Accueil / Technique / Dossier / Conditionnement des fruits et légumes au Maroc
newsletter agrimaroc.ma
Conditionnement des fruits et légumes pour les exportateurs
Conditionnement des fruits et légumes pour les exportateurs

Conditionnement des fruits et légumes au Maroc

Le conditionnement des fruits et légumes pour les exportateurs marocains.

Rôle de la traçabilité et du Système d’Information

Une traçabilité continue et un système d’information adéquat permettent de bien contrôler la qualité des fruits et légumes pour répondre aux exigences du marché à l’export.

La filière du conditionnement dans le secteur des fruits et légumes a connu un développement  remarquable ces 20 dernières années. L’exportation de fruits et légumes a franchi une période active de son développement. En effet, l’environnement concurrentiel dans lequel les producteurs de fruits et légumes exercent leurs activités se renforce considérablement, obligeant ces derniers à fournir des efforts importants afin de maintenir leurs parts de marché et maintenir, sinon augmenter, la qualité dont jouit le produit marocain à l’international.

La traçabilité au service de la qualité

Aussi, les stations de conditionnement des fruits et légumes sont tenues d’assurer une traçabilité interne au cours des différentes phases du processus de fabrication, mais également une traçabilité interentreprises, avec leurs clients comme avec leurs fournisseurs. Pour ce faire, les lots doivent être parfaitement identifiés à l’entrée et à la sortie de l’entreprise par un numéro de lot. C’est ce numéro de lot qui devra fournir les éléments et informations nécessaires lors du passage des produits d’une entreprise à une autre.

Dans un contexte de crise autour de la sécurité alimentaire, mais aussi face à un consommateur qui a pris l’habitude de s’informer, la traçabilité permet de rassurer le consommateur, de valoriser les efforts de qualité de la filière et d’optimiser la gestion des entreprises.

Conditionnement des fruits et légumeLa traçabilité n’est pas uniquement le reflet des conditions de production. Elle doit être également envisagée comme un moyen de connaître l’environnement du produit entre l’expéditeur et le consommateur. « L’effort de traçabilité doit être assuré jusqu’au consommateur, ce qui implique de maintenir au maximum le produit dans son colis d’origine », souligne un responsable de qualité et de traçabilité dans la région de Souss Massa. « L’information recueillie ne doit pas être conçue seulement comme un moyen de justification, mais comme un outil de gestion économique et technique et comme un vecteur de qualité », ajoute le responsable.

La traçabilité doit s’associer à la gestion technique de l’exploitation. En assurant la continuité et les échanges d’informations entre l’exploitation et l’expédition, elle concourt à l’optimisation de la production. Les producteurs appartenant à des groupes technico-économiques, développant des démarches de qualité notamment avec des signes officiels de qualité, ou, répondant à des cahiers des charges, s’adaptent plus facilement aux exigences de la traçabilité.

Le développement de la filière a été accompagné des innovations en matière de traçabilité. Une multitudes de logiciels ont été mis en place pour permettre d’extraire des informations d’une base de données à condition que toutes les données soient correctement saisies à toutes les étapes du processus, depuis la réception de la matière première, en passant par le conditionnement, le stockage dans les frigos et le chargement de camions ou containers. Il est possible, à partir d’un code-barres colis, de remonter toutes les informations depuis la ferme afin de faire des retraits de lots en cas de problème de sécurité sanitaire.

La traçabilité s’impose à tous les niveaux de la filière. Les grands acteurs de la distribution exigent la traçabilité des producteurs de fruits et légumes. Pas seulement pour des questions d’hygiène et sécurité, mais pour davantage d’efficience dans le transport et la manutention.

Pour satisfaire leur clientèle, les transporteurs spécialisés sur le segment des fruits et légumes généralisent les processus de traçabilité, y compris pour les transports sous température dirigée, dédiés notamment aux aliments dits de « quatrième gamme » (salades en sachets ou légumes emballés, par exemple), qui nécessitent un conditionnement de température entre 0 et 5°C.

Le Système d’Information pour la gestion et prise de décision

Il est facile de reconnaître que les stations de conditionnement marocaines ne sont pas à la pointe en matière de recherche et développement. Par ailleurs, il est aussi facile d’accepter que le système de conditionnement des fruits et légumes doit être en phase avec les exigences internationales, mondialisation oblige. Le volet recherche et développement doit donc, être davantage présent au niveau de ces structures.

Au Maroc, l’ANPME a accompagné plusieurs secteurs dans ce volet, seul le secteur agricole n’a pas bien bénéficié de ces actions. Malgré que le métier de l’agriculture soit basé sur l’export, il n’y a pas de pôle de compétitivité pour améliorer la performance du traitement de l’information qui aidera à la gestion et la prise de décision. Seule la traçabilité du produit conditionné est à la portée, afin d’informer le consommateur final sur l’origine et la Limite Maximale de Résidus du produit.

L’objectif du Système d’Information est de permettre un accès facile à l’information qui doit être à la portée des opérateurs, afin d’arriver à diagnostiquer le problème depuis sa source. Des stations de conditionnement marocaines ont installé un système de géo-localisation et accessibilité de l’information. Ce système consiste à faire la géo-localisation des exploitations et établir des passerelles entre les différents logiciels de traçabilité avec une visualisation des données sur cartes numériques.

Le secteur du conditionnement a une vocation à l’export qui lui oblige de répondre aux exigences des clients et des marchés de distribution. Une situation qui a permis une grande évolution dans les techniques. Les professionnels ont ainsi évolué au fil des années, notamment en matière d’emballage. Les emballages en carton et les filets répondant aux référentiels européens sont aujourd’hui utilisés. Les opérateurs ont beaucoup investi à ce niveau, ce qui a permis au Maroc d’occuper une place importante aux marchés à l’export.

Un contrôle continu pour une meilleure qualité à l’export

Un contrôle régulier s’effectue au niveau des stations de conditionnement. L’objectif est d’améliorer la qualité du produit de manière à continuer à se positionner sur les marchés extérieurs. A ce niveau, des subventions ont été accordées par l’Etat pour accompagner la création de nouvelles stations, l’acquisition des équipements de conditionnement et des chambres frigorifiques. Les efforts par les différents opérateurs ont permis de se positionner sur les marchés les plus lointains tels la Russie et le Canada.

Grâce à sa qualité supérieure, le produit marocain séduit d’une manière constante, de nouveaux marchés. Derrière cette évolution, un ensemble d’investissements dans le conditionnement, qui est indéniablement un outil de valorisation de la production, a été réalisé par les stations de conditionnements des fruits et légumes au Maroc.

Néanmoins, les opérateurs de la filière sont confrontés à un manque de rentabilité des stations de conditionnements de certains produits comme les agrumes par exemple. En cause, des campagnes courtes de production dont le pic se situe entre octobre et février pour les agrumes, et pour les autres fruits et légumes, l’activité ne dure pas plus que huit mois. Le cas où le problème est plus accentué, c’est aux périodes de production de plusieurs types de fruits et légumes en même temps.

Durant ces périodes, les producteurs font face à une insuffisance des capacités de stockage et des unités frigorifiques. Outre la saisonnalité de l’activité, le manque de rentabilité des stations de conditionnement d’agrumes provient du fait que ces unités ne sont dédiées qu’au traitement des produits à l’export, une problématique qui pourrait être résolue par la commercialisation des produits destinés au marché local par les stations de conditionnement, qui fera l’objet d’un prochain dossier d’AgriMaroc.ma. Le problème de la saisonnalité de l’activité du conditionnement pourrait ainsi être supprimé et le gain serait remarquable.

Regardez aussi

Indicateurs économiques d'une exploitation agricole

78% des agriculteurs ne connaissent pas le coût de revient de leur production

78% des agriculteurs marocains interrogés ne connaissent pas exactement le coût de revient de leur …

Chargement...