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Chancre bactérien de la tomate
Le chancre bactérien de la tomate, une menace à considérer - photo:DR

Chancre bactérien de la tomate

Chancre bactérien de la tomate : Carte d’identité

Le chancre bactérien, causé par Clavibacter michiganensis subsp. michiganensis,  est la plus grave maladie bactérienne de la tomate. Le flétrissement brutal provoque l’arrêt de croissance des plants.

Les traitements à base de cuivre n’ont qu’une action préventive et montrent leurs limites dès que l’inoculum a dépassé un certain seuil. Seules les mesures préventives et la détection précoce des symptômes permettent de limiter les dégâts.

Le flétrissement est assez brutal et se manifeste avant le jaunissement de la plante

Qu’est ce qui rend cette maladie du chancre bactérien des plus graves ?

Le flétrissement est assez brutal et se manifeste avant le jaunissement de la plante. Il commence par les folioles situées d’un même côté d’une feuille, progresse ensuite de manière rapide et irréversible provoquant un arrêt de croissance de la plante. En conditions exceptionnellement chaudes et humides apparaissent de petits chancres ouverts sur les tiges, le long des pétioles et de la nervure centrale des feuilles.

Des exsudats peuvent s’en échapper et les bactéries vont contaminer les organes aériens: petites taches blanches évoluant en chancres bruns, taches blanches avec centre brun prenant l’aspect d’un «œil d’oiseau» sur les fruits. Ce dernier symptôme, caractéristique de la maladie, n’apparaît que quand celle-ci est bien installée. Cette bactériose est vasculaire. Les tissus aux nœuds des plantes infectées sont mous lorsqu’on les pique avec la pointe d’un couteau. En coupe, les tiges présentent un jaunissement des vaisseaux, évoluant vers le brunissement. Les bactéries obstruent progressivement les vaisseaux et circulent dans la plante jusqu’aux fruits. Les graines peuvent être infectées.

La bactérie se propage également par la solution nutritive ou l’arrosage par aspersion

Comment la bactérie se conserve ?

Les plantes infectées par la semence sont en général peu nombreuses. A partir de ces premières plantes contaminées, la dissémination de la maladie a lieu d’une plante à l’autre par les mains ou les outils lors des travaux: taille, effeuillage, récolte, palissage, etc. La bactérie se propage également par la solution nutritive ou l’arrosage par aspersion. Elle pénètre dans la plante par les blessures naturelles ou artificielles, aériennes ou racinaires.

La dispersion suit souvent une ligne de plantation. Les flétrissements apparaissent bien plus tard, souvent à la maturation des premiers fruits. Il est alors trop tard pour prendre des mesures prophylactiques: l’infection est déjà dispersée depuis longtemps.

Chancre bactérien de la tomateLa bactérie se conserve pendant plusieurs années dans le sol, les débris végétaux, la structure des abris et divers matériels (support de culture, goutteurs, tuteurs) ou sur les outils. Les semences sont aussi une forme de conservation: la bactérie y demeure viable pendant au moins huit mois.

Les conditions climatiques favorables à son développement sont une hygrométrie élevée (plus de 80% d’humidité) et des températures comprises entre 18 et 28 °C. De plus, les plantes très vigoureuses par excès d’azote seraient plus sensibles.

La serre, le système d’irrigation et le matériel utilisé doivent être désinfectée avant la plantation

De nombreuses mesures à prendre pour lutter contre le chancre bactérien

Avant plantation et pour éviter l’introduction et la propagation de la bactérie sur l’exploitation, il faut utiliser des semences saines désinfectées testées par immunofluorescence ou des plants sains. La serre, le système d’irrigation et le matériel utilisé doivent être désinfectée avant la plantation. Les désinfectants doivent être choisis en fonction des problèmes rencontrés sur la culture précédente.

En cours de culture, il faut respecter les mesures prophylactiques usuelles, maintenir les abords de culture propres et désherbés, mettre à l’entrée du hall principal et de chacune des cellules un pédiluve avec un produit désinfectant homologué pour cet usage et renouveler régulièrement la solution et nettoyer le pédiluve.

Comme la matière organique inactive ce type de produit, il est préférable de nettoyer les chaussures au jet à haute pression avant de passer dans le pédiluve. Il faut également s’assurer une bonne aération, apporter une fertilisation adaptée, éviter les excès d’azote, éviter les densités trop élevées. Les travaux doivent toujours s’effectuer dans le même sens sur la ligne.

faire analyser les plantes suspectes par un laboratoire spécialisé, arracher les plantes malades et leurs voisines dès le début des symptômes

Désinfecter régulièrement les mains au moins à l’entrée et à la sortie de chaque unité de culture est une pratique obligatoire qui doit s’installer dans l’esprit des ouvriers. Un lavage soigné à l’eau chaude et au savon est suffisant. Des produits désinfectants appropriés peuvent également être utilisés. Il est impératif de désinfecter le plus souvent possible le petit matériel et les outils de taille et éviter les échanges de matériel d’une exploitation à une autre. Si c’est le cas, le désinfecter avant le transport.

A la fin du cycle de la culture, il faut éliminer rapidement les déchets de culture (feuilles, fruits, etc.) de préférence par enfouissement. Si le chancre bactérien s’installe au cours du cycle de la culture, il faut tout d’abord, afin de s’assurer qu’il s’agit bien de la bactériose, faire analyser les plantes suspectes par un laboratoire spécialisé, arracher les plantes malades et leurs voisines dès le début des symptômes, laisser sécher les plantes une journée avant de les enlever: il y aura moins de sève, source de contamination. Les plantes doivent être mises sur place dans un sac de plastique, évacuées de la serre puis brûlées.

Conseils pratiques de luttre contre le chancre bactérien

Il convient de restreindre au maximum l’accès à la zone infectée et lui réserver spécifiquement du matériel. Procéder par la suite un nettoyage et une désinfection complète et rigoureuse de la serre en fin de culture, si possible avec un vide sanitaire.

Afin de s’assurer qu’il s’agit du chancre bactérien, une analyse s’avère nécessaire pour éviter toute confusion avec une autre maladie ayant des symptômes semblables à ceux causés par cette bactériose. Les mesures préventives sont le moyen de lutte le plus efficace, mais en cas de présence de la bactériose au cours de la culture, il faut procéder immédiatement à l’arrachage des plantes atteintes afin d’éviter la contamination du reste de la parcelle et prendre les mesures nécessaires pour combattre la maladie.

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