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L’arganier : Une filière peu commune dans la région de l’oriental, avec un fort potentiel de développement !

« La filière reste largement sous-exploitée au niveau local mais la marge de progression est grande ».

A l’ombre du massif des Beni Snassen, dans la province de Berkane, l’on retrouve, aux côtés des variétés végétales forestières habituelles dans ces contrées, une espèce peu commune dans l’Oriental même si elle est fortement présente dans d’autres régions du Maroc : l’arganier.

Bien que contenu dans une aire géographique infiniment plus réduite que celle où prospère cet arbre mythique dans le Sud du Maroc et ne comptabilisant qu’un faible effectif d’environ 1.300 arbres productifs, l’arganier de l’Oriental contribue à la diversité et la richesse du patrimoine naturel et écologique de la région.

C’est aussi un atout économique potentiel, aujourd’hui faiblement mis en valeur, pour les populations locales, dont une partie, notamment des femmes, exploite déjà cet îlot situé près du douar Mahjouba, dans la commune de Chouihia, pour produire de l’huile d’argan.

De l’avis des experts, le potentiel de cette filière va bien au-delà de l’état actuel de cette essence endémique, et il est possible de faire de l’arganier un véritable levier pour le développement local au niveau de cette commune et de la province de Berkane, à condition, tout d’abord, de préserver cette espèce, qui subsiste dans des conditions difficiles marquées par la fragilité du milieu écologique et les sécheresses répétées.

Il s’agit ensuite de procéder à une montée en gamme de cette filière notamment par la densification de l’effectif de l’arganier, encore trop faible et trop éparpillé dans cette zone de la région de l’Oriental, mais aussi par l’élargissement de l’aire de plantation de l’arganier, qui ne dépasse pas actuellement une superficie exploitée de 150 ha. Dans cette optique, il faudra mobiliser éventuellement le domaine forestier local, en plus d’encourager sa plantation dans les terrains privés.

C’est ce qui ressort d’une réunion tenue récemment à ce sujet au siège de la préfecture de la province de Berkane, sous la présidence du gouverneur de la province, Mohamed Ali Habouha et en présence de la directrice du développement des zones de l’arganier à l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), Latifa Yaakoubi, ainsi que de chefs de services extérieurs et d’acteurs institutionnels et associatifs.

Dans une déclaration à la MAP à cette occasion, Mme Yaakoubi a mis l’accent sur le grand potentiel de la filière au niveau de la province de Berkane, indiquant que cette réunion a pour but de «lancer les premières réflexions sur les moyens de faire de l’arganier un moteur du développement dans la zone, qui se prête tout à fait» à la culture de cet arbre fruitier.

Il s’agit d’arrimer la province de Berkane au processus de développement de l’arganier lancé dans les autres provinces concernées par cette filière, et qui bénéficient d’un programme très ambitieux, fruit d’un contrat-programme entre l’Etat et l’interprofession, pour créer plus de valeur ajoutée, d’emplois et de richesse et faire de cette espèce autochtone une locomotive de développement, a-t-elle affirmé.

Une ambition partagée par Ahmed Atbir, président de la Fédération interprofessionnelle de la filière de l’argan, qui a confié avoir été surpris d’apprendre l’existence de cet îlot d’arganiers dans la province de Berkane, exprimant l’engagement de la fédération à apporter son soutien pour le développement de la filière dans cette zone de l’Oriental, que ce soit en matière de plantation et de commercialisation des produits ou de renforcement des compétences et des prestations sociales, notamment la couverture médicale, en faveur des femmes du douar Mehjouba travaillant dans ce secteur.

En effet, à l’image des autres zones de l’arganier au Maroc, les femmes sont les principales concernées et forment l’essentiel de la main d’œuvre dans la collecte et la transformation des fruits de l’argan de Berkane, réputés pour leurs bienfaits nutritifs et cosmétiques. Elles se sont regroupées, depuis 2003, au sein de la coopérative Ennajah, qui compte 23 femmes rurales et œuvre à la production, valorisation et commercialisation d’huile d’argan à usage cosmétique et culinaire.

Le gouverneur de la province de Berkane n’a pas manqué, quant à lui, de souligner les grands bénéfices attendus du développement de ce secteur, que ce soit en matière de renforcement du couvert végétal ou de développement des capacités agricoles locales.

La filière reste largement sous-exploitée au niveau local mais la marge de progression est grande, a relevé M. Habouha, appelant à ne pas se limiter au territoire de la commune de Chouihia mais plutôt à s’ouvrir sur d’autres sites en vue d’élargir la surface consacrée à l’arganier.

Il est nécessaire d’identifier les terres exploitables et mettre en place un programme de développement doté d’objectifs ambitieux mais réalisables, mené avec le concours de l’ensemble des intervenants dans le secteur, a-t-il plaidé.

D’après des chiffres présentés lors de cette rencontre, «l’îlot Bni Snassen», dénomination de cette essence endémique, offre actuellement un rendement moyen de 3 quintaux par arbre, avec une production variable de 25 kg à 5 qx par arbre selon les années.

La filière enregistre la production annuelle de 450 à 1.500 kg d’amandons et un volume moyen de 200 à 500 litres d’huile d’argan par an, avec un prix de vente de quelque 400 DH le litre, bien plus élevé que pour les autres zones de l’arganier, et une qualité conforme très appréciée.

Un volume de production qui reste faible et sujet à des contraintes comme la sécheresse structurelle et le mauvais entretien des arbres, ont souligné les participants à cette rencontre, qui ont insisté sur l’importance de promouvoir la filière de l’arganier dans la région de l’Oriental, en procédant à la sauvegarde et la densification de l’arbre et en encourageant une meilleure implication de la population locale pour la préservation de l’espèce et l’exploitation de la production.

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