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Conduite technique du pommier

Conduite technique du pommier au Maroc.

Le pommier occupe une grande surface en matière de rosacées fruitières au Maroc. La production annuelle est estimée à 560-600 000 tonnes, sur la base d’un rendement moyen d’environ 20 T/Ha. C’est un secteur qui connaît une évolution rapide, stimulé par un marché porteur, une gamme variétale qui tend à se diversifier et une profession dynamique.

Exigences écologiques du pommier :

Le pommier a besoin d’un hiver assez frais pour satisfaire ses besoins en froid hivernal lui permettant la levée de dormance. Les zones de montagne, qui présentent des températures douces en été, un automne frais avec des nuits de rosée, un hiver froid et des précipitations raisonnables fournissent les conditions climatiques favorables pour la production de pommes bien colorées et de haute qualité.

Cependant, les zones à hiver doux présentent un potentiel pour l’expansion de la production de pomme avec le développement de nouvelles variétés à  faibles besoins en froid.

Les sols bien drainés permettent un meilleur développement racinaire, et donnent lieu à des arbres plus tolérants au stress hydrique. De tels sols empêchent les putréfactions des  racines pendant des périodes excessivement humides. Le drainage peut souvent être amélioré en installant des pipes de drainage de tuile ou de plastique avant la plantation. La gamme de pH optimum est située entre 5,5 et 6,5.

Les dommages causés par la grêle, fréquente en zone de montagne, peuvent causer des pertes financières sérieuses, particulièrement quand ils ont lieu pendant des années consécutives.

Variétés de pommier :

La majorité des variétés du pommier en culture dérive de l’espèce Malus pumila et on comote actuellement plus de 7000 cultivars. Toutefois, les principales variétés utilisées au Maroc sont la Starking Delicious, Starkrimson, Gloden Delicious, Golden Smoothee, Dorcset Golden, Royal Gala, Ozargold, Anna, Fuji… 

Les porte-greffes utilisés sont MM106, MM109, M2 et MM111. D’autres porte-greffes sont de plus en plus utilisés, comme Pajam 1 et 2, et Lancep.

Préparation du sol :

Il est généralement recommandé d’installer des cultures de couverture à base de légumineuses pendant quelques années sur les parcelles destinées à une nouvelle plantation de pommier. Cette pratique permet d’améliorer le sol, physiquement et chimiquement.

La plantation du pommier doit normalement se dérouler en hiver lorsque l’arbre est en dormance. Les arbres sont généralement livrés sans aucune protection des racines, ce qui nécessite qu’elles soient couvertes pour les protéger contre la dessiccation. 

Dans le cas où le sol est sec, il est urgent de l’irriguer dès que possible pour permettre une reprise rapide de la croissance du pommier après la transplantation.

  • Date de plantation : la plantation peut se faire pendant toute la période de repos végétatif, à condition que
    le sol soit bien ressuyé.
  • Profondeur de plantation : les jeunes plants doivent être protégés et leurs racines trempées dans une boue liquide faite de terre argileuse à laquelle on mélange de la bouse de vache lorsqu’on en a. 
  • Densité de plantation : des densités d’arbres très élevées permettent d’améliorer la productivité du verger de pommier. Cependant, la densité idéale dépendra des facteurs suivants : fertilité du sol, disponibilité de l’eau d’irrigation, types de variétés utilisées et types de croissance de la variété, méthode de formation des arbres et mode de conduite des arbres, moyens financier et technique dont dispose le producteur.

Taille de pommier :

Les grands types de taille sont la taille de formation, d’entretien et de fructification :

La taille de formation permet de donner à l’arbre une structure bien définie, et d’obtenir un certain équilibre entre les différentes charpentières; elle permet également un bon éclairement ainsi que le garnissement des branches dénudées.

La taille de fructification a pour objet d’éclaircir les charpentières, d’éliminer les gourmands, d’assurer une pénétration suffisante de la lumière ainsi que l’établissement d’un équilibre annuel entre la végétation et la fructification.

La taille de renouvellement est fondée sur l’allongement naturel du rameau et l’ablation partielle (taille de rapprochement).

Fertilisation :

Les sols pauvres ne permettent pas l’obtention de rendements optimums sans fertilisation. Les sols fertiles produisent toujours mieux et au moindre coût. Des apports sous forme de fumier riche en nutriments, comme le fumier de volaille, nécessite un suivi de près, vu que des apports excessifs en fertilisants peuvent causer des dommages sur les racines de l’arbre, surtout après une forte pluie.

De même, il est déconseillé que les racines des plants de pommier entrent en contact direct avec le fumier ou les fertilisants azotés pour éviter des brûlures sur les racines.

Irrigation :

Les pommiers ont besoin d’une humidité uniformément répartie pendant la saison de croissance pour permettre une production régulière et importante. Possédant un système racinaire peu développé, le jeune plant de pommier est particulièrement vulnérable aux longues périodes de sécheresse, surtout en présence d’une forte infestation par les mauvaises herbes qui concurrencent le pommier pour l’eau.

L’irrigation et le désherbage sont très importants durant la première saison de plantation du pommier. L’utilisation du mulching des débris végétaux compostés, du paillis, des chutes de menuiserie ou des matériaux qui ont le même effet sur les rangs du verger aidera à contrôler les mauvaises herbes et conserver l’humidité du sol.

La conception du système d’irrigation dépend de la disponibilité en eau et du type de sol. Le système d’irrigation »goutte à goutte » ou « microjet » permettent une meilleure efficience d’utilisation de l’eau et une meilleure rentabilisation des investissements surtout en année sèche.

Il est également important de raisonner les irrigations en fonction des besoins du verger et pas en fonction du calendrier.

Les besoins en eau sont plus importants en période estivale c’est à dire environ 2 mois avant la récolte, c’est à cette période où le stress hydrique est à éviter pour ne pas contrarier la production. L’humidité du sol doit rester proche de la capacité au champ, la fréquence des irrigations est plus grande.

Management des mauvaises herbes :

Le contrôle des adventices autour des jeunes arbres est très important et peut être fait mécaniquement, par les techniques culturales et chimiquement.

L’utilisation d’une culture de couverture permet de contrôler les adventices, de conserver l’humidité, d’enrichir le sol en matière organique. Le trèfle souterrain est une bonne culture de couverture pour le pommier. On peut procéder à 4 coupes, avant que le trèfle meure et laisser un mulch.

Management des maladies :

Les applications des pesticides aux jeunes plantations doivent être minimisées pour des raisons économiques, cependant il est conseillé de recourir à une surveillance très rapprochée du verger.

Les maladies les plus problématiques chez le pommier sont : la tavelure, l’oïdium et les monilioses.

Récolte :

L’état de maturité auquel les pommes sont cueillies a une influence capitale sur leur qualité. Une cueillette prématurée présente beaucoup d’inconvénients :

  • Réduction du rendement, vu que le grossissement est important en fin de cycle ;
  • Les pertes de poids par transpiration lors de la conservation au frigo sont plus grandes, et les fruits ont tendance à se rider ;
  • La maturité inachevée à la récolte le restera même après une longue période de conservation au frigo ;
  • Augmentation de l’incidence des maladies de vitrescence ;

Il y a plusieurs méthodes qui permettent de déterminer la date optimale de récolte des pommes. Celles basées sur l’aspect du fruit, couleur des pépins, indice réfractométrique, celles basées sur certaines propriétés physiques, et celles qui reposent sur la durée relativement constante de la période de développement du fruit sur l’arbre.

Avec M. Bennasseur Alaoui, Référentiel pour la Conduite Technique du pommier

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