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Brahim Elhjouji: « la COPAG a apporté un accompagnement unique au Maroc »

Portrait AgriMaroc.ma: 

Brahim Elhjouji, est le gérant d’une entreprise agricole familiale basée à Biougra dans la région Souss-Massa. L’entreprise familiale a adhéré à la COPAG en 2004 et figure parmi les membres du conseil d’administration de la coopérative agricole. L’exploitation laitière est aujourd’hui considérée comme une référence régionale et nationale puisque Haj M’hamed Elhjouji, père de Brahim et fondateur du projet, a de nombreuses fois été récompensé au Salon International de l’Agriculture de Meknès et, plus récemment, a été décoré par Sa Majesté le Roi Mohamed VI lors de la fête du trône.

L’Invité: Brahim Elhjouji.

AgriMaroc.ma: Pour ceux qui ne vous connaissent pas ou peu, pouvez-vous nous présenter vos activités?
Brahim Elhjouji:
 Nous sommes une entreprise agricole familiale, créée à la fin des années 1980. Mon père est le fondateur de ce projet agricole. Pour la petite histoire, mon père est issu de la mécanique, il a progressivement orienté sa carrière vers l’agriculture. Nous sommes aujourd’hui 2 générations sur l’exploitation.

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Sur notre ferme, par le passé, nous avons produit des pastèques, des raisins ou encore de la tomate, avant de nous orienter vers la banane et les agrumes pour finalement ne produire que des agrumes. En complément de ce développement végétal, nous avons investi dans la « production animal » avec un élevage laitier constitué au départ de 5 vaches laitières, c’était dans les années 2000.

« …un élevage laitier constitué
au départ de 5 vaches laitières…« 

Très vite nous avons vu l’intérêt de cette activité et nous avons décidé de persister. Ainsi, notre stratégie de croissance et de réinvestissement nous a permis de doubler nos effectifs tous les 4 ans pour arriver aujourd’hui à 250 têtes. L’élevage est devenu notre principale activité à ce jour.

AM: Parlez-nous du marché laitier au Maroc, quel est votre sentiment en tant que producteur ?
Brahim Elhjouji: Le marché laitier au Maroc est un marché historiquement importateur et par conséquent consommateur de devise. Globalement, c’est un marché dynamique avec un potentiel de croissance important. Cette croissance s’explique par 3 points facilement identifiables. Premièrement, nous ne sommes pas auto-suffisants. Deuxièmement, le marocain consomme de plus en plus de lait ou de produits transformés laitiers. Troisièmement,  la croissance du pays fait que nous devons produire davantage pour une population de plus en plus nombreuse avec un fort taux de natalité.

Donc l’équation est simple, il faut produire plus pour plus de consommateurs, qui consomment de plus en plus. D’ailleurs les politiques en ont conscience et des mesures comme le Plan Maroc Vert ont été introduites pour répondre à ces problématiques.

« …le Plan Maroc Vert a été très bénéfique
pour la croissance de la production laitière… »

AM: Quel impact a eu le Plan Maroc Vert sur la région ou sur votre entreprise ?
Brahim Elhjouji: 
Le Plan Maroc Vert a été très bénéfique pour la croissance de la production laitière au Maroc en général et en particulier dans la région Souss avec la COPAG. Il ne faut pas oublier que la COPAG a inspiré ce plan de développement agricole national. La région a suscité beaucoup d’intérêt auprès des investisseurs et des agriculteurs historiques qui ont pu se relancer, ou développer cette offre en marge de ce qu’ils produisaient à côté.

D’ailleurs, il y a quelques années, dans la région Souss, la rentabilité des élevages était très faible. La marge bénéficiaire dépendait uniquement des subventions étatiques et malgré ces subventions beaucoup d’éleveurs ont été amenés à disparaître et à vendre leurs vaches à cette époque-là. Alors imaginez une agriculture sans Plan Maroc Vert, le secteur de l’élevage laitier aurait probablement été décimé.

En 2007-2008 et même jusqu’à 2011-2012 l’aliment était cher et le prix du lait était faible. L’élevage laitier n’était plus rentable.  Avec l’appui de l’état, aujourd’hui, on peut dire que l’élevage laitier au Maroc se porte bien. Pour ma part, je pense que la croissance du secteur est positive.  En ce qui nous concerne par exemple, sans le Plan Maroc vert, je pense que nous n’aurions jamais pu arriver à cette croissance.

AM: La COPAG semble avoir joué un rôle important pour vous, qu’en est-il exactement ?
Brahim Elhjouji: 
La COPAG a vraiment appuyé les agriculteurs adhérents avec un encadrement unique au Maroc. Il y a eu l’apport de beaucoup de compétences et d’énergie pour soutenir les agriculteurs. Nous avons ainsi pu bénéficier des nouvelles connaissances et suivre les nouvelles évolutions techniques qui existent à l’étranger, tout en étant aidés pour accroître nos cheptels, conseillés pour améliorer la génétique de nos vaches et pour introduire les nouvelles variétés d’agrumes plus productives et plus appréciées par les clients. Des progrès importants sur la certification, l’économie d’énergie et la fertigation ont été réalisés. Aujourd’hui nous avons la possibilité, grâce à la COPAG, d’investir dans les nouvelles technologies et de réfléchir à des solutions alternatives.

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Par exemple, dernièrement nous avons eu l’opportunité d’essayer de nouvelles technologies « Nano » pour l’irrigation. Si les essais en cours se passent bien, et que nous arrivons aux résultats prétendus par la société qui commercialise cette technologie, il ne s’agira plus pour l’agriculteur de gagner 10 à 20% mais 70 à 80% d’économie d’eau, de fertilisants et d’énergie ! Imaginez l’eau utilisée pour 1 hectare pourra l’être pour 4 hectares. Nous sommes en train de tester les installations et tuyaux et d’ici 1 à 2 mois nous aurons les idées plus claires. Mais ce genre de découvertes, ont été rendues possibles et accessibles par la COPAG qui nous a portés par sa dimension internationale.

AM: Et sur la partie végétale êtes-vous optimiste ?
Brahim Elhjouji: 
L’offre marocaine est conséquente. Dernièrement j’ai lu dans votre magazine que l’Espagne allait produire 20% d’agrumes en moins, mais chaque année l’Espagne prétend connaitre des difficultés et produire moins. Elle prétend souffrir fortement de la concurrence marocaine, mais la réalité c’est qu’ils sont toujours présents.

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Ils jouent leur rôle auprès de l’Union Européenne pour protéger leurs marchés et raffermir les barrières douanières et non douanières qui les protègent et nous freinent. Mais d’autres marchés hors Union Européenne existent. Il y a de la place pour tous, il faut juste que nous continuons à développer nos produits avec de la qualité et de la quantité.

AM: Et à court et moyen termes, quelles sont vos ambitions ?
Brahim Elhjouji: 
Notre objectif est d’une part  de développer l’élevage laitier et d’autre part d’investir dans les énergies renouvelables.  Aujourd’hui nous avons passé un cap. Après avoir beaucoup travaillé sur la génétique, le rationnement, nous avons investi dans un logiciel de gestion, dans une nouvelle salle de traite… Nous avons reçu un expert hollandais pour un accompagnement en management. Tout cela nous a permis d’avoir une meilleure vision et de mieux définir nos objectifs.

« …atteindre un effectif de 1000 vaches
laitières pour 2025, c’est notre objectif… »

Nous souhaitons atteindre un effectif de 1000 vaches laitières pour 2025, c’est notre objectif majeur. Donc notre ambition c’est l’extension, continuer de grandir comme je vous en parlais, avec une croissance rectiligne tous les 4 ans. Réduire nos coûts, qui passent par l’économie d’énergie comme l’installation de panneaux photovoltaïques et d’une station de méthanisation du fumier.salle_de_traite_hajouji

Avec 1000 vaches laitières nous seront confrontés à de nouveaux challenges notamment en ce qui concerne la nutrition. Nous sommes en pleine réflexion aussi pour l’investissement dans les fourrages hydroponiques.

Ce qui est sûr c’est qu’avec l’évolution, les technologies sont de plus en plus accessibles. Et j’imagine qu’à ce moment-là il existera de nouvelles technologies dont nous n’avons pas encore connaissance et qui nous aideront dans notre travail. Alors il sera plus simple de penser à un nouvel objectif à atteindre.


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