant que le gouvernement effectue une planification et un suivi continu dans le but d’assurer l’approvisionnement de la population.

En ce qui concerne le secteur agricole, le ministère a obtenu auprès de l’UE d’avancer le paiement d’aides en faveur des agriculteurs, pour un montant global de 3 milliards d’euros, dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC).

Le gouvernement a également réduit certaines taxes et financé des crédits en faveur des agriculteurs, avec des subventions allant jusqu’à 100% des avals concédés par la Société anonyme étatique de caution agraire (Saeca).

Le nouveau cycle de sécheresse, que l’année 2017 n’a fait que confirmer, a donné encore plus d’écho au débat autour des changements climatiques, en perspective de l’élaboration du futur Pacte national de l’eau et de la loi sur le changement climatique et la transition énergétique.

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