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La culture du pêcher au Maroc

La conduite du pêcher au Maroc.

Au Maroc, la culture du pêcher s’étend sur une superficie de 4 500 ha pour une production de 55.000 T. C’est un secteur caractérisé par une grande diversité de variétés et une adaptation très étendue. Les zones de production sont principalement : Meknès, Ifrane, Khénifra, Boulmane, Gharb et Beni-Mellal. 

Le pêcher de Missour est cultivé depuis très longtemps (avant l’époque romaine). Ayant toujours été multiplié par semis, et en l’absence de possibilité de croisement avec d’autres génotypes, ces pêchers ont fini par avoir un taux d’homozygotie élevé. L’homogénéité de ses plants et l’absence de qualités pomologiques performantes ont orienté son utilisation comme porte-greffe.

Selon les caractéristiques du fruit, il y a trois formes de pêcher de Missour :

Maloussi: Noyau adhérent et Chair ferme avec Amandon amer;
Farouki: Noyau libre et Chair fondante avec Amandon amer;
Lahloua: Noyau libre et chair fondante avec Amandon doux.

Exigences agro-climatiques 

Le pêcher présente de très larges gammes variétales adaptées aussi bien aux climats froids septentrionaux qu’aux hivers doux. Les floraisons des pêchers européens peuvent résister à des températures de (-16°C) à (- 24°C) si le froid est précédé par plusieurs jours d’adaptation à (-2°C) à (-6°C). La dormance est levée après une durée de 1000 à 1200 h de températures inférieures à 7,2°C pour les variétés de pêches européennes et 100 à 450 h de froid pour les pêches Californiennes et Floridiennes.

Après nouaison, le jeune fruit ne peut supporter des températures inférieures à (- 1°C). Au cours de la croissance du fruit et jusqu’à sa maturité, une atmosphère peu humide et ensoleillée est favorable au développement et à la bonne coloration du fruit. Une atmosphère humide au printemps est favorable au développement de la Cloque, de l’Oïdium, du Monilia, du Coryneum, du Botrytis etc…

Le pêcher est sensible au Crown gall et au Capnode. Un sol profond, bien drainé, d’une texture moyenne est favorable pour le développement des pêches et nectarines. La stagnation d’eau au cours de la phase de croissance peut entraîner l’asphyxie des racines et la mort des plants. Le pH du sol doit être de 5,8 à 6,8. Les sols trop acides et/ou salins ou sodiques doivent être évités.

Variétés du pêcher 

L’INRA dispose de la gamme variétale la plus large en matière de pêcher. En 1994, 176 variétés de pêcher étaient rassemblées en collection à la station expérimentale d’Aïn Taoujdate. Parmi d’autres variétés introduites et cultivées, celles à chair jaune sont les plus dominantes. On peut citer entre autres : Elrise, Primerose, Springtime, Spring crest, Starcrest, Spring gold et Mayrose.

Travail du sol 

Un labour de défoncement d’une profondeur de 60 cm est recommandé pour améliorer la perméabilité du sol et son aération. 2 à 3 passages annuels du disque ou d’instruments à dents de préférence permettent de maintenir le terrain propre.

Désherbage 

Le désherbage chimique doit être mené avec prudence, le pêcher étant sensible au contact des herbicides. Le Bromacil et la Butraline sont utilisés en tant qu’herbicide de pré-émergence. Les herbicides de contact sont le diquat et le paraquat.

Fumure

  • Fumier décomposé = 10 T/ha
  • N = 150 u/ha dont 2/3 avant floraison et 1/3 au grossissement du fruit.
  • P205 = 50 u/ha
  • K20 = 150 u/ha
  • Mg = 50 u/ha tous les 2 ans.

Éclaircissage

L’éclaircissage est une nécessité chez le pêcher qui est une espèce très fertile. On éclaircie avant la chute complète des pétales chez les variétés les plus précoces. Pour les variétés tardives et de saison, on éclaircie à partir du durcissement du noyau (soit 10 à 20 jours après la pleine floraison). On supprime les fruits doubles, les fruits à l’intérieur de l’arbre et on ne laisse que 5 à 6 fruits par rameau mixte. On laisse un fruit tous les 12 à 15 cm. L’éclaircissage chimique est possible avec l’acide gibberellique, mais les doses (50 à 80 g/1000 l d’eau) et les périodes d’application doivent être déterminés localement.

Maladies et ravageurs du pêcher 

Deux groupes de maladies à virus sont fréquentes chez le pêcher : les viroses à Ring Spot ILAR et les Ring Spot NEPO. Les maladies bactériennes sont responsables de la galle du collet (Crown gall) et du dépérissement (Pseudomonas persicae). Les maladies cryptogamiques les plus importantes sont : la cloque, l’oïdium, le chancre à Fusicoccum, le plomb parasitaire, la criblure à coryneum, la moniliose, le chancre à crystospora.

Parmi les ravageurs du pêcher : le puceron vert : c’est certainement l’une des espèces de pucerons les plus redoutables : le Myzus persicae, est funestement célèbre pour sa propension à infester les pêchers ou autres arbres fruitiers, mais aussi pour sa capacité à transmettre de nombreux virus. Il est connu pour être vecteur de la jaunisse de la betterave ou de la jaunisse nanisante de l’orge.

C’est d’abord par leur nombre que les pucerons verts sont dangereux. Lors du cycle de reproduction, les colonies ont besoin de se nourrir. Les pucerons piquent et sucent les végétaux, qui se recroquevillent et s’atrophient. Les dégâts se déclinent sur la quantité et la qualité des récoltes.

Certains végétaux meurent, d’autres sont beaucoup moins riches. Avec moins de sucre pour la betterave par exemple. Le deuxième effet majeur néfaste du puceron vient de sa tendance à transmettre les virus. Lorsqu’il pique une plante, il peut lui transmettre une maladie qui peut s’avérer rédhibitoire pour une parcelle et entraîner une perte totale de récolte.

D’autres ravageurs du pêcher sont : la tordeuse, le carpocapse, les acariens, la cératite, le capnode, la zeuzère et le cossus.

Récolte du pêcher 

L’époque de récolte chez le pêcher est une caractéristique variétale. La fermeté de la chair est un indice d’appréciation. La cueillette se fait en 4 à 6 passages espacés de 2 à 5 jours chez une même variété. Aussi, il importe d’évaluer dans un verger le pourcentage de fruit à cueillir à chaque passage pour une variété donnée.

Avec wikiagri et fellah-trade

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