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Betterave à sucre: Calculer la rentabilité de l’exploitation

Betterave à sucre: Calculer la rentabilité de l’exploitation

Analyse économique de la culture de la betterave à sucre.

Pour vous aider à anticiper la rentabilité de votre exploitation de betterave à sucre, voici une analyse économique de chaque élément de la culture de betterave sucrière ayant un impact économique.

Beaucoup d’agriculteurs ont envie de se lancer dans de nouvelles cultures, que ce soit par soucis de diversification ou pour organiser une rotation des cultures. Toutefois il n’est jamais évident de savoir à l’avance quelle sera la rentabilité de la nouvelle culture. Ici, nous nous sommes penchés sur la question de la rentabilité des betteraves sucrière en considérant les différents frais et revenus. L’analyse de la rentabilité d’une exploitation prend en compte les revenus ainsi que les coûts de production.

Coût de production

Les coûts sont divisés en divers composants : les intrants (semences, engrais et pesticides), l’eau d’irrigation, la main d’œuvre, la mécanisation, la location des terres. La charge locative est un frais fixe, nous parlerons ici des frais variables.

D’une manière générale, les intrants et l’eau d’irrigation représentent 57% des dépenses variables d’une exploitation. La main d’œuvre s’accapare 32% et la mécanisation 10% du coût global.

Lors de la dernière campagne (2016-2017), le coût de production global pour une exploitation ayant un rendement de 89 T/ha (la moyenne nationale) s’élèvait à environ 20 100 Dh/ha.

Les Intrants

Les frais des intrants c’est-à-dire les semences, les engrais de fond et de couverture, l’eau d’irrigation, les pesticides, et produits phytosanitaires en général, constituent la dépense majeure. Au total, le prix des intrants s’élève à 11 500 Dh/ha.

Les engrais de fond et de couverture nécessitent un investissement d’environ 4 300 Dh/ha dans la culture de la betterave à sucre. Ces intrants là représentent la dépense la plus conséquente : environ 21,4% des charges.

Ensuite, le deuxième coût majeur est, sans grande surprise, l’eau d’irrigation. Pour une consommation moyenne d’eau de 6 500 m3/ha en mode d’irrigation localisé (calcul réalisé à partir des données moyennes de la campagne 2016-2017), le tarif est d’environ 3 800 Dh/ha. Celui-ci varie en fonction de la tarification régionale du m3 d’eau.

Les semences coûtent en moyenne 1 900 Dh/ha et enfin les produits phytosanitaires 1 500 Dh/ha.

La main d’œuvre

Le coût de la main d’œuvre comprend les travailleurs permanents ainsi que les ouvriers saisonniers qui travaillent sur l’exploitation pour exécuter toutes les tâches culturales, de la préparation du sol à la récolte. Les frais liés à la main d’œuvre étaient de 6 500 Dh/ha soit 32% du coût total lors de la campagne 2016-2017. La mécanisation du secteur agricole a tendance à réduire l’ampleur des coûts liés à la main d’œuvre.

La mécanisation

Les machines et différents outils mécaniques sont de plus en plus utilisés, de la préparation du sol à la récolte en passant pas le semi et l’entretien des terres. Cette composante coûte en moyenne 2 100 Dh/ha soit 10% des charges.

Rentabilité

Un bénéfice de 38 723 Dh/ha a été réalisé grâce à la production principale ce qui représente un prix de 435 Dh/T racine (poids net) en moyenne. De plus, la production secondaire (feuilles-collets et pulpe sèche) a généré un revenu de 8 000 Dh/ha. Par conséquent, lors de la dernière campagne, la production s’est vendue à un prix moyen de 46 723 Dh/ha.

Avec des dépenses variables de 20 100 Dh/ha, la marge brute est d’environ 26 623 Dh/ha. A ce chiffre il faut encore soustraire les charges locatives et/ou le coût d’amortissement des investissements de départ. Lors de la dernière campagne, la valorisation de l’eau d’irrigation s’est ainsi élevée à 4,31 Dh/m3.

La betterave sucrière est considérée comme l’une des grandes cultures les plus rentables au Maroc en raison de ses performances technico-économiques. De plus, grâce à la mécanisation et aux différents programmes mis en place, la filière améliore son efficacité et son rendement d’année en année.

CHARGES Dh/ha
Intrants

Semence

Engrais de fond

Engrais de couverture

Eau d’irrigation (6 500 m3/ha)

Phytosanitaire

11 500

1 900

2 300

2 000

3 800

1 500

Main d’œuvre

Engrais de fond

Engrais de couverture

Irrigation

Entretien du sol (sarclage et binage)

Protection Phyto

Récolte (arrachage)

6 500

320

320

950

2 060

950

1 900

Mécanisation

Préparation du sol

Semis

Entretien du sol (sarclage et binage)

Récolte (arrachage)

2 100

750

340

450

560

Total Charges Variables 20 100
Production primaire 38 723
Production secondaire 8 000
TOTAL REVENUS 46 723
MARGE BRUTE 26 623
Avec le ministère de l’Agriculture et l’ORMVAD.

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  • Abid Abdesselam

    Une petite erreur ici « Un bénéfice de 38 723 Dh/ha a été réalisé grâce à la production principale ce qui représente un prix de 435 Dh/ha en moyenne » ce n’est pas 435 Dh/ha mais c’est 435 dh la tonne racine.